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Tsion Eisenfeld 4 octobre, à 12:13 RépondreSignaler
TANYA :

Igueret Hakodech: chapitre 25
L’Admour Hazaken explique l’enseignement de nos Sages, selon lequel « celui qui se met en colère est comparable à celui qui sert une idôle ». En effet, tout ce qui se produit ne peut avoir pour origine que D.ieu Lui-même. Ainsi se mettre en colère, revient à contester l’origine divine de chaque chose.
La Hassidout explique que toute créature ne peut exister que parce que la parole créatrice de D.ieu se maintient à chaque instant en cette créature. Si, à D.ieu ne plaise, cette parole n’habitait pas une créature donnée à un instant donnée, alors celle-ci retournerait au néant.
Selon le niveau spirituelle des créatures, l’origine de la Parole de D.ieu qui a permis de créer ces créatures n’est pas la même. Ainsi, l’âme de Adam, des Patriarches et des prophètes qui furent complètement soumis à D.ieu proviennent du niveau le plus élevé de la parole de D.ieu.
La vitalité qui anime les idolâtres provient, quant à elle, d’un niveau inférieur de la « parole de D.ieu » qui entoure les « anges » des 70 nations. Ces dernières reçoivent alors leur vitalité à travers leur « prince » céleste.
La Parole de D.ieu subit l’effet de voiles qui atténuent plus ou moins le dévoilement et l’influence de celle-ci. Ainsi, la lumière qui brille dans le monde d’Atsilout est plus élevée que celle du monde de Bria qui est elle-même supérieure à celle de Yetsira… Mais, la lumière qui se trouve en chaque monde est fondamentalement la même, ce n’est que par l’effet de « voiles » et d’occultations que celle-ci brille plus ou moins.
Les 10 forces de l’âme de l’homme sont à l’image des 10 Sefirot (attributs) de D.ieu. La force de la « parole » de l’homme correspond à l’attribut de la « Parole » divine encore appelé « Che’hina » (présence divine). C’est pourquoi, lorsqu’une personne prononce des paroles de Torah, il éveille et unifie la Che’hina. De là, découle l’importance de prononcer les prières et les paroles de Torah que l’on étudie et pas simplement de les prononcer dans la pensée.
En correspondance avec les 10 Sefirot, il existe 10 forces de l’impureté desquelles les idôlatres tirent leur existence.
Pour en revenir à notre premier sujet (à propos de celui qui se met en colère qui est comparé à un idolâtre): si quelqu’un est en train de prier et qu’un non-juif vienne à côté de lui, parle et le perturbe, il faut bien comprendre que tout ceci n’est possible que parce que la Parole de D.ieu permet à ce non-juif de parler. Ainsi, il faut considérer cet acte en redoublant de ferveur dans sa prière sans se laisser perturber.

HOUMACH :

Noa’h entre dans l’arche avec tout sa famille et deux membres (mâle et femelle) de chaque espèce animale.

TEHILIM :

Lire les Tehilim 20, 109 (קט) et 119 (versets 97 à 176)(קיט)

SEFER HAMITSVOT (Rambam) :

Mitsva négative N° 124 :
Il nous est interdit de faire cuire avec du levain les restes des oblations.
Mitsva positive N° 88 :
Il s’agit du commandement incombant aux prêtres de consommer les restes des oblations.
Mitsva positive N° 83 :
Il s’agit du commandement qui nous a été enjoint d’accomplir la totalité des devoirs qui nous incombent lors de la première des trois fêtes de pélerinage [qui suit] de sorte qu’elle ne passe pas sans que chacun de nous ait présenté toutes les offrandes qu’il doit apporter.
Mitsva négative N° 155 :
C’est l’interdiction qui nous a été faite de tarder dans l’accomplissement d’un vœu, de dons volontaires et des autres offrandes que nous nous sommes engagés à faire.

HAYOM YOM :

Le commentaire du verset est mentionné par l’Admour Hazaken (Chaar Hayi’houd Vehaémouna, chapitre 1, Igueret Hakodech 25) au nom du Baal Chem Tov, bien qu’il figure dans le Midrach Tehilim, comme le dit également le Likouteï Torah dans le discours commençant par « Ki Bayom Hazé Yi’haper ».
La raison en est la suivante: c’est le second jour de la création que fut prononcée la parole « que soit l’espace » qui se trouve dans le ciel. Associer cette citation au Baal Chem Tov est donc un souvenir éternel du fait que c’est le lundi (deuxième jour de la semaine) 18 Elloul que le Baal Chem Tov naquit.

LA HALAHA DU JOUR :

Qui doit s’occuper de l’éducation juive?
Cette obligation incombe à chacun : hommes, femmes et même enfants doivent se sentir responsables de répandre l’éducation juive afin de transformer l’obscurité en lumière. Si chacun doit éduquer, c’est que chacun en est capable et possède des clés pour une éducation cachère complète. Chacun est doué au moins dans un domaine de l’éducation puisqu’il est écrit : «J’ai appris de tous ceux qui m’ont enseigné» (Psaumes). Même les enfants peuvent encourager leurs camarades à s’impliquer davantage dans leur judaïsme. Par ailleurs, quand un enfant juif prononce une bénédiction avant de manger, il déclare que tout existe par la parole de D.ieu et il prépare ainsi le monde entier à accepter joyeusement l’autorité et la Providence divine. L’éducation juive se manifeste dans tous les détails de la vie : il importe donc d’être attentif à tous les détails afin que les enfants puissent connaître le judaïsme dans son intégralité, sans compromis : car un petit compromis dans son jeune âge devient un grand manque à l’âge adulte. Dès sa naissance, l’enfant sera entouré de livres de Torah, de portraits de Juifs pieux, de jouets représentant des animaux cachères, des lettres de l’alphabet hébraïque, de musique juive. Ses vêtements seront choisis en accord avec les lois de la décence et du bon goût. L’enfant juif possédera son propre livre de prières, sa Hagada (pour Pessa’h), son Ma’hzor (pour les fêtes), son ‘Houmach (Bible), son Tehilim (Psaumes), son livre de Tanya et sa propre boîte de Tsedaka. Un petit garçon possédera sa Kippa et une petite fille son chandelier de Chabbat. F. L. (d’après les enseignements du Rabbi)

MACHIA’H & DELIVRANCE :

Pendant le temps de l’exil, l’offrande de sacrifices est impossible du fait de l’absence de Beth Hamikdach. Certes, les Sages ont instauré les prières en remplacement de ces cérémonies. Cependant, un tel remplacement est, semble-t-il, imparfait comme l’exprime la liturgie : « Et là, (dans le Beth Hamikdach, après la venue de Machia’h) nous ferons devant Toi…. Selon l’ordre de Ta volonté ». C’est précisément cette idée qui pose question. L’œuvre spirituelle accomplie par la prière est supérieure à celle des sacrifices, la première s’attachant à l’âme de l’homme tandis que la seconde porte sur son aspect animal. Pourquoi, dès lors, souligner l’importance primordiale des sacrifices ? En fait, l’impossibilité d’offrir un sacrifice en temps d’exil a également un sens spirituel : comme l’homme est attaché « en bas », il n’a pas la force d’élever « l’animal » et doit se contenter d’agir sur l’âme par la prière. En revanche, lorsque le Machia’h viendra, l’homme parviendra à la plénitude et son œuvre pourra englober tous les aspects.

LA QUESTION AU RAV :

Question:
J’essaie d’optimiser mon temps de repos et de profiter ainsi de ces moments pour lire des Tehilim en étant allongé. Puis-je agir de la sorte?
Réponse:

A priori on dira les Tehilim en étant assis ou debout, mais il n’y a pas d’interdiction à les dire allongé. Il va de soi qu’il faudra prendre garde à ce que le corps soit recouvert comme il se doit et que l’on veillera à ne pas toucher à des parties couvertes de son corps.
Source:שולחן ערוך אורח חיים סימנים עג-עד
Réponse donnée par le Rav Barou’h Belizinski (chabad.org.il) – Traduction assurée par la rédaction du Toramel

Bibliographie des Rubriques :
‘Houmach – Rambam – Hayom Yom – Le récit de Chabbat: www.loubavitch.fr
Délivrance & Machia’h: www.loubavitch.fr, www.daf-hagueoula.org, le Messianisme et la Rédemption (Editions du Beth Loubavitch)
La Question à un Rav: www.chabad.org.il
Tanya – Tehilim – Un jour une Hala’ha: Rédaction du Toramel Chnéor

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Sommaire de 10. מקץ mikets

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Le prix de la réussite

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Parashat Miketz – Le temps biblique est un phénomène temporel très particulier. Parfois il se traîne doucement Suite…
<!–18 décembre 2006, par Yeshaya Dalsace –>

Texte de la Parasha en français

Après un intervalle de deux années, Pharaon eut un songe, où il se voyait debout au bord du fleuve. Suite…

[Masquer] [Afficher] Yitzhak Shamir Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Aller à : Navigation, Rechercher Shamir (à gauche), avec Caspar Weinberger, ministre de la défense américain, en 1982.Yitzhak Shamir (en hébreu : יצחק שמיר), né le 15 octobre 1915, est un homme politique israélien. Il fut Premier ministre d’Israël de 1983 à 1984 et de 1986 à 1992. Né à Ruzinoy, en Pologne, il grandit à Białystok. Il émigra en Palestine en 1935. Son patronyme était alors Jazernicki, mais il le changea plus tard en Shamir. Il rejoint l’Irgun Zvai Leumi, une organisation armée sioniste de droite de l’époque, qui commettra de nombreux attentats contre les civils arabes palestiniens entre 1936 et 1939, période de la Grande révolte arabe en Palestine. Les attentats feront environ 250 morts[1]. Lorsque le groupe se divisa en 1940, Shamir suivit la faction la plus militante, dirigée par Avraham Stern, plus tard connue sous le nom du groupe Stern, ou Lehi, faction qui souhaitait réorienter la lutte armée contre les Britanniques, et ce suite à la publication par ceux-ci en 1939 d’un Livre blanc sur la Palestine qui indiquait « le gouvernement de Sa Majesté déclare aujourd’hui sans équivoque qu’il n’est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif[2] ». En 1941, Shamir fut emprisonné par les autorités britanniques. Après la mort de Stern, abattu par les Britanniques en février 1942, le Lehi cesse ses opérations. Shamir s’enfuit en septembre 1942 de son camp de détention et devient le chef du Lehi, qu’il réorganise. Fin 1943, après l’évasion de membres du Lehi, la direction est réorganisée, et il devient l’un des trois membres du « centre », la direction collective de l’organisation. Il est plus spécifiquement en charge des opérations armées. L’organisation reprend ses attentats contre les Britanniques à compter du début 1944, en liaison avec l’Irgoun. Sous sa direction opérationnelle, le Lehi fut responsable de nombreuses actions, dont l’assassinat en 1944 du ministre d’État britannique pour le Moyen Orient, Lord Moyne et l’assassinat en 1948 du représentant des Nations unies pour le Moyen-Orient, le comte Folke Bernadotte. Arrêté le 2 août 1946 dans les rafles qui suivent l’attentat contre l’hôtel King David, commis par l’Irgoun, Shamir est déporté en Érythrée, s’évade de nouveau en janvier 1947, et se réfugie en France, d’où il ne reviendra qu’à l’indépendance d’Israël, en mai 1948. D’août 46 à mai 48, le Lehi a fonctionné sans lui, mais il reprend à cette date son rôle de chef des opérations pour les dernières opérations du Stern (contre les villages arabes), qui se déroulent avant l’intégration au sein de Tsahal le 29 mai 1948. Après cette date, le Stern ne conserve qu’une structure opérationnelle à Jérusalem, où sera commis l’attentat contre le médiateur des Nations-Unies, Folke Bernadotte, sur l’ordre du « centre », dont Shamir. Après l’indépendance d’Israël, Shamir rejoint les services secrets (Mossad), de 1955 à 1965, avant d’être élu à la Knesset en 1973 sur la liste du Likoud. Il est président de cette assemblée en 1977, puis ministre des Affaires étrangères en 1980. En 1983, il succède à Menahem Begin au poste de Premier ministre. Malgré sa réputation de faucon du Likoud, Shamir dirige en 1977 la délégation israélienne qui rencontre le président égyptien Anouar el-Sadate et les discussions de paix. Il dirige les négociations israélo-égyptiennes de 1981 et de 1982 afin de normaliser les relations entre les deux pays, ainsi que les négociations avec le Liban qui aboutissent à l’accord de 1983, qui ne fut finalement pas ratifié par le gouvernement libanais. En tant que Premier ministre, son incapacité à maîtriser l’inflation aboutirent, sous sa proposition, à la formation d’un gouvernement de coalition à la suite des élections de 1984, dirigé par Shimon Peres, membre jusqu’alors de l’opposition. Peres fut Premier ministre jusqu’en septembre 1986, où Shamir lui succéda. Afin de pouvoir reprendre le poste de Premier ministre, Shamir modéra son image de dur du parti. Réélus en 1988, Shamir et Peres formèrent une nouvelle coalition gouvernementale jusqu’en 1990 où le parti de Peres quitta le gouvernement laissant Shamir avec une faible majorité. En 1991, le gouvernement Shamir prit part aux négociations de Madrid et ordonna le sauvetage de milliers de juifs éthiopiens, l’Opération Salomon. Le gouvernement Shamir ne réagit pas aux missiles Scud envoyés sur Israël par l’Irak lors de la première Guerre du Golfe, et ce à la demande des Américains. Shamir quitta la charge de Premier ministre en 1992, puis la direction du Likoud en mars 1993, non sans avoir fermement critiqué la politique envers les Palestiniens de son successeur, Benyamin Netanyahou, qu’il jugeait trop molle. Fonctions [modifier] Du 10 mars 1980 au 10 octobre 1983 : Ministre des Affaires étrangères. Du 10 octobre 1983 au 13 septembre 1984 : Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères. Du 13 septembre 1984 au 20 octobre 1986 : 1er Vice-premier ministre et Ministre des Affaires étrangères. Du 20 octobre 1986 au 13 juillet 1992 : Premier ministre. Du 22 décembre 1988 au 13 juillet 1992 : Ministre du Travail. Du 11 juin 1990 au 13 juillet 1992 : Ministre de l’Environnement. Du 27 novembre 1990 au 13 juillet 1992 : Ministre des Affaires de Jérusalem. Notes et références [modifier] ↑ Arie Perliger et Leonard Weinberg, Totalitarian Movements & Political Religions, Vol. 4, No. 3 (2003) 91-118. Voir aussi Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991. ↑ Troisième livre blanc sur la Palestine, mars 1939. Chronologie des 13 Premiers ministres de l’État d’Israël 1948 1954 1955 1963 1969 1969 1974 1977 1983 1984 1986 1992 1995 1996 1999 2001 2006 . . . David Ben Gourion M. S. David Ben Gourion Levi Eshkol Y. A. Golda Meir Yitzhak Rabin Menahem Begin Y. S. Shimon Peres Yitzhak Shamir Yitzhak Rabin S. P. Benyamin Netanyahou Ehud Barak Ariel Sharon Ehud Olmert M.S. : Moshé Sharett, Y.G. : Ygal Allon, Y. S. : Yitzhak Shamir, S.P. : Shimon Peres Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Yitzhak_Shamir » Catégories : Premier ministre israélien • Ministre israélien • Membre de la Knesset • Personnalité du sionisme • Naissance en 1915

     Newsletter n° 238 du 6 septembre 2007

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La rubrique du pois chiche

Cette semaine dans l’histoire d’Israël…

think israel

THINK-ISRAEL
THINK-ISRAEL  features essays and commentaries that provide context for the continuing crisis in Israel. We report on global anti-Semitism. The war Islam is waging against Israel and the West is our top priority. We aim to make sense of what’s going on. 

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   We are told that there is a difference between extremist Islam and peaceloving normal Islam.
Judging by their behavior, Muslims are anti-West, anti-Democracy, anti-Christian, anti-Jewish, anti-Buddhist, and anti-Hindu. Muslims are involved in 25 of some 30 conflicts going on in the world: in Afghanistan, Algeria, Bangladesh, Bosnia, Congo, Cote d’Ivoire, Cyprus, East Timor, India, Indonesia (2 provinces), Kashmir, Kazakastan, Kosovo, Kurdistan, Macedonia, the Middle East, Nigeria, Pakistan, Philippines, Somalia, Sudan, Russia-Chechnya, Tajikistan, Thailand, Uganda and Uzbekistan.
Doesn’t this mean that extremist Islam is the norm and normal Islam is extremely rare?

« The Palestinian people does not exist. The creation of a Palestinian state is only a means for continuing our struggle against the state of Israel for our Arab unity. In reality today there is no difference between Jordanians, Palestinians, Syrians and Lebanese. Only for political and tactical reasons do we speak today about the existence of a Palestinian people, since Arab national interests demand that we posit the existence of a distinct ‘Palestinian people’ to oppose Zionism.
« For tactical reasons, Jordan, which is a sovereign state with defined borders, cannot raise claims to Haifa and Jaffa. While as a Palestinian, I can undoubtedly demand Haifa, Jaffa, Beer-Sheva and Jerusalem. However, the moment we reclaim our right to all of Palestine, we will not wait even a minute to unite Palestine and Jordan. »   (PLO executive committee member Zahir Muhsein, March 31, 1977, interview with the Dutch newspaper Trouw.)

It should be remembered that in 1918, with the fall of the Ottoman Empire, Britain and France were handed >5,000,000 square miles to divvy up and 99+% was given to the Arabs to create countries that did not exist previously. <1% was given as a Mandate for the re-establishment of a state for the Jews on both banks of the Jordan River. In 1921, to appease the Arabs once again, another three quarters of that <1% was given to a fictitious state called Trans-Jordan. (Jack Berger, May 31, 2004.)
The total for all the 22 Arab League countries is 6,145,389 square miles (SM). By comparison, all 50 states of the United States have a total of 3,787,318 SM. Israel has 8,463 SM, about one-sixth of that of the State of Michigan. Iran, Turkey, Pakistan and Afghanistan are Muslim but not Arab and are not included.
World Arab population: 300 million; World Jewish population: 13.6 million; Israel’s Jewish population: 5.4 million. (reference: Dr. Wilbert Simkovitz,
http://dehai.org/archives/dehai_news_archive/ apr04/0223.htmldehai.org/ archives/dehai_news_archive/apr04/0223.html)
« It has no heart. It has no spine. Its mouth serves as its anus. It has a diffuse net of nerves instead of a brain. Is it a jelly fish or an Israeli politician? Pick one. Whichever one you picked, you were right. » (Eliezar Edwards, June 20, 2005)
« The Palestine Mandate was not created on land taken from the Syrians or the Arabs. It was taken from the Turks. It was not taken from the Turks by the Jews, but by the British and the French. They took it because Turkey sided with Germany in the First World War and, of course, lost. The Turkish empire had ruled the entire region including Syria, Lebanon, Iraq and Jordan for four hundred years before Syria, Lebanon, Iraq and Jordan were artificially created by the English and the French. Jordan — a state whose majority is Palestinian — occupies 80% of the Palestine Mandate. So it is a preposterous lie to say that the Palestinians had their own land and that it was occupied by the Jews. » (David Horowitz, Front Page Magazine, December 14, 2006)

Like Al-Qaida, the Muslim Brotherhood wants to impose Muslim rule globally. Its motto is, « God is our purpose, the Prophet our leader, the Qur’an our constitution, jihad our way and dying for God our supreme objective. » President Bush wants to talk friendly with them. Isn’t he the guy who once upon a time once said, « If you are not with us, you are against us? » Maybe next he’ll talk nice to Al-Qaeda.

un an deja

Israël-Proche Orient: Seconde Guerre du Liban – Eté 2006

Contexte
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(Cliquez pour agrandir)
Les attaques du Hezbollah le long de la frontière israélo-libanaise, le 12 juillet au matin


(Cliquez pour agrandir)
Des roquettes tirées par le Hezbollah sur le nord d’Israël depuis la ville sud-libanaise de Tyr, août 2006
Le mercredi 12 juillet, 8 soldats de Tsahal ont été tués et 2 ont été kidnappés, au cours d’une attaque du Hezbollah à l’intérieur du territoire israélien, près de la frontière israélo-libanaise. Simultanément, le Hezbollah a lancé un bombardement sur des localités israéliennes proches de la frontière. Tsahal a riposté avec l’opération « Juste rétribution » (« Just Reward »), qui a été par la suite étendue et porte le nom de « Changement de direction » (« Changing direction »).   

Entre le 12 juillet et le 14 août, date de l’entrée en vigeur du cessez-le-feu, plus de 3970 roquettes et missiles ont été tirés par le Hezbollah sur Israël, dont 901 sont tombés sur des zones urbaines.

Plus de 1000 roquettes sont tombées aux environs de Kiryat Shmona, 808 dans la région de Nahariya, 471 dans la Région de Safed, 176 dans la région de Karmiel, 106 dans la région d’Akko (Saint Jean d’Acre), 93 aux alentours de Haïfa, et 81 à Tibériade.  

Israël déplore (au 14 août 2006) 160 morts (43 civils et 117 soldats), des milliers de blessés, des centaines de bâtiments détruits ainsi que d’autres dommages matériels importants.    

4262 civils touchés par les roquettes ont été soignés dans les hôpitaux d’Israël. Parmi eux, 33 étaient grièvement blessés, 68 l’étaient modérément, 1388 légèrement, et 2773 souffraient de traumatisme.    

Les bombardements par le Hezbollah de la population civile du nord d’Israël durant un mois ont endommagé 6000 immeubles, provoqué les déplacements de 300.000 habitants et obligé plus d’un million de personnes à vivre dans les abris. Presque un tiers de la population israélienne – plus de 2 millions de personnes – étaient directement exposé à la menace des missiles.

Les entreprises du nord du pays ont perdu 5.9 milliards de Shekels (1.4 milliards de dollars) en raison de la guerre.

1- Origine du conflit (mise au point)- communiqué de l’Ambassade d’Israël en France   

2- CHRONOLOGIE des événements depuis le 12 juillet (mise à jour 16 août) 

3- Bilan des 33 jours de guerre en Israël, 12 juillet – 14 août  

4- QUESTIONS et REPONSES sur l’affrontement entre Israël et le Hezbollah

5- Victimes israéliennes depuis le 12 juillet

merci a l’ambassade d’israel

Guy Millière

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04/07/07

 

Texte repris du site Les 4 Vérités.

 

 

Prenez quatre décennies de propagande, de falsification de l’histoire, ajoutez un zeste d’antisémitisme, une cuillerée de cynisme, de « politique arabe de la France », comme on disait au temps du gaullisme triomphant, saupoudrez avec les ingrédients permettant l’islamisation progressive de la France, et vous obtenez l’image d’Israël dans la mentalité française, l’apitoiement sur le sort des « Palestiniens », l’indifférence aux actes terroristes au Proche-Orient, surtout s’ils touchent des juifs. D’où la nécessité de rappeler les faits les plus élémentaires.


La parution du livre de Paul Giniewski, « Le contentieux israélo-arabe » sera, pour moi, l’occasion d’un rappel.


1) La revivification d’un « foyer national juif » a commencé dès la fin du XIXe siècle. À l’époque, il n’y avait pas de « Palestine », Jérusalem était une ville désertée où survivaient, dans la pauvreté, des familles juives et quelques familles arabes, les terres alentour étaient stériles et non défrichées. Cette revivification a été considérée comme positive et féconde par les autorités ottomanes et par les autorités arabes locales qui y voyaient l’occasion de voir émerger une matrice de prospérité là où régnait le dénuement.

2) Pendant la Première Guerre Mondiale, la Grande-Bretagne, prévoyant la victoire, a passé des accords avec les Arabes et avec les Juifs, anticipant la renaissance d’une nation arabe au Proche-Orient et la renaissance d’une nation juive.


3) Quand vint le démantèlement de l’Empire Ottoman, les accords furent respectés de manière imparfaite. Les Saoud reçurent l’Arabie, devenue « Arabie Saoudite », la dynastie chérifienne reçut l’Irak, pays nouvellement créé, et la Transjordanie, pays nouvellement créé aussi, et qui correspondait à 80 % du territoire du « Mandat palestinien ». La Syrie et le Liban émergèrent, placés sous autorité française. Le territoire palestinien restant était sous autorité britannique : il représentait 20 % du territoire initialement censé constituer la nation juive. Il y a eu, dès les années 1920, un État palestinien, avant même qu’il y ait un État juif.


Cet État s’appelle aujourd’hui Jordanie.

4) Dans les années 1920-1947, une immigration juive menant vers le territoire du foyer national juif des milliers de gens créatifs qui ont acheté des terres et créé des entreprises. Une immigration arabe de main-d’œuvre. Se sont ajoutés la découverte de pétrole en Arabie, la montée d’un fanatisme et d’un national-socialisme arabe que les Britanniques ne tenteront pas de juguler, l’abandon graduel, au nom du pétrole, des promesses faites aux juifs par la Grande-Bretagne.


5) Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Grande-Bretagne a empêché l’accès au foyer national juif des populations cherchant à fuir l’antisémitisme, le nazisme et la Shoah, ce qui a eu pour conséquence, des dizaines de milliers de morts. Ali al Husseini, mufti de Jérusalem a collaboré activement avec Hitler. Des mouvements de résistance juive sont nés au Proche-Orient pour contrer la violence raciste arabe.


6) Quand la Grande-Bretagne a confié le dossier aux Nations Unies nouvellement créées, il a été prévu de diviser le territoire résiduel (20 %) entre un État arabe et un État juif. Les juifs ont accepté un État. Les Arabes ont refusé un deuxième État palestinien et ont lancé, trois ans après la Shoah, la première guerre contre Israël. La haine, depuis, n’a pas cessé. Les « réfugiés » sont ceux qui sont partis à la demande des autorités arabes. L’extermination n’a pas eu lieu. Les « réfugiés » n’ont pas été chassés par Israël, mais par la haine arabe. C’est avec des travailleurs immigrés résidant en Israël depuis deux ans en 1947 qu’on a prétendu depuis 1967 faire le « peuple palestinien » : les adeptes du « peuple palestinien » seraient-ils prêts à ce qu’on fasse un « peuple musulman de France » avec tous les musulmans qui peuvent prouver deux années de résidence en France, et seraient-ils prêts à considérer que le « peuple musulman de France » a droit à un État ?

Guy Millière

© Les 4 Vérités

Paul Giniewski, Le contentieux israélo-arabe
Cheminements Éditions
207 pages – 12 euros
1 bis rue du Moulin à Vent
49560 Coudray-Macouard
Tél : 02 41 67 74 54
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[Texte aimablement signalé par M. Taub, Jérusalem.]

Mis en ligne le 12 juillet 2007, par M. Macina, sur le site upjf.org

1er anniversaire de la 2ème guerre du Liban
2007-07-02 12:42:00

La cérémonie en mémoire des 155 victimes de la Seconde guerre du Liban, aura lieu ce lundi à 18h au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem. Elle commémorera aussi bien les 36 civils tués par les missiles du Hezbollah que les 119 soldats tombés au combat.

Pour voir notre video Cliquez-ici

Neuf ministres, dont Ehoud Olmert, Premier ministre, et Amir Peretz, ancien ministre de la Défense, ont annoncé qu’ils n’y assisteront pas. Le cabinet de M. Olmert a invoqué des difficultés d’organisation de la sécurité, quant à M. Peretz après avoir affirmé qu’il n’avait pas été invité, il a fait son mea culpa et participera à la commémoration. La Knesset sera représentée par dix députés.

Des dizaines de familles endeuillées et leurs amis ont assisté ce matin à une cérémonie pour le premier anniversaire de la Seconde guerre du Liban près du kibboutz Kfar Guiladi, où douze soldats sont tombés au combat. A l’issue de cette manifestation, les participants ont entamé leur  »marche des vivants » qui les a menés sur le site de l’enlèvement d’Ehoud Goldwasser et Eldad Réguev, avant de finir à Jérusalem, pour assister à la cérémonie officielle au mont Herzl.

Elifaz Balawa, qui a perdu son fils Nadav l’année dernière a pointé un doigt accusateur contre Ehoud Olmert.  »Pour le Premier ministre, la guerre n’a pas existé », a-t-il lancé. Il a reproche à Ehoud Olmert, qui n’a pas l’intention d’assister à la cérémonie officielle en mémoire des victimes de la Seconde guerre du Liban, de ne pas faire honneur aux familles endeuillées.

(Retour)
Le monde repose sur trois choses : la justice, la vérité et la paix.

« Michna Avoth »

Pour comprendre le présent drame israélo-palestinien, il faut se référer aux sources mêmes de l’origine du peuple Juif. Autrement c’est l’incompréhension, la dérive totale avec les conséquences qu’on connaît présentement au Proche-Orient. Remontons le temps ensemble, et essayons de comprendre.

L’origine du peuple Juif est inscrite dans la Bible, ce livre unique dont les sources remontent au Xe siècle avant J.C., et qui désigne les patriarches Abraham, Isaac et Jacob comme les ancêtres du peuple Juif. Ces derniers vécurent aux environs du 19e siècle avant J.C. et appartenaient à un clan de bergers nomades originaires de Mésopotamie, une région de l’Asie entre le Tigre et l’Euphrate.

Il est écrit dans la Bible qu’ils croyaient en un dieu unique, et que Dieu contracta une alliance avec les patriarches et promit la terre d’Israël en héritage à son peuple. Dieu dit à Jacob : « on ne t’appellera plus Jacob mais Israël car tu as été fort contre Dieu et contre les hommes tu l’emporteras ». Plus tard, le nom d’Israël fut donné au pays.

Les douze tribus d’Israël

Selon la Bible, les douze fils de Jacob seraient les ancêtres des douze tribus ou enfants d’Israël. Poussés par la famine qui sévissait en Terre d’Israël, Jacob et ses enfants se rendirent en Égypte. Certains chercheurs soutiennent que les familles des fils de Jacob, surnommées Israël par Dieu dans la Bible, résidèrent dans le Pays de Goshen en Égypte pendant les 18e et 17e siècle avant notre ère.

L’historiographie biblique a chargé le récit de la sortie d’Égypte et la traversée du désert par les Hébreux d’un aspect national : l’exode, l’errance sous la conduite d’un chef national et la conquête de Canaan sont décrits comme les actions d’un peuple homogène. Cette description est en contradiction avec de nombreux récits bibliques d’incidents isolés et avec la description de l’organisation tribale des Hébreux à cette époque.

Cependant, on peut logiquement supposer que la longue période d’errance contribua à cristalliser l’ossature tribale et que les conditions qui régnaient durant le parcours des Hébreux déterminèrent la taille des unités tribales et leurs structures.

Dans la conscience collective du peuple Juif, la constitution des tribus d’Israël en une nation il y a 3 200 ans fut le commencement de l’histoire nationale juive, liée à l’Exode d’Égypte, qui mettait fin à l’exil et au retour du peuple libéré de l’oppression étrangère dans la Terre Promise où il conquit l’indépendance nationale.

C’est à cette époque que la première partie de la bible fut écrite, la Thorah (Loi) qui comporte cinq livres : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome (le Pentateuque). Selon la croyance juive, la Torah fut donnée à Moïse sur le mont Sinaï. La Torah constitue la Loi écrite, par opposition à la Loi orale.

Au 12e siècle avant notre ère, les tribus d’Israël s’installèrent sur les deux rives du Jourdain. Commença alors la période des juges qui dura deux siècles. La fonction du gouvernement était fondée sur le principe de l’autonomie tribale qui accordait aux chefs, au niveau tribal et même national, le rôle essentiel de l’exercice du pouvoir judiciaire. Déborah, Gédéon et Samson sont parmi les juges les plus célèbres.

C’est ainsi qu’on serait en droit de considérer la prise en possession de Canaan par les tribus hébraïques, éveillées à la conscience spontanée de leur unité et de leur destinée commune, comme la première immigration du Peuple Juif en Terre d’Israël, menant à la création d’un État Juif.

Au 11e siècle avant notre ère, le premier roi d’Israël fut Saul (1020-1004 avant J. C.), suivi de David, qui fonda la dynastie royale d’Israël qui devait régner quatre siècles, jusqu’à la conquête babylonienne. David consolida les bases du royaume d’Israël et fit de Jérusalem sa capitale, 1 000 ans avant J.C. La construction du premier Temple de Jérusalem est entreprise par Salomon en 960 avant J.C.

Conquête par Babylone

En 597, Nabuchodonosor, roi de Babylone, fait la conquête du royaume de Juda. Il amène captif à Babylone le jeune roi Joachim (598-597 avant J.C.), le 19e roi de Judée. Il proclame l’oncle du jeune roi, Matanias, sous le nom de Sédécias, roi de Judée (597-586 avant J.C.).

En 589 avant notre ère, Judée se rebelle encore une fois contre Babylone. Nabuchodonosor envahit le pays, l’aide égyptienne arrive trop tard et, en 586, Jérusalem est conquise ; ses fortifications et ses riches demeures détruites, le Temple est brûlé et la majorité du peuple juif déportée. Le royaume de Judée est mis à bas.

Conquête par les Perses

Après la défaite de l’empire babylonien par les Perses en 539 avant J.C., la Terre d’Israël tomba sous domination perse. Cyrus II, roi de Perse (558-528 avant J.C.) accorde aux Juifs en 538 le droit de retourner en Terre d’Israël et d’y reconstruire le deuxième Temple de Jérusalem. Durant quatre siècles, le peuple Juif vécu de manière autonome sur la Terre d’Israël, sous tutelle perse d’abord et, à partir de 332 avant J.C., sous tutelle hellène, après la victoire d’Alexandre le Grand sur l’armée perse.

En 168 avant J.C., le souverain hellène de Syrie, Antiochus Épiphane IV, fit quelques tentatives en vue de limiter l’autonomie juive et substituer l’idolâtrie à la foi monothéiste. Les Juifs levèrent l’étendard de la révolte, menée par la famille des Asmonéens, et recouvrèrent une indépendance totale pour Israël.

Conquête romaine

En 168 avant J.C., le royaume d’Israël fut gouverné par les dynasties asmonéenne et hérodienne, jusqu’à la conquête romaine en 63 avant J.C., avec une brève période asmonéenne de 40 à 37 avant J.C. ; Hérode I le Grand fut roi des Juifs de 40 à 5 avant J.C, suivi d’Hérode Antipas de 4 avant J.C. à 39 après J.C., d’Hérode Agrippa I de 41 à 44 après J. C., et d’Hérode Agrippa II de 50 à 93 après J. C. Ce dernier assista les romains à la prise de Jérusalem par Titus en 70 après J. C.

Destruction du second temple de Jérusalem

C’est en l’an 70 de notre ère que l’historien juif Flavius Josèphe, né à Jérusalem (37 à 100 après J. C.), auteur des « Antiquités judaïques et des guerres des Juifs », livre VI : 10 :1, situe la chute de Jérusalem et la destruction du second Temple par Titus, fils de l’empereur Vespasien. Le second Temple est brûlé, tous les objets du culte sont amenés à Rome, accompagnés du peuple Juif captif, portant la menorah et les objets du Temple, comme on peut encore le voir aujourd’hui à Rome sur l’Arc de Triomphe de Titus.

Rome décida d’exiler en Hispanie (Espagne) les captifs Juifs amenés à Rome par Titus, le lieu le plus éloigné à l’ouest de l’empire romain. Ils agirent comme l’avaient fait avant eux les autres conquérants d’Israël, dans le but d’empêcher les Juifs de revenir dans leur pays se réorganiser militairement et politiquement, et pour briser leur courage et diminuer leur sentiment d’identité nationale.

Lorsque les captifs juifs arrivèrent de Rome en Hispanie, ils furent accueillis par leurs frères déjà installés dans le pays depuis la destruction du premier Temple, qui s’empressèrent de les libérer du joug de l’esclavage romain auquel ils étaient soumis.

Tarshish (Hispanie) mille ans avant J.C.

Les Juifs déjà installés dans la péninsule Ibérique depuis mille ans avant Jésus Christ étaient sans doute venus dans le pays avec les Phéniciens bien avant la destruction du premier Temple. D’ailleurs, encore aujourd’hui, les noms de quelques villes d’Espagne indiquent clairement une origine juive. Il s’agit de Toledo, Maqueda, Escalona, Joppes et Aceca. Tous ces noms sont à consonances hébraïques. Toledo vient de Toledoth, c’est-à-dire la ville des générations. Le guide officiel actuel de la ville de Tolède mentionne toujours cette origine hébraïque de la ville.

On pense que les membres des tribus d’Israël s’étaient établis dans l’actuelle province de Tolède bien avant l’époque de la destruction du Premier Temple. Aceca dérive de Azeca (1) en Israël ; Escalona dérive d’Ascalon en Israël, la tribu de Siméon ; Maqueda provient de Maceda, la tribu de Juda ; Joppes de Joppe (Jaffa), la tribu de Dan. Une série d’autres noms de villes, tels que Layos et Noves, sont aussi probablement d’origine juive. Ils furent sans doute donnés en souvenir des anciennes cités d’Israël. Toutes ces villes de l’Espagne actuelle, ont été fondées par les membres des tribus d’Israël.

(1) En 1935, on a trouvé dans les ruines de la ville biblique de Lakihs, en Palestine, une collection de lettres écrites sur des tablettes d’argile, dont l’écriture remonte autour de 588 avant J.C., rédigées par le commandant militaire de la ville forteresse de Lakihs en Judée. Ces lettres confirment des évènements qui se sont déroulés durant le court règne du roi Joachim I, 18e roi de Judée. Ces écritures nomment plusieurs personnages bibliques, entre autres le prophète Jérémie. Dans la quatrième lettre, on raconte que les villes de Lakihs et Azeca, deux villes fortifiées de Judée, étaient assiégées par les troupes de Nabuchodonosor, et que la ville de Azeca était déjà tombée dans ses mains. Ces faits historiques confirment le récit biblique du prophète Jérémie 34 : 6-7.
Salomon, fils et successeur de David, roi d’Israël de 970 à 931 avant J.C., avait fait construire une flotte de navires avec lesquels il faisait le commerce avec tous les pays connus dans l’antiquité, y compris Tarshish (Hispanie) où des membres des tribus d’Israël étaient déjà installés, et où le roi Salomon envoyait ses représentants collecter les impôts.

Ces faits sont confirmés au tout début du Judéo-chrisianisme par les juifs d’Hispanie qui se rendaient encore régulièrement à Jérusalem en pèlerinage.

À l’époque de l’apôtre Paul, entre 5 et 15-67 de notre ère, lorsqu’il allait de synagogue en synagogue pour prêcher la nouvelle religion de Jésus, il souligna dans ses écrits la nécessité d’aller évangéliser les Juifs d’Hispanie, nommés Sefardim. Ce nom vient de Sefarad, mot par lequel la Bible désigne le pays à l’Ouest de la Méditerranée : aujourd’hui l’Espagne. Le prophète Obadia parle lui aussi de cette partie de l’Empire romain sous ce nom d’Hispanie.

Pendant les persécutions au Moyen Âge, les Juifs espagnols firent valoir auprès des souverains espagnols, pour leur défense, qu’ils vivaient déjà en Espagne avant la destruction du premier Temple et qu’ils appartenaient à la tribu de Juda.

Les Wisigoths, des vandales et beaucoup d’autres peuples arrivèrent en Espagne bien après les Juifs et les romains. Les Israélites survécurent à tous les envahisseurs de l’Espagne car ces derniers se mélangèrent bientôt à la population locale et se fondirent en elle.

Les Juifs souffrirent, furent persécutés, composèrent avec les conquérants et, à l’époque des premiers documents officiels, ils sont là. Ils vivent parmi les Maures musulmans et les Espagnols catholiques, divisés en plusieurs royaumes. Des historiens arabes du 9e siècle appellent Grenade et Tarragone des « villes juives ». L’Espagne musulmane avait alors la plus forte population juive d’Europe.

Ce furent les Juifs qui infirmèrent le principe selon lequel chaque immigrant devrait se fondre peu à peu dans son nouveau milieu et, de ce fait, perdre son identité. L’histoire des émigrations et des immigrations est plus ou moins celle de l’humanité. Lorsqu’on étudie l’histoire des peuples, on voit que normalement les immigrants s’assimilent à leur entourage, qu’ils abandonnent progressivement ce qu’ils avaient emporté avec eux. Ils font cela pour des raisons de sécurité, d’opportunité, et pour éviter de nouvelles difficultés. Ils se délestent de leur passé.

Pas les Juifs. Eux, ils gardèrent une grande partie de leur héritage culturel. À ce point de vue, ils constituent donc une exception dans l’histoire de l’humanité. C’est d’ailleurs cela qui, avec le temps, leur valut d’être constamment tracassés, persécutés.

Malgré la persécution des Juifs espagnols commencée en 612 sous le roi wisigoth Sisebut, l’Espagne abrita jusqu’en 1492 la plus importante population juive d’Europe. Même de nos jours, il demeure que l’Espagne est un pays pour lequel il est difficile de parler du caractère autochtone, de «l’aborigénéité » de groupes ethniques, car tout dépend de la date que l’on prend comme point de départ. Quelle que soit celle que l’on choisit, ce sont les Juifs qui sont autochtones en Espagne.

Comme on vient de le voir, ce qualificatif d’autochtone, que les antisémites des temps modernes se décernent si volontiers afin de pouvoir étiqueter les juifs comme des étrangers, ne s’applique pas aux Espagnols.

Révolte de Bar Kokhba ; Israël rebaptisée Palaestina par les romains

Mais les Juifs d’Israël n’avaient pas tous été exilés en 70 de notre ère. Ceux qui restaient tentèrent une ultime révolte contre l’agresseur romain afin de retrouver la liberté. C’est la révolte de Bar Kokhba (132-135), qui fut étouffée cruellement sous Hadrien. Les Juifs furent obligés de se soumettre de nouveau à Rome. Mais cette fois les romains voulurent mettre fin à jamais à toute velléité de renaissance juive en Terre d’Israël. Ils rebaptisèrent la Terre d’Israël d’un nom nouveau : Palaestina ou Falastina (Palestine), et détruisirent complètement les murailles de Jérusalem ainsi que toute la ville. En place et lieu, ils construisirent un petit bourg carré qu’ils appelèrent Aelia Capitolina. Puis Hadrien compléta son œuvre en faisant construire un temple à Jupiter sur l’emplacement du second Temple.

À la suite de cette révolte, la Judée est cette fois-ci pratiquement vidée de ses habitants, et la province de Judée sera connue sous le nom de « Syrie-Palestine ». À la suite de ces changements, les Juifs se concentrent en Galilée, autour de rabbins et de savants établis à Safed, Tibériade et Zippori, où ils poursuivent la rédaction du Talmud et de la Mishna.

Ce fut le creux de la vague pour Jérusalem durant les deux siècles qui allaient suivre. Le nom de Jérusalem demeura effacé jusqu’en l’an 326 de notre ère, lorsque l’empereur Constantin et sa mère Hélène se convertirent au Christianisme et vinrent en pèlerinage en Terre Sainte. Ils redonnèrent le nom biblique à la ville de Jérusalem et érigèrent des autels commémorant des événements de la vie de Jésus. On construisit de nombreuses églises à Jérusalem, et Jérusalem devint le centre de pèlerinage des chrétiens. La ville de David devient la ville de Jésus.

En 351 de notre ère, les Juifs font une nouvelle tentative de révolte pour retrouver leur liberté.

Domination de Byzance sur la Terre d’Israël (395-636)

Durant cette période d’occupation de la Terre d’Israël, les Juifs étaient présents à Jérusalem et sur tout l’ensemble du territoire de la Palestine. La population juive était redevenue particulièrement dense en Galilée, dans certaines partie de la plaine côtière et en Judée.

Selon le Talmud, rédigé à cette époque, plus de quatre cents localités juives, des villages pour la plupart, sont dénombrés sut la Terre d’Israël. La communauté juive vivait surtout d’agriculture alors que ses chefs élaboraient et consolidaient le mode de vie juive par l’éducation, l’enseignements général et universitaire.

Les œuvres majeures de cette époque furent la rédaction de la Michna (l’enseignement) achevée au 2e siècle, ainsi que le Talmud (ensemble de leçons incluant les commentaires et les discussions des amoraïms (1) sur la Michna) de Jérusalem, achevé entre le 4e et le 5e siècle de notre ère.

(1) Amoraïm : du mot araméen omer, celui qui explique, qui parle en public. À l’origine, le terme désignait celui qui présentait ou traduisait pour le public les paroles d’un Sage.
En 614 de notre ère, les Juifs tentèrent encore une fois de se révolter contre Byzance. Pour ce faire, les Juifs d’Israël s’allient aux Perses. Ils réussissent même à s’emparer de ce qui reste de Jérusalem. Mais la conquête arabe, qui commence en 634, met fin à tout espoir de renaissance nationale.

Domination arabe de 636-1071 (435 ans)

En 638 après J.C., les troupes du calife Omar occupèrent la ville de Jérusalem, après un long siège. La victoire assurée, ils partagèrent la Terre d’Israël en deux districts militaires séparés par le Jourdain : Filastin (Palestine) et Urdun (Jordanie).

Puis, les conquérants arabes musulmans autorisent les populations juive et chrétienne à rester. C’était là un acte de tolérance mais qui, en fait, reflétait le dogme fondamental de l’Islam, dogme toujours en vigueur, selon lequel Juifs et Chrétiens sont des individus de classe inférieure ayant un statut spécial de dhimmi (protégés). Cet acte apportait aux populations Juive et chrétienne la sécurité physique ainsi que les libertés économique et religieuse, mais aussi une source de dégradation avilissante.

Ce statut de dhimmi obligeait les Chrétiens comme les Juifs à payer un impôt spécial par tête, à être bannis de l’administration publique, à se voir interdire de construire de nouvelles synagogues et églises, et d’employer des travailleurs musulmans.

La domination arabe sur Jérusalem et sur tout le pays d’Israël se caractérisa par l’insécurité et l’agitation. Ce sont les califes Omayyades (660 à 750 de notre ère) qui, de Damas, gouvernèrent les premiers la Terre d’Israël, qui était devenue une province du vaste empire musulman. Jérusalem n’a jamais fait office pour eux ni de capitale ni de centre culturel.

Les Arabes bâtirent une seule ville sur la Terre d’Israël, la ville de Ramla (Ramleth). Au 8e siècle, cette ville est désignée comme centre provincial du pays, et le transfert de la capitale impériale de Damas à Bagdad éloigna encore Jérusalem des centres du pouvoir et de l’activité culturelle.

Abd al-Malik construisit le Dôme du Rocher à Jérusalem entre 691 et 692. C’était davantage un monument qu’une mosquée ; son fils Al Walid fit construire la mosquée d’El-Aksa entre 705 et 715 de notre ère.

Sous le calife Al-Aziz (976 à 996), Chrétiens et Juifs jouirent à Jérusalem d’une liberté considérable. Mais sous son successeur, Al-Hakim (996 à 1021 de notre ère) dit le « Calife fou », les pèlerinages à Jérusalem furent interdits, tandis que synagogues et églises furent détruites, y compris le Saint-Sépulcre.

En raison de la faiblesse du gouvernement fatimide aux 10e et 11e siècles, diverses tribus, dont des Bédouins et des Seldjousks (tribu turque) contrôlent une partie de la Palestine et attaquent ses habitants. La population juive de Jérusalem décline ; les pèlerinages sont suspendus et l’afflux des contributions cesse. À la fin de la domination arabe, il n’y a plus que quelque milliers de Juifs en Palestine.

Conquête de Jérusalem par les Turcs seldjouks en 1071

Les Turcs seldjouks s’emparent de Jérusalem, pillent la ville et persécutent Chrétiens et Juifs.

Conquête et domination de Jérusalem par les Croisés de 1099 à 1291

L’interdiction des pèlerinages et la destruction des synagogues et des églises à Jérusalem en l’an 1009, sous le règne du calife arabe Al-Hakim, dit le fou (996-1021), provoqua en Occident une telle indignation, qu’elle fut à l’origine des Croisades.

Jérusalem est alors conquise en 1099 par 15 000 Croisés. Ils pillèrent Jérusalem et massacrèrent indistinctement Juifs et Musulmans. Les Croisés vendirent Juifs et Musulmans comme esclaves en Europe.

Une ordonnance des Croisés interdit tout établissement juif ou musulman à Jérusalem. En vue de renforcer le peuplement chrétien de la ville de Jérusalem, l’ancien quartier juif fut remis à des tribus de Chrétiens de Transjordanie.

En 1149, les Croisés reconstruisent l’église du Saint-Sépulcre suivant le plan de la Croix, et de nombreuses traditions chrétiennes liées à la vie de Jésus furent établies, notamment celle de la Via dolorosa. De nombreux temples musulmans furent aussi transformés en églises, comme le Dôme du Rocher, appelé par les Croisés le Temple du Seigneur.

À partir de 1110, les Croisés changent de politique envers la population locale et, avec le temps, les Juifs sont autorisés à s’installer dans toutes les villes de ce royaume chrétien, à l’exception de Jérusalem, qu’ils peuvent visiter seulement.

Plus tard, le roi chrétien de Jérusalem accorde aux Juifs le monopole de la teinture des tissus. Quelques Juifs peuvent même résider à Jérusalem. Mais la plupart des communautés juives qui se trouvent dans le royaume franc de Jérusalem sont concentrées dans les villes de la côte : Tyr, Acre, Césarée et Ascalon, centre commercial important. Les villes de l’intérieur ne comptent que peu de Juifs.

Les Croisés, dont le nombre n’a jamais dépassé 30 000, n’ont pas contribué à changer le caractère de la population. Les deux siècles de lutte entre Chrétiens et Musulmans pour la conquête de la Palestine n’ont eu qu’une conséquence : l’appauvrirent de la population juive qui y habitait.

À l’époque des Croisés, il n’existe pas de nom pour désigner la Terre d’Israël. Le pays était divisé en trois districts administratifs : Safed, Gaza et Damas.

En 1260, une invasion mongole provoque la fuite des habitants de Jérusalem. Lorsque les Mamelouks, une dynastie qui régnait sur l’Égypte et la Syrie entre 1250 et 1517, parvinrent à battre les Mongols à Ein-Harod en 1291, Jérusalem et tout le pays passent sous leur contrôle jusqu’à la conquête ottomane en 1516.

La conquête ottomane de 1516 à 1917

Les Ottomans, comme tous les conquérants étrangers, n’eurent pas non plus de nom pour désigner la Terre d’Israël. Ils divisèrent le territoire en cinq districts administratifs, qu’ils relièrent à la province de Damas. Soliman II le Magnifique, sultan ottoman entre 1537 et 1541, fait réparer et reconstruire les remparts et les portes de Jérusalem et restaure la citadelle de David. Puis, il fait construire des fontaines publiques pour assurer l’approvisionnement en eau de la ville.

À ce moment là, l’empire ottoman comptait 24 provinces (Vilayets). Les Juifs et les Chrétiens étaient soumis à de lourde taxes (capitation) ; cependant ils étaient libres de gérer les affaires de leur communauté.

1492 : expulsion des Juifs d’Espagne

En 1492, les Juifs exilés d’Espagne, et un peu plus tard les Juifs du Portugal, transitent par Livourne, en Italie, pour ensuite se disperser à travers l’Empire ottoman : à Tunis aussi bien qu’à Smyrne (Izmir), à Salonique et à Alep, où ils sont connus sous le nom de « Frankos », ou « Juifs Francs » (même signification pour le patronyme Franco en Espagne).

Après un long et périlleux voyage, de nombreux Juifs exilés d’Espagne parviennent à atteindre la Palestine, renforçant ainsi les communautés déjà existantes de Jérusalem, Tibériade, Gaza, Hébron et particulièrement Safed. Au 16e siècle, Safed devient un centre économique et culturel Juif important en Palestine ; sa communauté juive est estimée à l’époque à 15 000 membres. La proximité de Damas et de Beyrouth permet aux habitants de Safed d’échanger avec les habitants de ces deux villes du grain, des vêtements et des ustensiles pour la maison, alors que la soie et la laine qu’ils exportent passent par le port de Salonique.

Vers 1563, les Juifs fondent la première imprimerie du Proche-Orient et prennent l’hébreu pour langue nationale

L’arrivée de ces Juifs d’Espagne en Palestine n’est pas sans provoquer des frictions intercommunautaires. C’est que leur arrivée influe sur les anciennes communautés juives romaniotes restées en Israël depuis l’occupation romaine et byzantine. Les Sépharades amènent avec eux leurs coutumes, leur langue (le judéo-espagnol ou ladino), un habillement différent, des prières et des règles communautaires (takkanot).

À cette époque, la population juive de Palestine comprenait des Juifs connus sous le nom de romaniotes, qui étaient les descendants des Juifs resté en Terre d’Israël depuis l’époque de Byzance, des exilés juifs espagnols, et des immigrants Ashkénazes, Juifs venus d’Europe centrale. La population Juive en Israël a pu prospérer jusqu’à la fin du 16e siècle. Après la mort de Soliman le Magnifique en 1566, la Palestine est laissée à l’abandon durant plus des trois siècles.

Les successeurs de Soliman le Magnifique font régner en Palestine la corruption à tous les niveaux de l’administration et de l’armée. Vers la fin du 16e siècle, Safed et la Galilée périclitent et les Juifs restés sur place se regroupent à Jérusalem, Hébron et Gaza.

À cette situation, suit un profond déclin de la population en Palestine dû à l’absence de droits et d’une politique socio-économique, ainsi qu’à la décentralisation de la perception des impôts. Les collecteurs locaux d’impôts ont intérêt à extorquer les taux les plus élevés afin d’en tirer de larges profits ; dès lors, de nombreux villageois abandonnent la terre aux nomades, les besoins des villes en marchandises agricoles ne sont plus satisfaits, le commerce décline et la population des centres urbains finit par décroître rapidement. C’est l’époque où la plupart des Juifs en Israël doivent être aidés par la « halouka », argent envoyé par la Diaspora. Malgré ces difficultés, le retour des Juifs en Terre d’Israël (Palestine) ne s’arrête pas.

En 1700, Rabbi Judah he-Hassid conduit un groupe de 1 500 juifs de Pologne à Jérusalem. En 1777, le Hassid Rabbi Menahen Mendel, de Vitebsk en Biélorussie, s’établit à Jérusalem avec 300 de ses disciples venant d’Ukraine, de Lithuanie et de Roumanie.

Incapables de payer les lourds impôts exigés par les Turcs, les Ashkennazim se voient interdire de séjourner à Jérusalem. La plupart vont s’installer dans les trois autres villes saintes d’Israël : Safed, Tibériade et Hébron. Mais certains d’entre eux parviennent à demeurer à Jérusalem, déguisés en Sefardim, vêtus à l’orientale. Ce n’est qu’un siècle plus tard, dans les années 1820, que la communauté ashkenaze réussit à se réinstaller à Jérusalem.

C’est à partir du 18e et du 19e siècle, sous le régime ottoman, que s’instaure dans toutes les régions de la Palestine un régime fondé sur l’insécurité et l’oppression. Cette époque est caractérisée par des infiltrations de tribus arabes qui se livrent au pillage, et par des luttes intestines au niveau des alliances locales.

Par conséquent, le nombre de villages est réduit environ de moitié. La population de la Palestine connaît un certain déclin au début du 19e siècle ; elle ne compte probablement pas plus de 250 000 personnes. Elle est formée de communautés et nationalités différentes, dont moins de 200 000 Arabes, pour la plupart nomades et sans aucune idée de patrie.

Les conditions générales de vie en Palestine allant en s’aggravant au début du 19e siècle, la population totale avait diminué à 54 000, dont 10 000 Juifs.

Pour comprendre les causes de cette baisse de la population juive en Palestine au début du 19e siècle, on peut se rapporter à une série de constats qu’un jeune Juif roumain du nom de Israël Joseph Benjamin (Benjamin II) fit d’un voyage en Palestine à cette époque :

Source : Cinq années de voyage en Orient, Paris,1856.
1 – L’autorité de l’État ottoman, autorité non juive, ne comporte pas de droit de décision pour les Juifs, mais uniquement des obligations d’exécution.

2 – Les Juifs ne jouissent d’aucune garantie légale. La Loi est remplacée par les ordres des Pachas et des Cheiks. Seul avantage pour les Juifs de Jérusalem : la présence des Consuls européens, à partir de 1838 seulement.

3 – Le taux des impôts n’est jamais fixé publiquement, mais établi arbitrairement par les Cheiks ; la perception des impôts se fait avec une rapacité inouïe.

4 – Aucune protection de la propriété ; les Juifs ne peuvent pas se plaindre d’avoir été victimes d’un vol ou d’un pillage ni en indiquer l’auteur qui se vengerait cruellement.

5 – Leur vie est aussi à la merci du caprice du premier venu.

6 – Une misère extrême et générale ronge la population juive de Palestine, comme le faisait autrefois la lèpre. Privés des ressources qu’offrent l’agriculture et le commerce, ces infortunés ne vivent que des offrandes de leurs confrères de la Diaspora.

Amélioration du statut légal et politique des Juifs dans l’Empire ottoman

C’est seulement en 1839 qu’a commencé à s’améliorer dans l’Empire ottoman le statut légal et politique des Juifs, avec la publication d’un firman (décret royal) annulant la capitation. Avec l’engagement grandissant des puissances occidentales dans l’Empire ottoman, les Juifs parviennent à obtenir, au milieu du 19e siècle, un statut d’égalité civile et légale avec le reste de la population. Il en résulte de meilleures conditions de vie qui font, en 1840, augmenter la population de la Palestine à 70 000, dont 10 000 juifs.

Grâce aux activités politiques de personnalités telles que Sir Moïse Montefiore d’Angleterre qui, en 1840, alla plaider à Istanbul devant le Sultan pour mettre un terme à une accusation de meurtre rituel à Damas, et Adolphe Crémieux, en France ; grâce aussi à la contribution d’organismes comme l’Alliance israélite universelle française et l’Agoudat Ahim anglaise, les Juifs obtiennent un statut d’égalité dans l’Empire ottman.

C’est seulement en 1838 que s’établi le consulat de Grande-Bretagne à Jérusalem, suivi cinq ans plus tard par les consulats de France et de Prusse, puis par ceux d’Autriche et d’Espagne.

En 1845, la population de Jérusalem comptait 15 510 habitants, dont 7 120 Juifs, 5 000 Arabes musulmans et 3 390 Chrétiens.

En 1865, le Consulat britannique à Jérusalem indiquait que la population de Jérusalem était de 18 000 habitants, dont 9 000 Juifs.

De 1865 à 1914, la population de Jérusalem passe à 80 000 habitants, dont 50 000 Juifs, soit près des deux tiers de la population de la ville.

Dès la fin du 19e siècle, Jérusalem comptait déjà 60 quartiers juifs dont les habitants arrivaient d’Irak, du Yémen, de Perse, de Bukhara, du Kurdistan, de Georgie, de Daghestan, d’Alep, de Damas, d’Égypte, d’Europe orientale, d’Angleterre et des États Unis.

Témoignages de Palestine

En 1867, l’écrivain Mark Twain visita la Palestine. Il décrit une région désolée dont le sol est suffisamment riche mais abandonné aux mauvaises herbes – une morne et silencieuse étendue. La désolation présente est telle que l’imagination la plus fertile ne pourrait gratifier ce paysage d’un semblant de vie ou de mouvement. Nous n’avons pas vu un seul être humain sur notre trajet. À peine ça et là un arbre ou un caroubier. Même l’olivier et le cactus, derniers amis des sols pauvres, semblent avoir déserté ce pays. Aucun peuple ne l’a considérée comme sa terre, son pays. Elle n’est plus qu’une province lointaine, pauvre et perdue, livrée à des nomades. Les forêts ont disparues, les villes tombent en ruine et pendant des siècles pas une ville nouvelle n’y sera construite. Par qui et pour qui le serait-elle ?

Source : Les innocents à l’étranger.

En 1913, le rapport de la Commission Royale sur la Palestine du gouvernement britannique indique :

« La route menant de Gaza aux régions du Nord n’est qu’une piste tout juste bonne pour les transports à dos de chameau ou d’âne. Aucun oranger n’y pousse et l’on n’y voit aucun vignoble ou verger avant le village de Yabna (Yavné). Les maisons ne sont que des cases sans fenêtre. Les charrues sont en bois. Les conditions sanitaires des villages sont affreuses. Il n’y a pas d’écoles. La côte Ouest est presque désertique. Il y a peu de villages dans cette région. »

Des siècles d’occupations étrangères avait fait de la Terre d’Israël (Palestine) une terre faiblement peuplée, peu cultivée et négligée, parsemée de collines rongées par les sables de déserts hostiles et de marais où sévissait la malaria. Son système séculaire d’irrigation désagrégé, ses forêts disparues.

En 1931, Lewis French, nommé directeur du développement de la Palestine par le gouvernement britannique écrit :

« Le pays est peuplé de fellahin vivant dans des bâtisses de boue séchée et souffrant d’une malaria endémique. De grandes parties du pays ne sont pas du tout cultivées. Les fellahin sont sans cesse soumis au pillage de leurs voisins nomades, les bédouins. »

Vers 1870, 70 000 immigrants Juifs viennent en Palestine pendant la première alyah, mais seulement la moitié supporte les conditions extrêmement difficiles qui les attend et y reste. La majorité de ces derniers se dirige vers les villes de Jaffa, Haïfa et les nouveaux faubourgs de Jérusalem. Seule une minorité, comprenant les membres du mouvement Bilou, symbole de la première alyah, associé à l’idée du retour en Palestine et du retour à l’activité agricole, fonde de nouvelles colonies.

C’est le baron Edmond de Rotschild (1845-1934) qui va leur apporter secours. Il envoie des experts en agriculture qui introduisent de nouvelles cultures (thé, coton et tabac), qui les aide à améliorer leurs méthodes de travail et de gestion et à établir une base d’exploitation agricole sur les plantations d’agrumes dans les moshavot.

1891 : première opposition des Arabes de Palestine

Cent dignitaires arabes représentant la minorité arabe de Jérusalem envoient une pétition aux autorités turques pour leur demander d’interdire l’immigration juive et la vente de terres aux Juifs.

1904-1914, deuxième alyah en Israël

Cette nouvelle vague d’immigrants est composée de Juifs ayant quitté la Russie après les pogroms de 1903 et 1905. Tout comme leurs prédécesseurs, la plupart se dirigent vers les villes, mais une minorité cherche à créer en Palestine une société idéale qui intégrerait les idées de renaissance nationale et de révolution sociale selon les principes sionistes et socialistes.

Le nationalisme arabe au Proche-Orient

L’impact des mouvements nationalistes européens au début du 20e siècle s’étend jusqu’aux intellectuels arabes du Moyen-Orient, de sorte qu’au moment où un nouveau nationalisme Juif se manifeste en Europe, en Orient se développe un nationalisme arabe.

En prenant pieds en Palestine, le sionisme vise à restaurer la patrie que l’on avait retirée aux Juifs, alors que les nationalistes arabes voient dans l’établissement sioniste un corps étranger faisant obstacle à l’unité arabe.

Avant la Première guerre mondiale, deux différents groupes prennaient place dans le mouvement nationaliste arabe. Un courant était favorable à l’autodétermination à l’intérieur de l’Empire ottoman, tandis que l’autre voyait une nation arabe indépendante. Règle générale, les Arabes demeurant en Palestine qui montraient un intérêt pour le nationalisme arabe étaient dans le courant pro-ottoman.

1897, appel lancé aux Juifs par Théodor Herzl

Le premier Congrès Sioniste réuni à Bâle approuve la création de l’Organisation Sioniste Mondiale, Sion désigne selon la tradition, Jérusalem et la Terre d’Israël.

La propriété des terres en Palestine, 1914-1918

Les terres de Palestine ruinées par des siècles de négligence étaient faiblement exploitées par des paysans misérables au service de grands propriétaires turcs. Ces derniers possédaient environ 30 % du territoire de la Palestine, 70 % du territoire restant appartenait au Sultan de Turquie (terres domaniales).

Conquête de la Palestine par les Anglais en septembre 1918

Le général Allenby chasse les Turcs de Jérusalem et de la Galilée ; la Palestine se trouve dans les mains de l’Angleterre. La défunte Société des Nations confie le manda aux vainqueurs pour gouverner le pays.

La Première guerre mondiale change les données. L’effondrement de l’Empire ottoman et la promesse britannique d’accorder la Syrie au hachémite Fayçal favorise les partisans de la Grande Syrie, principe d’une nation arabe indépendante. Les Arabes de Palestine tiennent, en 1919, un premier congrès où ils définissent la Palestine comme la Syrie du sud.

En 1920, l’alyah des juifs des pays musulmans

À travers les générations, les Juifs des pays musulmans ont toujours exprimé leur attachement à la Terre d’Israël, dans leurs prières et coutumes, dans la poésie et la chanson, dans les pèlerinages (la Zi’ara), dans le paiement d’une taxe telle que la donation de Jérusalem, et même par l’alya d’environ 50 000 d’entre eux.

Pour les premiers pionniers du retour en Israël

Les premiers pioniers juifs d’Israël n’avaient aucune intention de chasser les descendants des Musulmans arabes qui avaient envahi la Palestine en 638, sans autre droit que celui de leurs armes. Ils pensaient seulement y trouver, eux aussi, leur patrie. Car, s’il est une terre au monde où les Juifs peuvent se considérer chez eux, c’est bien la Judée, qui porte leur nom.

Création de l’État de Jordanie, 25 mai 1923

En décembre 1920, le nouveau roi d’Irak, Abdallah, se dirige vers la frontière de Transjordanie : son intention affichée est de rassembler des forces pour combattre les Français qui viennent d’envahir la Syrie. Les Anglais le persuadent de renoncer à son projet et de céder le trône d’Irak à son frère Fayçal, chassé de Syrie : ils lui proposent l’émirat de Transjordanie.

C’est ainsi, sans consulter ni les Juifs ni les Arabes de Palestine, que la Grande-Bretagne a amputé 95 000 kilomètre carrés – sur les 120 000 du territoire palestinien placé sous Mandat, soit toute la région à l’est du Jourdain. Ce territoire à été administré par la Grande-Bretagne comme territoire sous mandat jusqu’en 1946.

En 1949, l’émirat de Transjordanie devient le royaume Hachémite de Jordanie, un État véritablement reconnu comme partie intégrante du Proche-Orient.

Par la création de ce royaume de Jordanie, la Palestine historique est amputée d’environ 80 % de son territoire original à l’est du Jourdain. C’est ainsi que ce territoire se trouve exclu arbitrairement du Foyer national juif par l’Angleterre.

Distribution illégale des terres

Contrairement aux termes du mandat, l’Angleterre distribua des terres fertiles à des nomades bédouins arabes qui ne les cultivèrent même pas et se bornèrent à les vendre à des immigrants juifs à des prix exorbitants. Devant cet état de chose, les Juifs allèrent de déception en déception, perdirent confiance, mais se réjouirent quand même d’avoir pris pieds sur la terre de leurs ancêtres.

La violence en Palestine, février 1920

Après la chute du régime de Faycal à Damas sous les attaques des troupes françaises, l’idée de la Palestine comme région de la Syrie du sud est abandonnée. Les Arabes locaux commencent à se définir comme Palestiniens, tournant leurs efforts vers le rejet du Foyer national juif et vers l’instauration d’un gouvernement arabe palestinien représentatif.

Les notables, les grands féodaux arabes de Jérusalem, réveillent et attisent dans la masse le ferment nationaliste. Apparaît alors le plus acharné, un démagogue arabe de Jérusalem, Hadj-Amin-el-Husseini. Il est le principal responsable de l’agitation qui, dès février 1920, saisi la foule arabe.

Les colonies juives de Haute-Galilée, Tel-Haï, Kfar Guiladi, Metoulla, sont attaquées par des arabes armés de couteaux. Il a dix morts. À Jérusalem, à l’occasion de la Pâque, les Arabes attaquent les Juifs à coups de pierres, de matraques, de couteaux, pillent maisons et magasins.

Cent quatre-vingt Juifs sont blessés, plusieurs à mort. Jabotinski est trouvé coupable d’avoir organisé la défense des Juifs sauvagement attaqués.

Dans un but d’apaisement, le gouvernement britannique nomme Haut-commissaire, Sir Herbert Samuel, un israélite anglais. Arrivé le 1er juillet 1920, il proclame une amnistie générale, Jabotinski est libéré, mais aussi Had-Amin-el-Husseini qui devient, en 1921, Grand Mufti de Jérusalem, chef suprême des Arabes de Palestine.

Les Britanniques proposent à plusieurs reprises de créer une Agence arabe ou encore un Conseil législatif où les Arabes auraient eu la majorité ; loin de saisir ces occasions, le Grand Mufti et son entourage les repoussent avec fureur. Ils n’acceptaient pas de composer avec les Juifs. Leur objectif est clairement exprimé dès ce moment là : la liquidation de la présence juive en Palestine à la fin du Mandat britannique, et la création immédiate d’un État palestinien purement arabe.

Devant le refus britannique d’accéder aux demandes arabes, le défilé juif du 1er mai 1921 à Jaffa est attaqué par des contre-manifestants arabes, et à Tel-Aviv, on tue des Juifs sans défenses, tel le poète Haïm Brenner et sa famille.

Tandis qu’on laisse armes et munitions aux Arabes, tout Juif porteur d’un revolver est arrêté. La police palestinienne, en majorité arabe et anglaise, ferme les yeux sur les méfaits organisés par des chefs religieux musulmans arabes.

Les Britanniques finissent par se rendre aux demandes arabes, ils limitent l’immigration juive en Palestine. Les Arabes, qui croyaient pouvoir atteindre par la violence leur principal objectif : l’abolition du Foyer national juif, sont déçus. Leurs leaders, perplexes quant à l’utilité de la violence, se tournent pour une courte période vers la lutte politique.

Soulèvement sanglant contre les Juifs en 1929

De Jérusalem, un soulèvement sanglant déferle sur tout le pays avec une ampleur et une violence sans précédent. Il met fin à la mixité dans les quartiers judéo-arabes et les Juifs de Naplouse (Sheshem), Jénine et Gaza abandonnent ces villes. À Hébron, le 23 août 1929, selon le témoignage de Sir John Chancellor, on déplore « des meurtres sauvages perpétrés sur des membres sans défense de la communauté juive, sans égard pour l’âge ou le sexe et accompagnés d’actes de férocité indicibles, incendies des fermes et des maisons, dans les villes et les campagnes, pillage et destruction des biens ».

Publication d’un Livre blanc, octobre 1930

La réponse de l’administration britannique à tous ces crimes fut la publication d’un Livre blanc qui limitait l’immigration juive en Palestine et, d’autre part, décidait de mesure draconiennes qui devaient empêcher les Juifs de s’armer pour leur défense.

Création de mouvements clandestins de résistance juive

Pour les juifs, il ne leur restait qu’à organiser clandestinement leur résistance. C’est à quoi répond la création de la Hagana de Jabotinsky, à quoi s’ajouteront les organisations parallèles de l’Irgoun et du groupe Stern.

Les Juifs d’Europe essaient de se réfugier en Palestine

Jusqu’ici, malgré une situation explosive, les communautés juive et arabe collaboraient tant bien que mal. Sous le mandat britannique, elles avaient quand même un certain nombre de points et de problèmes communs. Cependant, à partir de 1935, les pays arabes voisins manifestèrent une violente opposition à l’immigration clandestine des Juifs, immigration qui était surtout provoquée par les persécutions nazies. Dès ce moment, un antagonisme commence à naître entre les deux communautés.

En 1936, les Arabes se constituent en groupe de guérilla, avec le soutien des pays arabes voisins, et s’en prennent aussi bien aux colonies juives qu’aux Britanniques présents en Palestine.

L’Angleterre propose une solution de règlement

La Grande-Bretagne tentait à présent de résoudre le conflit qui allait en s’aggravant. Elle chargea une commission d’étude du problème qui recommanda, de 1936 à 1938, de partager ce qui restait du territoire de la Palestine (c’est à dire à peine 30 % du territoire de la Palestine historique) en un État arabe et un État Juif avec une enclave britannique. Les dirigeant de la communauté juive en acceptèrent le principe comme base de discussion.

Les Arabes accueillirent la proposition par un refus net et la repoussèrent. Les Arabes, ne trouvant pas d’issue pour faire annuler en entier les promesses de l’Angleterre aux Juifs, se tournèrent vers l’Allemagne et furent par la suite soutenus par le gouvernement nazi dans l’exécution de leurs crimes contre les Juifs.

Le dirigeant incontesté de la communauté arabe palestinienne était le Mufti de Jérusalem, Haj Amin el-Husseini, qui s’empressa de se joindre aux nazis et vécut à Berlin auprès d’Hitler durant toute la deuxième Guerre mondiale.

Tandis que David Shaltiel, parti chercher des armes en Europe, se fait coffrer par la Gestapo et envoyer à Dachau et Buchenwald jusqu’au 18 mars 1939, le Grand Mufti de Jérusalem se fait ravitailler en armes par Hitler. Exilé par les Anglais, en juillet 1937, il continue son action à Bagdad où l’accueille Nouri-Saïd.

En 1941, le Grand Mufti de Jérusalem épouse la cause des nazis et se réfugie à Berlin auprès d’Hitler auquel il offre la collaboration d’une brigade de Waffen SS arabes. Accompagné d’Eichmann, il visite les chambres à gaz d’Auschwitz et encourage la solution finale à la question juive.

Alors que la persécution des Juifs fait rage en Allemagne, en Autriche et en Tchécoslovaquie, les Arabes de Palestine continuent de se livrer à de sauvages agressions contre les Juifs. Le 4 octobre 1938, 19 Juifs sont brûlés ou poignardés à Tibériade. La synagogue est incendiée.

À cela, l’Administration britannique répond par un nouveau Livre blanc, le 17 mai 1939, qui limite pour cinq ans l’immigration juive.

(Source : Michel Riquet, L’équivoque palestinienne)

Population palestinienne entre 1922 et 1945

Elle avait plus que quintuplé. La majorité des terres marécageuses et sablonneuses qui appartenaient aux Arabes avaient été achetées par les immigrants juifs à des prix très élevés.

Après la défaite des nazis en Europe en 1945

Le retour en Palestine de certains chef arabes qui avaient résidé durant la guerre en Allemagne fut néfaste aux Juifs. Ces nationaliste nazifiés continuèrent d’attiser la haine antisémite.

Influence de la communauté juive sur la population arabe de Palestine

Si de 1919 à 1948 la population juive de Palestine s’est accrue de 483 000 personnes, la population arabe a elle aussi augmenté de 558 085 personnes. Mais la natalité n’est pas le seul facteur de cet accroissement, alors que la mortalité infantile est de 150 pour mille naissances.

Avant 1922, la population arabe était en baisse

C’est seulement après 1922 que les Arabes commencèrent à affluer de Syrie, d’Irak, du Liban, de Transjordanie et d’Égypte. On trouve encore aujourd’hui, sur la rive Ouest, la preuve de ces immigrations. Ainsi deux des familles les plus importantes de la région sont les clans Djaabari et Masri. Or le nom de Djaabari est le nom d’un village d’Irak, et Masri est le nom arabe d’Égypte.

En 1943, la population non juive de Palestine avait augmenté de 75 %

Comme le fait remarquer un rapport de l’UNRWA : après 1931, les emplois et, d’une façon générale, le développement de l’industrie plus rapide en Palestine que dans les pays arabes voisins, ont attiré de nombreux ressortissants de ces pays, bien souvent sans que les autorités britanniques aient enregistré leur entrée sur le territoire. C’est ainsi qu’en 1922, la population de la Palestine sous mandat britannique qui était de 752 048 personnes, passe au 31 décembre 1943 à : 502 912 Juifs, 131 281 Chrétiens et 394 522 Arabes, pour une population totale de 1 676 571 personnes.

Pendant cette même période, les Arabes bénéficient d’un libre accès en Palestine mais l’immigration juive est limitée, puis interdite par les Arabes et les Britanniques Les Juifs auraient pu constituer une majorité en Palestine si on leur avait permis d’entrer, comme le prévoyait le mandat accordé aux Britanniques par la défunte Société des Nations. Il en fut autrement, et des millions de Juifs ne purent immigrer dans leur patrie, la Palestine, et furent exterminés par les nazis. L’Holocauste nazi empêcha qu’une majorité juive soit constituée en Palestine.

Les conséquences bénéfiques de l’augmentation de la population juive en Palestine

L’augmentation de la population juive en Palestine est loin d’avoir d’entraîné un appauvrissement du pays. Elle y apporta une richesse et une augmentation de l’emploi telles que les Arabes des pays voisins y sont venus travailler et s’y fixer.

C’est ce que tenait à souligner, dans une déclaration à la BBC le 23 mai 1939, Lloyd George : « l’immigration juive a élevé le niveau de vie des Arabes en Palestine. Leurs salaires ont triplés. Leur hygiène s’est améliorée grâce aux institutions médicales et aux aménagements sanitaires réalisés par les Juifs ».

En de nombreuses régions, l’eau est abondamment fournie pour l’irrigation, l’énergie électrique et les besoins domestiques. La malaria disparaît grâce à l’assèchement des marais. Grâce à l’exemple juif également, les méthodes primitives de culture se transforment petit à petit. Aucun Arabe n’est exproprié de sa terre contre son gré. Les Juifs achètent des marais infestés par la malaria, ainsi que des collines pierreuses, en les payant à leurs propriétaires arabes à des prix exorbitants. Ensuite, ils drainent ces marécages, irriguent les déserts, les fertilisent et les ensemencent jusqu’à ce que la terre de Canaan, où coulait jadis le lait et le miel, apparaisse à nouveau.

Résolution 181 de l’ONU, 31 août 1947

Le 31 août 1947, le Comité spécial de l’ONU pour la Palestine (UNSCOP) recommanda la fin du mandat britannique et « le partage de la Palestine en deux États indépendants, l’un arabe et l’autre juif, destinés à être liés par une union économique avec un statut international pour Jérusalem ». Les Juifs acceptent les recommandations de la résolution 181. Les Arabes de Palestine et les gouvernements de tous les États arabes, refusent d’accepter les recommandations de la résolution 181, et font savoir qu’ils s’opposeront par la force à l’application de ces recommandations.

Position de la Grande-Bretagne sur la résolution 181 de l’ONU

La Grande-Bretagne déclare qu’elle n’appuierait pas l’application de la résolution 181 des Nations Unies et refuse l’entrée en Palestine à une autre commission de l’ONU. Elle borne sa responsabilité au maintien de la loi et de l’ordre jusqu’à la fin de son mandat. Les Britanniques sont neutres en principe, mais en fait Bevin et le Foreign Office soutiennent l’annexion par Amman de la partie arabe du plan de partage.

En septembre 1947, rien n’est joué lorsque se réunit l’Assemblée générale de l’ONU

Les dix pays arabes et musulmans membres de l’ONU n’ont qu’à rallier neuf autres pays pour éviter qu’une majorité des deux tiers n’entérine le partage de la Palestine. Les délégués du Yshouv (terme qui désigne l’ensemble des Juifs installés en Palestine entre 1882 et 1948) font porter tous leurs efforts diplomatiques sur les pays d’Amérique du Sud. En cela, ils sont puissamment aidés par les personnalités marquantes suivantes :

. Jorge Garcia Branados, guatémaltèque membre de l’UNSCOP,
. Ossvaldo Aranha, brésilien, président de l’Assemblée générale de l’ONU,
. Harry S.Truman, président des États-Unis, qui joua un rôle décisif.

Le 29 novembre 1947, l’ONU adopte le plan de partage de la Palestine (Résolution 181)

Le plan de partage est adopté par 33 voix pour, 13 contres et 10 abstentions.

On voté pour : Australie, Belgique, Bolivie, Brésil, Biélorussie, Canada, Costa Rica, Tchécoslovaquie, Danemark, République Dominicaine, Équateur, France, Guatemala, Haïti, Islande, Liberia, Luxembourg, Hollande, Nouvelle-Zélande, Nicaragua, Norvège, Panama, Paraguay, Pérou, Philippines, Pologne, Suède, Ukraine, Afrique du Sud, Uruguay, URSS, États Unis, Venezuela.

On voté contre : Afghanistan, Cuba, Égypte, Grèce, Inde, Irak, Liban, Pakistan, Arabie Saoudite, Syrie, Turquie, Yemen.

Se sont abstenus : Argentine, Chili, Chine, Colombie, El Salvador, Éthiopie, Honduras, Mexique, Angleterre, Yougoslavie.

Immédiatement après l’adoption de la résolution 181, les États arabes, du haut de la tribune de l’ONU, proférèrent la menace de briser par la force le plan de partage de la Palestine.

Le 30 novembre 1947, le lendemain de l’adoption du vote de la Résolution 181 des Nations Unies

L’Agence juive confirme son acceptation de la décision prise par les Nations Unies. Les gouvernements arabes et les dirigeants arabes palestiniens, furieux, refusent d’accepter la résolution. En riposte, le Haut comité arabe de Palestine proclame la grève générale et un autobus juif est attaqué sur la route de Jérusalem.

Deux mois avant la déclaration de l’indépendance du jeune État d’Israël

L’Angleterre avait commencé à mettre tout en oeuvre pour faciliter l’invasion du futur État d’Israël par les armées de la Ligue arabe, dont celle de Kawoukji, qu’elle introduit clandestinement dans le pays deux mois avant son retrait officiel, alors que la flotte de guerre anglaise envoyée par Londres maintenait le blocage de la Palestine pour empêcher des armes de parvenir au futur État d’Israël.

La réplique à ce blocus fut un pont aérien établi par le gouvernement soviétique, organisé à partir de la Tchécoslovaquie, qui achemina armes et matériels militaires au jeune futur État d’Israël, qui en avait un besoin urgent pour assumer sa défense.

L’État d’Israël premd forme le 17 avril 1948

Un Conseil national formé de 37 membres qui viennent des comités exécutifs de l’Assemblée du Yshouv et de l’Agence juive est crée. Il choisit 13 de ses membres pour former l’Exécutif national.

Ces deux institutions mettent rapidement en place des services gouvernementaux de justice, de police, de poste, d’impôts, de santé et d’aide sociale. Elle ratifient le texte définitif de la Déclaration d’indépendance préparé par Ben Gourion et approuvent le nom du nouvel État : Israël.

Déclaration de l’indépendance d’Israël

Le 14 mai 1948, le Conseil national proclame la naissance de l’État d’Israël en accord avec le plan de partage de la Palestine, Résolution 181 de l’ONU. La Proclamation de l’indépendance d’Israël se présente formellement sous la forme d’un document de près de 700 mots (en hébreu) contresigné par les 37 membres du « Conseil du Peuple » qui se transformait en organe législatif provisoire sous la dénomination du Conseil provisoire de l’État.

Reconnaissance de l’État d’Israël

Le 15 mai 1948, les États-Unis reconnaissent l’État d’Israël de facto et, deux jours plus tard, l’URSS reconnaît de jure le nouvel État. L’adoption de la Résolution 181 par l’Assemblée générale de L’ONU, le 29 novembre 1947, avait ouvert la porte à cette étape.

Le 15 mai 1948, fin de la domination étrangère sur la Terre d’Israël

Les troupes britanniques évacuent le pays le 15 mai 1948. Leur départ met fin à 1 800 ans de domination étrangère sur la Terre d’Israël.

Mais avant de partir, les Britanniques font encore plus pour faciliter la tâche aux armée arabes qui s’apprêtaient à envahir et détruire le jeune État d’Israël : ils transfèrent leurs bases militaires avec tout leur équipement aux arabes, et placent le général anglais Glubb Pacha à la tête de la Légion arabe de Transjordanie pour la commander, et des officiers britanniques pour l’encadrer.

Le 15 mai 1948, invasion du territoire d’Israël

Le 15 mai 1948, à l’aube, quelques heures à peine après la proclamation de l’indépendance d’Israël, les armées de l’Égypte, de la Syrie, du Liban et de l’Irak, ainsi que la Légion arabe de Transjordanie commandée par le général anglais Glubb Pacha et des officiers britanniques, appuyées par des contingents de l’Arabie Séoudite, envahissent le jeune État d’Israël. Le but de l’invasion fut défini par le Secrétaire général de la Ligue arabe du temps, Azzam Pacha, en ces termes :

« Cette guerre sera une guerre d’extermination et de massacre. On en parlera comme des massacres mongols et des Croisades ». BBC, 15 mai 1948.

Le 7 janvier 1949, accord d’Armistice de Rhodes, cessez-le-feu, et conséquences de l’agression arabe

Le 11 septembre 1948, l’Assemblée générale de l’ONU adoptait une résolution appelant les parties à négocier la paix et créait une Commission de réconciliation en Palestine, qui comprenait les États-Unis, la France et la Turquie. Toutes les délégations arabes votèrent contre cette résolution.

Les États arabes mirent comme préalable aux négociations l’acceptation par Israël du partage voté en 1947 par l’ONU, qu’ils avaient pourtant eux-mêmes rejeté à l’époque. Le but de cette manœuvre était évidemment de faire apparaître les Arabes comme les défenseurs du droit international.

L’opinion internationale accepta mal ce tour de passe-passe, qualifié de « doctrine de la guerre à responsabilité limitée ». Selon cette théorie, un agresseur peut rejeter une décision de compromis votée par l’ONU, puis « jouer à la guerre » dans la certitude que s’il perd, il peut demander que le compromis initial soit rétabli.

Le 7 janvier 1949, le cessez-le-feu est imposé sous la pression conjointe des Anglais et des Américains. L’Égypte accepte de négocier la fin des combats. Le 24 février 1949, Israéliens et Égyptiens signent à Rhodes, sous l’égide de l’ONU, un accord d’armistice.

Cet accord règle dans l’immédiat les questions militaires et ouvre la voie à des négociations de paix. Israël tient tous les territoires qui lui avaient été attribués par l’ONU, ainsi que la Galilée occidentale, la partie juive de Jérusalem et le corridor de Jérusalem, soit une superficie d’un tiers supérieure au partage de l’ONU.

L’Accord d’armistice garantit à chacune des parties le droit à la sécurité et prohibe le recours effectif ou intentionnel à la force. L’accord prévoit également que les signataires arabes empêcheraient des troupes irrégulières d’attaquer, à partir de leur territoire, les forces israéliennes, et que l’application de l’armistice serait sous contrôle des observateurs de l’ONU.

Des accords semblables sont signés avec le Liban le 23 mars 1949, la Transjordanie le 3 avril 1949, et la Syrie le 20 juillet 1949.

La guerre du Sinaï en 1956

De 1949 à 1956, les relations israélo-arabes sont été théoriquement régies par les accords d’Armistice de Rhodes.

Mais ces accords furent interprété différemment à Jérusalem et dans les capitales arabes. Les Israéliens les considéraient comme un premier pas vers la paix, tandis que les Arabes y voyaient un intermède, et déclaraient qu’ils étaient toujours en état de guerre.

Le 26 juillet 1956, du fait de « l’état de belligérance », l’Égypte se considéra autorisée à fermer le canal de Suez aux navires israéliens.

Le 1er septembre 1956, le Conseil de Sécurité de l’ONU statua que l’Égypte ne pouvait pas demeurer en état de belligérance et lui donna l’ordre d’ouvrir le canal au trafic israélien.

L’Égypte refusa. Elle ajouta l’installation de batteries à Charm-El-Cheikh et empêcha les navires israéliens de passer à travers le détroit de Tiran. De plus, l’Égypte organisa des opérations de feddayin (commandos terroristes) au coeur même du territoire israélien.

L’article III de l’Armistice de Rhodes contenait au paragraphe 2 une clause selon laquelle « les forces paramilitaires de chacune des parties, y compris d’éventuelles forces non régulières, ne commettront pas d’acte militaire ou hostile contre les forces militaires ou paramilitaires de l’autre partie, où contre des civils du territoire sous contrôle de cette partie ».

Le paragraphe 3 du même article établissait qu’aucun acte de guerre ou acte d’hostilité ne serait conduit à partir de territoires contrôlés par l’une des parties engagées dans cet accord, contre l’autre partie.

Pendant les six années durant lesquelles cet état de belligérance régnait, Israël dénombrait 1 843 cas de vol à main armée et de brigandage, 1 339 cas d’accrochage avec des forces égyptiennes, 345 cas d’incursions à partir des territoires sous contrôle égyptien, 172 cas de sabotage perpétrés par des unités militaires égyptiennes ou des feddayin en territoire israélien. Au total : 172 cas de sabotage causant de lourdes pertes, soit 364 Israéliens blessés et101 tués. Pendant la seule année de 1956, ces agression égyptiennes ont entraîné la mort de 28 Israéliens et causé 127 blessés ».

En 1955, l’Égypte commença à importer des armes du bloc soviétique. En 1956, le président égyptien Nasser nationalisa le canal de Suez. En octobre 1956, Nasser fit alliance avec la Jordanie et intensifia les attaques de feddayin contre Israël. C’est alors seulement qu’Israël organisa des opérations défensives contre l’Égypte et procéda à l’occupation de Gaza et du Sinaï.

« Ignorer tout ces raids égyptiens et traiter Israël comme s’il était l’agresseur et l’Égypte comme si elle était l’innocente victime, est une faute grave en politique, indéfendable dans son principe et en fait entièrement irréaliste et impraticable. »

Les États-Unis rejoignirent cependant l’Union soviétique dans une attitude hostile à Israël. Le président Eisenhower contraignit, par des pressions diverses, les Israéliens à évacuer Gaza et le Sinaï en 1957. En contrepartie, il promit à Jérusalem que le canal de Suez serait ouvert et que la libre circulation dans le golfe d’Akaba et en mer Rouge serait garantie par Washington et par l’ONU.

Cette promesse devait être réduite à néant lors de la crise de mai 1967, qui mena à la Guerre de six jours.

La Guerre des six jours : 5 juin 1967

C’est en février 1966 que les pays arabes ont commencé à déployer un dispositif militaire contre Israël en vue d’une agression.

Le président égyptien Nasser, à la suite d’un échec militaire au Yémen, et devant une situation économique interne qui s’aggravait, fit un discours très amer dirigé contre les État-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël. La même semaine, un groupe d’officiers affiliés à l’aile gauche du parti nationaliste Baas prit le pouvoir en Syrie. Damas lança aussitôt une nouvelle campagne de terrorisme contre Israël.

Les Soviétiques exploitèrent ces faits nouveaux. Il accordèrent une aide militaire et économique accrue à la Syrie afin de menacer les intérêts pétroliers occidentaux en Irak, de mettre en danger le régime pro-occidental du roi Hussein de Jordanie, et de harceler les Israéliens.

Le Kremlin continua à soutenir Nasser sur les plans militaire, diplomatique et économique, afin de consolider l’influence soviétique en mer Rouge et de renverser le régime pro-occidental du roi Fayçal d’Arabie Saoudite.

Toute nouvelle crise au Proche-Orient provoquée par l’Égypte ou la Syrie, permettait aux Soviétiques d’introduire leur flotte en Méditerranée : mer jusqu’alors réservée à la VIe flotte américaine.

Durant cette période, les attaques terroristes contre Israël s’intensifièrent. On passa de 35 attaques en 1965 à 41 en 1966, et à 37 dans les quatre premiers mois de 1967. En outre, l’armée syrienne bombardait, avec son artillerie, les villages israéliens de Galilée à partir des hauteurs du Golan.

Israël déposa des plaintes au Conseil de Sécurité de l’ONU, mais les Soviétiques protégèrent systématiquement les Syriens en usant de leur droit de veto.

En août 1966, des hauteurs du Golan, les Syriens ouvrirent le feu contre des tracteurs israéliens sur les bords du lac de Tibériade. Les avions israéliens abattirent 6 Migs syriens.

Le 15 mai 1967, jour du 19e anniversaire de l’indépendance d’Israël, les forces égyptiennes pénétrèrent dans le Sinaï, contrairement aux accords de démilitarisation de 1957. Le 17 mai 1967, la radio du Caire, la «Voix des Arabes », proclamait : « Toute l’Égypte est dorénavant prête à une guerre totale qui mettra fin à l’État d’Israël ».

Les troupes de l’Égypte occupent Cham-el-Cheikh, verrou du golfe d’Akaba. Nasser obtient du secrétaire général de l’ONU, U Thant, le retrait des «castes bleus ».

Le 18 mai 1967, la « Voix des Arabes » annonça :

« Puisque désormais, il n’existe plus de force d’urgence internationale pour protéger Israël, nous ne patienterons plus. Nous n’allons plus porter plainte à l’ONU au sujet d’Israël. La seule méthode que nous emploierons contre Israël est une guerre totale qui aboutira à l’extermination de l’existence sioniste. »

Écho enthousiaste en Syrie, où le ministre de la Défense, le général Assad (plus tard, il deviendra le président de la Syrie) déclarait le 20 mai 1967 :

« Nos forces sont maintenant tout à fait prêtes non seulement à repousser l’agression, mais à commencer la libération en détruisant la présence sioniste dans la patrie arabe. L’armée syrienne, le doigt sur la gâchette, est unie… Moi, en tant que militaire, je crois qu’il est temps d’entrer dans la bataille de libération. »

Les Israéliens protestèrent auprès de l’ONU. Lorsqu’ils avaient retiré leurs troupes du Sinaï en 1957, c’était avec l’assurance que les « caste bleus » seraient stationnés à Gaza et à Charm-el-Cheikh pour empêcher les attaques terroristes et pour permettre la navigation israélienne dans le golf d’Akaba.

U Thant s’est alors envolé vers le Caire pour obtenir un délai. Nasser proclama officiellement que le détroit de Tiran et le golfe d’Akaba étaient fermés à la navigation israélienne. Cet acte de blocus constitue selon la loi internationale un « casus belli » : une agression à laquelle on peut légitimement répondre par une guerre défensive.

Nasser était conscient des conséquences éventuelles de sa politique. Le 22 mai 1967, il déclarait, devant l’armée égyptienne, et en présence de la presse internationale :

« Le pavillon israélien ne flottera pas dans le golfe d’Akaba. Notre souveraineté sur l’entrée du Golfe ne peut être contestée. Si des désirs d’Israël sont de nous faire la guerre, nous lui disons : soyez les bienvenus. »

En mai 1967, les Syriens avaient envoyé à Nasser un rapport alarmant, selon lequel Israël avait concentré 19 brigades sur leur frontière. Ce rapport fut présenté plus tard comme le motif réel de l’entrée des troupes égyptiennes dans le Sinaï. En fait, dès le mois de mars 1967, Gromyco avait conseillé à Nasser de retirer certaines troupes du Yémen et de les déployer dans le Sinaï afin d’exercer une pression militaire sur Israël.

Les États-Unis et L’ONU adressèrent pour leur part des rapports précis selon lesquels Israël n’était pas en train de mobiliser. Le secrétaire général de l’ONU, U Thant, le confirma officiellement le 19 mai 1967.

L’ambassadeur soviétique en Israël, Dimitri Chouvakhine, téléphona au Premier ministre israélien, Levi Eshkol, pour lui transmettre l’accusation de Moscou selon laquelle l’État hébreux concentrait des troupes près de la Syrie. Eshkol lui proposa de l’emmener immédiatement en Galilée afin qu’il puisse voir de lui-même que l’accusation était sans fondement. Mais le diplomate soviétique répondit qu’il était sûr que Moscou n’accusait pas Israël à la légère. Il déclina l’invitation d’Eshkol.

Dans un procès qui eu lieu après la guerre en Égypte, l’ancien ministre de la Guerre, Shamseddin Badran, indiqua que le général Mohammed Fawzi, le chef d’état-major égyptien, avait personnellement examiné les rapports russe et syrien selon lesquels les Israéliens massaient des forces pour attaquer la Syrie, et avait conclu que « les Russes avaient des hallucinations ».

Le 28 janvier 1950, l’Égypte avait déjà reconnu le caractère international du détroit de Tiran lorsqu’elle envoya un message ainsi formulé à l’ambassade américaine au Caire : « Il va sans dire que le passage (à travers le détroit de Tiran) restera libre comme par le passé, conformément à la pratique internationale, et avec la reconnaissance du principe de la loi internationale. »

En 1957, 17 puissances maritimes déclarèrent à l’ONU qu’Israël avait le droit de transiter par le détroit de Tiran. La Convention sur les eaux territoriales et les zones attenantes, adoptée le 27 avril 1958 et entrée en vigueur le 10 septembre 1964 lors de la conférence de l’ONU sur le droit maritime, stipule :

« Il n’y aura aucune suspension du transit pacifique des bateaux étrangers à travers les détroits qui servent à la navigation internationale ; ni dans la haute mer, ni dans les eaux territoriales d’un État étrangers. »

En 1967, il était clair que la fermeture du détroit de Tiran constituait un « casus belli ». Le 19 juin 1967, le président des États-Unis, Lyndon Johnson, déclarait :

« Rien n’a contribué davantage à l’explosion que la décision arbitraire et dangereuse de fermer le détroit de Tiran. Le droit de passage à la marine civile doit être préservé pour toutes les nations. »

Tant par leurs paroles que par leurs actes, les dirigeants arabes indiquaient qu’ils avaient l’intention d’attaquer Israël et de détruire l’État hébreux.

Citations de discours de Nasser en mai 1967 :

« Notre objectif de base est la destruction d’Israël. Le peuple arabe veut se battre. » (27 mai 1967)

« Le blocus de Charm-el-Cheikh signifie une confrontation avec Israël. Le fait d’avoir adopté cette mesure nous oblige à nous préparer à une guerre générale contre Israël. » (27 mai 1967)

« Nous n’accepterons aucune coexistence avec Israël. Il n’est pas question de l’établissement d’une paix entre les pays arabes et Israël. La guerre avec Israël est une réalité depuis 1948. » (28 mai)

« Les armées d’Égypte, de Jordanie, de Syrie et du Liban se trouvent le long des frontières d’Israël… pour faire face au défit. Derrière nous se trouvent les armées de l’Irak, de l’Algérie, du Koweit, du Soudan et toute la nation arabe. Cette action étonnera le monde. Aujourd’hui, le monde saura que les Arabes sont prêts à se battre, que l’heure suprême est arrivée. Nous avons atteint le stade des actions sérieuses et non plus des déclarations ». (30 mai)

Le 31 mai 1967, le roi Hussein de Jordanie se rend au Caire pour y signer un pacte de défense mutuelle avec l’Égypte pour une période de cinq ans. C’était un coup dur à la diplomatie d’apaisement américaine : la Jordanie étant un allié des États-Unis. Cela signifiait qu’Israël se trouvait maintenant confronté à une alliance arabe hostile sur trois frontières.

Le 31 mai 1967, le quotidien officieux du Caire, « Al Akhbar » , écrivait :

« Après les accords militaires signés avec la Jordanie, l’artillerie jordanienne, alliée aux forces d’Égypte et de Syrie, est en mesure de couper Israël en deux à Kalkilia, à l’endroit où le territoire israélien ne présente que 12 kilomètres de largeur, entre la ligne d’Armistice jordanienne et la mer Méditerranée. L’encerclement militaire d’Israël par les forces arabes… justifiera la crainte de Ben Gourion selon laquelle Israël se trouverait dans la gueule du loup. »

Nasser resserra encore plus le noeud autour d’Israël le 4 juin 1967, en persuadant un autre pays arabe, l’Irak, de joindre son alliance.

Le 31 mai 1967, le président irakien Aref déclarait :

« L’existence d’Israël est une erreur qui doit être rectifiée. Nous avons maintenant l’occasion d’effacer l’ignominie qui existe depuis 1948. Notre but est clair &endash; effacer Israël de la carte. »

Israël se trouvait devant une double menace. Il était entouré d’armées capables d’utiliser des armes soviétiques sur toutes ses frontières, ainsi que des armes américaines et anglaises sur l’une d’entre elles, la frontière jordanienne.

Eilat, la fenêtre d’Israël sur l’Orient, sur l’Océan indien et sur la côte orientale de l’Afrique, était dorénavant fermée. Ce blocus du golfe a’Akaba constituait bel et bien le premier acte d’une guerre totale.

Après la Guerre des six jours, en juin 1967, Israël espérait que les États arabes reconnaîtraient enfin son existence et engageraient des négociations de paix. Au nom du gouvernement israélien d’union nationale (présidé par le travailliste Lévi Eshkol et dans lequel le dirigeant conservateur Menahem Begin était ministre d’État), le ministre israélien des Affaires étrangères, Abba Eban, précisa que tout était négociable.

Réunions de Khartoun, août 1967, les chefs d’État de la ligue arabe répliquèrent par un triple non :

« Les rois et les présidents arabes ont décidé d’unifier leurs efforts sur le plan international et sur le plan diplomatique afin d’éliminer les conséquences de l’agression et d’assurer le retrait des forces agressives d’Israël hors des terres arabes ; cela dans les limites que les États arabes s’imposent : non à la paix avec Israël ; non à des négociations avec Israël ; non à la reconnaissance d’Israël ; préservation des droits des Palestiniens dans leur cadre national. »

Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU

Le 22 novembre 1967, le Conseil de sécurité de l’ONU adoptait une résolution établissant les principes d’une négociation de paix entre Israël et les États arabes. Les Israéliens et les Arabes affirment depuis lors qu’ils « acceptent la résolution 242 ». Mais de profondes divergences existent au sens réel de ce texte.

Les Arabes insistent sur les paragraphes 1 et 2 de la résolution, mais ont toujours refusé de prendre en considération le paragraphe 3, selon lequel un représentant spécial des Nations Unies doit « établir et maintenir des contacts en vue de favoriser un accord ».

Texte de la Résolution 242, tel qu’adopté le 22 novembre 1967 par le Conseil de sécurité de l’ONU

« Le Conseil de sécurité,

Exprimant sa préoccupation constante devant la grave situation qui prévaut au Proche-Orient,

Soulignant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre, et la nécessité d’oeuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre dans la sécurité,

Soulignant d’autre part que tous les États membres de l’ONU, en acceptant la Charte des Nations Unies, se sont engagés à agir en conformité avec l’article 2 de cette Charte,

1) Affirme que le respect des principes de la Charte exige l’établissement d’une paix juste et durable au Proche-Orient, qui reposerait notamment sur l’application des deux principes suivants :

I- Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit.
II- Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de leur droit de vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues, dégagées de toute menace ou de tout acte de violence.

2) Affirme, d’autre part, la nécessité :

a) de garantir la liberté de navigation à travers les voies d’eau internationales de la région ;
b) d’apporter une juste solution au problème des réfugiés ;

c) de garantir l’inviolabilité territoriale et l’indépendance politique de chaque État de la région, à travers divers mesures telles que, notamment, l’établissement de zones démilitarisées.

Prie le Secrétaire général de l’ONU de désigner un Représentant spécial qui sera chargé d’établir et de maintenir des contacts avec les États concernés, et d’appuyer touts efforts en vue de parvenir à une solution pacifique et acceptée, conformément aux dispositions et aux principes de la présente résolution.

Prie le Secrétaire général de transmettre le plus vite possible au Conseil de sécurité des rapports sur les efforts du Représentant spécial ».

Adoptée à l’unanimité à la 1382° séance.

14 mai 1948 »

Texte de la Résolution 338 du Conseil de sécurité de l’ONU, adopté le 22 octobre 1973

« Le Conseil de sécurité,

Appelle toutes les parties engagées dans les présents combats à cesser le feu et à mettre fin immédiatement à toute activité militaire, dans un délai maximum de douze heures après l’adoption de la présente décision, et ce, dans les positions qu’elles occupent actuellement ;

Appelle toutes les parties concernées à commencer à mettre en application, dès le cessez-le-feu, la résolution 242 du Conseil de sécurité, dans toutes ses parties ;

Décide que des négociations commenceront entre les parties, immédiatement et concurremment avec la mise en place du cessez-le-feu, sous les auspices appropriés, dans le but d’établir une paix juste et durable au Proche-Orient ».

Adoptée à la 1747° séance par 14 voix contre zéro.

Sens juridique de la Résolution 242

Un désaccord existe quant à l’interprétation de l’alinéa 1 du premier paragraphe de la Résolution 242. Le texte anglais de la résolution dit précisément :

« Withdrawal of Israel’s armed forces from territories occupied in the recent conflict », ce qui se traduit par : « Retrait des forces armées israéliennes de territoires occupés au cours du récent conflit. »

Le texte français de la résolution indique par contre :

« Retrait des forces israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit. »

Selon Lord Caradon, rédacteur de la Résolution 242 en 1967, c’est bien le texte anglais qui fait foi. Les gouvernements d’Israël et des États-Unis considèrent donc que la Résolution 242 fait obligation à l’État hébreu d’évacuer certains territoires acquis au cours de la guerre des Six Jours, mais pas tout le territoire. Les États arabes considèrent au contraire qu’Israël doit revenir aux lignes de cessez-le-feu en vigueur le 4 juin 1967, à la veille de la guerre.

Il est à noter que le mot anglais « all » (tous) a été soigneusement évité : « Withdrawal from territories » et non pas : « Withdrawal from all the territories ». Ce qui confirme l’interprétation israélo-américaine.

Arthur Goldberg, représentant des États-Unis auprès des Nations Unies en 1967, a publié le 8 mai 1973 la mise au point suivante :

« La Résolution 242 ne requiert pas explicitement d’Israël un repli sur les lignes tenues à la veille de la guerre. Les États arabes souhaitaient qu’une telle exigence fût formulée : l’Union soviétique… fit une proposition dans ce sens au Conseil de sécurité ; elle fut imitée par la Yougoslavie et quelques autres pays au cours de la session spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU. Mais ni au Conseil de sécurité ni à l’Assemblée générale, l’exigence d’un tel retrait ne reçut un soutien suffisant.

« La Résolution 242 se borne à poser le principe d’un « retrait des forces israéliennes de territoires occupés au cours du récent conflit », et le lie à un autre principe selon lequel chaque État de la région a le droit de vivre en paix dans des frontières sûre et reconnues ».

En ce qui concerne l’éventuel retrait israélien, des omissions tout à fait notables, et nullement accidentelles, portent sur les mots anglais « the », « all » et sur l’expression « The June 5, 1967 lines ».

Arthur Goldberg entend par-là que le Conseil a volontairement écarté une résolution rédigée de la manière suivante : « Withdrawal of Israeli armed forces from all the territories occupied after June 5, 1967 ». En français : « Retrait des forces armées israéliennes de tous les territoires occupés à partir du 5 juin 1967 ».

Goldberg poursuit : « La Résolution 242 parle d’un retrait des territoires occupés sans spécifier l’étendue de ce retrait. Et la présence des mots « secure and recognized boundaries » (frontières sûres et reconnues) implique que les parties peuvent effectuer des rectifications de frontières dans le cadre de leur accord de paix, rectifications qui supposeraient un retrait partiel et non complet de la part d’Israël, dans la mesure où les frontières d’avant juin 1967 se sont révélées incompatibles avec sa sécurité ».

Le 25 novembre 1973, Eugène Rostow, ancien secrétaire d’État adjoint des États-Unis, qui a joué un rôle primordial dans la formulation de la diplomatie américaine entre 1966 et 1969, écrivait dans une lettre au journal « New York Times » :

« D’un point de vue légal, Israël occupe les territoires conquis en 1967 en vertu des résolutions du Conseil de sécurité, qui ont reconnu son rôle de puissance occupante et qui interdisent de porter atteinte à sa présence jusqu’à ce que les parties engagées dans le conflit fassent la paix. L’attaque armée du 6 octobre 1973 (la guerre du Kippour) constitue donc la violation la plus flagrante de la Charte des Nations Unies depuis l’invasion de la Corée du sud par les troupes nord-coréennes, le 25 juin 1950, invasion qui, elle aussi, avait pour but officiel de « reprendre possession du territoire national ».

La Résolution 242 se réfère aussi à la liberté de navigation dans les voies d’eau internationales, ce qui signifie que les navires israéliens doivent circuler librement par le canal de Suez et par le golfe d’Akaba. Après l’adoption de la résolution, Nasser déclarait : « Quel que soit le prix à payer, nous ne permettrons pas à Israël d’emprunter le canal de Suez. »

Problème des réfugiés

La Résolution 242 mentionne aussi « une juste solution au problème des réfugiés ». Les États arabes prétendent que cette phrase prescrit le rapatriement de tous les réfugiés arabes palestiniens. Mais l’emploi du mot « réfugiés » sans adjectif indique que les deux problèmes de réfugiés du Proche-Orient doivent être résolus simultanément : celui des réfugiés arabes et celui des réfugiés juifs.

Au cours des discussions portant sur la Résolution 242, les États arabes ont souvent observé que, même s’ils acceptaient pour leur part ce document, les Palestiniens, quant à eux, ne pouvaient renoncer à leur droit naturel : la libération de la Palestine et le remplacement de l’État d’Israël par un État arabe palestinien. L’application de la Résolution 242 ne constitue donc, pour les États arabes, qu’une étape dans la lutte contre Israël, et non pas, comme le texte même de la Résolution 242 l’indique clairement, la fin du conflit israélo-arabe.

L’Égypte voulait attaquer Israël

En 1971, dans un discours prononcé à l’occasion de l’anniversaire de la Résolution nassérienne, le président égyptien Sadate lança un ultimatum aux États-Unis et à Israël. Il se déclarait prêt « à sacrifier un million de soldats et à rejeter la Résolution 242 de L’ONU si l’année 1971 se terminait sans décision ». Sa menace ne se concrétisa pas cette année-là.

Au cours de l’année 1972 et au début de 1973, Sadate continua de menacer de reprendre les hostilités à moins que les États-Unis n’acceptent son interprétation de la Résolution 242, tendant à un retrait total des Israéliens des territoires conquis en 1967.

Simultanément, le leader égyptien menait une offensive diplomatique auprès des États européens et africains afin d’obtenir leur soutien. Il demanda aux Soviétiques de faire pression sur les États-Unis, mais aussi de lui fournir des armes offensives, adaptées à une traversée éventuelle du canal de Suez.

Les Soviétiques étaient alors plus intéressés par le maintien d’un semblant de détente avec les États-Unis que par une confrontation au Moyen-Orient. Ils rejetèrent les demandes de Sadate. En réplique, Sadate fit expulser environ 20 000 conseillers soviétiques d’Égypte.

Dans une interview donnée au magazine « Newsweek » le 9 avril 1973, Sadate menace de nouveau de reprendre la guerre.

Guerre du Kippour

Dans un discours prononcé le 26 septembre 1973, Sadate affirmait : « Si je veux rouvrir le canal de Suez, je n’ai pas à demander l’autorisation des États-Unis ou d’Israël. Mais le problème n’est pas seulement celui du canal… Il y a la question de la Palestine, la question de la libération des terres occupées. »

Le 6 octobre 1973, jour de Kippour (la fête la plus solennelle du calendrier Juif), l’Égypte et la Syrie lancèrent par surprise une attaque coordonnée contre Israël.

Sur les hauteurs du Golan, quelques 180 chars israéliens durent faire face à une force blindée syrienne évaluée à 1 400 chars. Le long du canal de Suez, 500 soldats israéliens, qui tenaient des fortins de la « ligne Bar-Lev », furent attaqués par 70 000 Égyptiens.

Le 16 octobre 1973, dix jours après le début des hostilités, Sadate et le président syrien Assad dévoilèrent leurs véritables objectifs de guerre. Pensant encore à ce moment que les Arabes étaient vainqueurs, bien que les forces égyptiennes eussent subit divers revers militaires, Sadate déclara que : « L’Égypte poursuivra la lutte jusqu’à ce qu’elle ait reconquis les territoires perdus en 1967 et jusqu’à ce que les droits légitimes du peuple palestinien soient rétablis ». Formule qui suppose la destruction de l’État d’Israël.

Se tenant sur la défensive pendant les deux premiers jours de l’attaque, Israël mobilisa ses réservistes, rejeta les envahisseurs et porta la guerre en territoire ennemi. L’U.R.S.S. livra par pont aérien un armement perfectionné aux États arabes, tandis que les États-Unis essayaient d’imposer un cessez-le-feu. Neuf autres États arabes entrèrent progressivement dans la bataille, notamment la Lybie, le Maroc et la Jordanie. C’est alors seulement que les États-Unis commencèrent à leur tour à approvisionner Israël par un pont aérien.

L’Égypte fut sauvée d’une défaite désastreuse par le Conseil de sécurité de l’ONU qui imposa un cessez-le-feu lorsque les troupes du général Sharon eurent franchi le canal de Suez et marché vers Le Caire. Le même Conseil de sécurité n’avait pas réagi lors de l’attaque contre Israël, tant que le sort avait paru favorable aux Arabes.

Neuf pays arabes, et quatre pays du Proche-Orient au moins, ont activement appuyé l’agression égyptienne et syrienne.

Conclusion

L’histoire du Peuple Juif du Proche-Orient que nous venons d’étudier démontre qu’il s’agit bien ici d’un droit naturel, légitime et pacifique de retour dans sa patrie ancestrale, Israël.

En 1923, en accord avec le droit international, la Turquie a renoncé, par le traité de Lausanne, à toute revendication sur ses anciens territoires de Palestine, de part et d’autre du Jourdain, et a transmit la souveraineté sur la Palestine à la Société des Nations (SDN), qui a remis au gouvernement de Grande-Bretagne, par mandat, le territoire de Palestine.

En 1947, la Grande-Bretagne a renoncé à son mandat et a remis la Palestine à l’Organisation des Nations Unies (l’ONU), héritière de la Société des Nations (SDN).

Le 29 novembre 1947, l’ONU était donc légitimée par le droit international lorsque son Assemblée générale a été appelée à voter démocratiquement l’adoption de la Résolution 181 sur le partage de la Palestine en deux états : un État Juif et un État Palestinien (33 pays pour, 13 pays contre et 10 abstentions).

À partir de ce vote démocratique et historique de la communauté internationale, rien ne peut plus justifier le refus jusqu’à aujourd’hui des pays arabes et des Arabes palestiniens, de reconnaître l’État d’Israël, sinon, un profond mépris de la communauté internationale.

Jusqu’à aujourd’hui, il est inacceptable qu’Israël n’ait pu signer un traité de paix avec ses voisins arabes, sauf avec l’Égypte, et dans ce dernier cas, on s’est empressé, peu de temps après, d’assassiner son président qui l’avait signé : Anouar el Sadate.

Il est absurde de prétendre qu’Israël à tout fait pour faire échouer les accords d’Oslo et humilier l’Autorité palestinienne. Seul le refus de l’Autorité palestinienne de reconnaître Israël, et son désir de le détruire, ont été les véritables causes de l’échec des accords d’Oslo. Dans une négociation, lorsqu’un des partenaires ne reconnaît pas l’existence de l’autre, il est difficile d’arriver à un compromis. C’est du moins un sérieux handicap !

Israël ne peut accepter de faire la paix qu’avec un partenaire prêt à reconnaître son existence et à lui reconnaître des frontières sûres. Chaque fois qu’il trouvera un tel interlocuteur, des négociations s’engageront en vue d’un accord comme celui avec l’Égypte.

La légalité des implantations israélienne qui fait l’objet d’une large controverse, et qui sert de prétexte présentement à un harcèlement terroriste meurtrier de civils israéliens, a déjà fait l’objet d’un avis juridique du professeur de Droit International Stephen Schwebel dans le journal américain de Droit International, à l’effet qu’un État peut s’emparer d’un territoire étranger et l’occuper en toute légitimité dans l’exercice de son droit à l’autodéfense :

a) Il peut exiger, comme condition de son retrait, que des mesures soient prises afin d’assurer sa sécurité et que le territoire ne soit pas utilisé contre lui en vue d’exercer une menace.

b) Lorsque l’autorité qui occupait antérieurement ce territoire y pénètre illégalement, l’État qui s’en est emparé au titre de son droit à l’autodéfense dispose d’une légitimité supérieure à celle de l’occupant d’origine.

Au sujet des territoires occupés et des accusations proférées par l’Autorité palestinienne de violations par Israël de la quatrième convention de Genève, l’avocate Rita Hauser, qui était la représentante des États-Unis à la Commission des droits de l’homme aux Nations Unies, déclarait lors de son témoignage devant la chambre des Relations internationales du Comité de la Convention de Genève, le 21 septembre 1977, ce qui suit :

« Les restrictions contenues dans la convention relative à une puissance militaire occupante présupposent que le souverain légitime était signataire de la convention. Alors que la Judée, Samarie et Gaza étaient illégalement occupées respectivement par la Jordanie et l’Égypte ; ceci, étant le résultat du refus arabe d’accepter la résolution de partage de 1947 ». Le juriste en conclut que la convention n’est pas applicable en espèce.

Yehuda Blum déclarait à ce propos dans le journal Le Monde du 12 janvier 1978 : « Du fait que la Jordanie n’ayant jamais été le souverain légitime en Judée et Samarie, les dispositions de la quatrième convention de Genève, y compris celles de l’article 49 qui doivent protéger les droits du « souverain légitime », ne s’appliquent pas à la Jordanie. C’est pourquoi Israël n’est pas visé par ces dispositions et ne doit pas se considérer comme limité par elles dans ses actes ».

Enfin, la présence d’Israël dans les régions de Judée, Samarie et Gaza est légitime et ne peut représenter en aucun cas un obstacle à la paix au Proche-Orient comme laisse croire la propagande palestinienne.

Une seule solution peut mettre fin à l’occupation des territoires et à la création d’un État palestinien, c’est la reconnaissance de l’État d’Israël et son droit de vivre en Paix dans des frontières sûres et reconnues. Les Palestiniens et les pays arabes doivent renoncer une fois pour toute à vouloir détruire Israël.

Des frontières sûres pour Israël signifient pour l’Autorité palestinienne de négocier avec Israël pour redéfinir les frontières, qui ne peuvent plus être les mêmes qu’avant 1967, ces anciennes frontières ayant fait la preuve après de multiples guerres et agressions terroristes des pays arabes et des Arabes palestiniens, qu’elles n’étaient pas sécuritaires. Les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l’ONU, reconnaît ce droit à Israël.

Il n’y aurait jamais eu un seul réfugié arabe palestinien, ni de redéfinition de frontières si les pays arabes et les Arabes palestiniens avaient accepté en 1947 la Résolution 181 des Nations Unies, qui créait deux États en Palestine. Que de morts et de souffrances inutiles !

Jean-Marie Gélinas

Président des Amitiés Québec-Israël

Le 5 avril 2002

Bibliographie

Notre bibliographie ne prétend à aucune exhaustivité. Les ouvrages que nous vous indiquons ont été utilisés pour la recherche. Ils comportent des bibliographies auxquelles le lecteur peut se reporter.

Encyclopédie de l’histoire juive
Le Peuple juif à travers les âges
Édition Liana Levi, Éditions du Scribe

La voile de l’espoir
Simon Wiesental
Stock, 1973

Notes d’information
Centre de l’information, Jérusalem
Septembre 1975

Jérusalem, problèmes et perspectives
Ministère des Affaires étrangères
Division de l’Information, Jérusalem
Seconde édition, avril 1975

Israël, faits et chiffres
Département de l’information
Ministère des Affaires étrangères, Jérusalem, 1966-1975

Terres trop promises
Une Histoire du Proche-Orient
Charles Zorgbibe, La manufacture, 1990, Paris, France

Réalités 1988 israéliennes
Centre d’information et documentation Moyen-Orient

Israël, une réalité
Témoignage d’un Arabe
L.G. Halal, Éditions Élysée

Israël, facteur révolutionnaire dans l’existence juive
Bureau pour la recherche économique et sociale
L’Agence juive, Jérusalem, 1973

Histoire de l’État d’Israël
1982, Éditions Privat,
Toulouse, France

Jérusalem
Presses universitaires de France
Que sais-je ?
Maurice Konopnicki

Mythes & réalités au Proche-Orient
Jean-François Strouf et Christophe Wilhelm
Centre d’information et de documentation Israël Proche-Orient (CIDIP), Paris, France

Revue française de science politique
Numéro 2 – Volume 34
Presse de la fondation nationale des sciences politiques
Avril 1984

Chronique de l’Humanité
Éditions Chronique
Éditions Jacques Legrand S.A., Paris

Chronique du 20è siècle
Éditions Chronique
Éditions Jacques Legrand S.A., Paris

Le Sionisme
Les dossiers de France-Israël
Alexandre Reiter

Israël, Israël…
Histoire du groupe Stern, 1940-1948
Nathan Yalin-Mor
Presse de la Renaissance, Paris, France

Les années de pierre
Israéliens et Palestiniens, l’épreuve infinie
Sarah S. Gabbaï – Victor S. Nahmias
Éditions Balland, Paris, France

Israël cinquante ans d’État
Pierre Elyakim Simsovic
Éditions Ronald Hirle, Strasbourg, France

La vie juive en Terre sainte – 1517-1918
Renée Neher-Bernheim
Calmann-Lévy, 2001

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la guerre des 6 jours

Posté le 17.06.2007 par iisraelsionisme

merci a l’ambassade d’eretz israel

La Guerre des Six-Jours – 5 au 10 juin 1967

L’encerclement d’Israël par 5 armées coalisées.

En 1967, Israël ne s’est pas réveillé un beau matin en décidant de partir en guerre. Israël s’est réveillé avec à toutes ses frontières des armées coalisées, canon pointées sur le jeune Etat. Au nord, à l’ouest, au sud.

En 1967, la bande de Gaza est sous souveraineté égyptienne (depuis 1949). La Cisjordanie elle, ainsi que la vielle ville de Jérusalem, sont annexées par la Jordanie depuis 1950. Durant cette longue période, l’OLP n’a jamais demandé, et encore moins obtenu, d’Etat palestinien ayant Jérusalem pour capitale ; aucune « guerre de libération » n’a vu le jour. Aucun Etat arabe n’a revendiqué quoi que ce soit pour que les Palestiniens aient un Etat avec Jérusalem pour capitale…jusqu’en 1967.

En 1967, les Etats arabes ont pensé anéantir Israël.

Cette guerre, dont nous marquons le 40ème anniversaire cette année, est appelée la guerre des Six-Jours par Israël et l’Occident. Pour les Arabes, elle est nommée « guerre du revers » (an-Naksah). On dit que pour les Arabes, c’était une guerre pour la crédibilité. Pour les Israéliens, c’était une guerre de survie.

Il faut se replonger dans les mois précédents le déclenchement du conflit à proprement parler, le 5 juin 1967, pour comprendre l’étau mortel qui enserrait Israël.

Chronologie

1- La montée en puissance des provocations

Le ministre de la Défense Moshe Dayan et le Premier ministre Levi Eshkol (Photo : Ilan Bruner, Israel National Photo Collection)

1956 : les accords d’armistice de 1949 sont constamment violés. Contrairement à la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du 1er septembre 1951, les liaisons maritimes avec Israël sont entravées par l’interdiction faite aux navires à destination ou en provenance d’Israël de traverser le canal de Suez. Le blocus du détroit de Tiran est renforcé. Des incursions en Israël, à partir des pays arabes voisins, sèment la mort et les actes de sabotages se multiplient. La péninsule du Sinaï devint progressivement une immense base militaire égyptienne.

Octobre 1956 : signature de l’alliance militaire tripartite entre l’Egypte, la Syrie et la Jordanie. L’imminence de la menace contre l’existence d’Israël se précise. Au cours d’une campagne de huit jours, Tsahal (l’armée israélienne) conquiert la bande de Gaza (administrée par l’Egypte) et toute la péninsule du Sinaï, en s’arrêtant à 16 kilomètres à l’est du canal de Suez. La décision des Nations unies d’envoyer des forces d’urgence (UNEF) pour stationner le long de la frontière israélo-égyptienne et les garanties fournies par l’Egypte d’assurer la libre navigation dans le golfe d’Eilat (réouverture du détroit de Tiran) conduisent Israël à accepter une évacuation par étapes (de novembre 1956 à mars 1957) des territoires conquis par Israël quelques semaines plus tôt.

1963 – 1967 : la Syrie inaugure un projet hydraulique pour dévier le courant naturel du Jourdain et créer ainsi une grave pénurie d’eau en Israël.

8 mars 1965 : Nasser déclare :

« Nous n’entrerons pas dans une Palestine couverte de sable, mais nous y entrerons avec son sol saturé de sang. »

Gamal Abdel Nasser, Président d’Egypte

1966 : la Syrie bombarde les villages du nord de la Galilée Israël depuis le plateau du Golan ; les attaques à la frontière jordanienne sont incessantes et se manifestent par des raids terroristes meurtries et ravageurs.

Novembre 1966 : pacte de défense égypto-syrien.

22 février 1967 : le président de Syrie déclare :

« C’est le devoir de chacun d’entre nous de passer d’une position défensive à une position offensive, et de mener la bataille pour libérer la terre usurpée. (…) Chacun doit se battre jusqu’à la fin. »

Président syrien Attassi

8 avril 1967 :

« Cette bataille sera suivie de plusieurs autres, jusqu’à ce que la Palestine soit libérée et la présence sioniste prenne fin. »

Mahmoud Zubi, ministre de l’Information syrien

Avril 1967 : bombardements syriens sur les villages israéliens du nord de la Galilée.

270 « incidents » de frontière ont lieu durant le premier trimestre 1967 (explosions de mines en Israël, tentatives de meurtre, attentat sur des trains, snipers syriens tirant sur des fermiers etc.).

7 mai 1967 : la Syrie bombarde le village israélien d’Ein Gev

12 mai 1967 :

« Considérant les 14 incidents de sabotage et d’infiltration perpétrés le seul mois passé, Israël pourrait n’avoir d’autre choix que d’adopter des mesures de défense appropriées contre les auteurs de ces sabotages. »

Levi Eshkol, Premier ministre israélien

13 mai 1967 : le mensonge

Anwar el-Sadat, alors président de l’Assemblée nationale, revient de Moscou avec une information qu’il donne au Président Nasser : Israël masse 10 à 12 brigades en préparation d’une attaque contre la Syrie, qui devrait avoir lieu le 17 mai prochain. On lui a dit de s’attendre à « une invasion israélienne de la Syrie immédiatement après le Jour de l’Indépendance [d’Israël], avec le but de renverser le régime de Damas ».

L’information est fausse tout comme de précédents avertissements soviétiques.

Israël n’est pas dupe et sait que l’URSS fomentait des problèmes, pas seulement la diffusion de fausse information, mais aussi un soutien actif au terrorisme émanant de la Syrie

(Lire le compte-rendu d’Abba Eban, ministre israélien des Affaires étrangères, en anglais)

Le 1er juin 1967, le Premier ministre Levi Eshkol envoie un message au Premier Secrétaire du parti communiste, le Russe Kosygin : « Quand les organes arabes de propagande avancent l’argument selon lequel Israël concentre ses forces pour attaquer la Syrie, j’ai invité votre ambassadeur en Israël à visiter la frontière pour qu’il découvre par lui-même qu’il n’y avait aucun vérité dans cette allégation. A mon grand regret, l’ambassadeur n’a pas répondu à notre invitation. Le Chef d’Etat-major de l’UNSTO [forces de l’ONU entre la Syrie et Israël] a vérifié cette plainte et a informé le Secrétaire Général de l’ONU et les capitales de la région qu’il n’y avait pas de concentration de troupes israéliennes sur la frontière syrienne. Le Secrétaire Général a même fait une déclaration à ce sujet dans un rapport soumis le 19 mai au Conseil de Sécurité. »

A lire à ce sujet : « La guerre soviétique des Six Jours » par Daniel Pipes dans le New York Sun (29 mai 2007)

14 mai 1967 : les mouvements de troupes égyptiennes dans le Sinaï

Israël apprend que les troupes égyptiennes sont sur le pied de guerre et ont commencé à se renforcer dans le Sinaï dans « des proportions impressionnantes et avec une visibilité inhabituelle, des camions remorquant l’artillerie plein de soldats équipés au combat défilant dans les rues du Caire en plein jour » (« The Rabin memoirs », Yitshak Rabin). Les correspondants étrangers parlent de véritable armée en marche.

Arguant de son pacte de défense avec la Syrie (novembre 1966), l’Egypte émet son ordre de bataille n°1 : « (…) Elever le niveau de préparation de d’alerte complète à la guerre, début 14h30, 14 mai 1967 » (Maréchal Abd al-Hakim Amer)

15 mai 1967 : Etat d’urgence général décrété en Egypte.

L’Egypte procède à d’importants mouvements de troupes dans le désert du Sinaï.

Le Premier ministre israélien Levi Eshkol et son Cabinet envoient des unités de Tsahal à la frontière avec l’Egypte, et, dans le même temps, envoie un message à l’Egypte pour qu’il soit clair qu’Israël procède à ces mouvements pour répondre aux actions égyptiennes, non de façon agressive vis-à-vis de l’Egypte ou d’un quelconque Etat arabe.

16 mai 1967 : Détruire Israël

« L’existence d’Israël a trop duré. Nous accueillons favorablement l’agression israélienne. Nous accueillons la bataille que nous attendons depuis longtemps. (…) la bataille vient durant laquelle nous allons détruire Israël. »

Radio Caire

17 mai 1967 : L’OLP promet de continuer à envoyer des commandos en Israël

Israël rappelle des soldats de réserve et les masse sur sa frontière sud avec l’Egypte.

Chronologie

Le Secrétaire Général de l’ONU, U-Thant
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Un officier de liaison de l’UNEF (Forces d’Urgence de l’ONU) dit au revoir à un officier israélien en charge de la frontière d’Erez (entre la bande de Gaza et Israël), juste avant que les troupes de l’ONU ne se retirent (Photo : Ilan Bruner, Israel National Photo Collection)

18 mai 1967 : l’Egypte exige le départ des forces de maintien de l’ordre de l’ONU qui se trouvent dans le Sinaï depuis 1957. L’ONU s’exécute sans porter l’affaire devant l’Assemblée Générale.

« L’Egypte a décidé de mettre fin à la présence de la Force d’Urgence des Nations Unies présente en territoire de la République Arabe Unie et dans la bande de Gaza. Par conséquent, je demande que les étapes nécessaires soient prises pour le retrait de ces forces aussi tôt que possible. »

L’ambassadeur égyptien Kony au Secrétaire Général de l’ONU, U-Thant (U.N. A/6730/Add., 26 juin 1967)

Télégramme du Premier ministre israélien Levi Eshkol au Président américain Johnson (extraits) :

« (…) Vous avez raison, monsieur le Président, en disant que notre patience a atteint ses limites. Il y a eu 15 tentatives de meurtre et de sabotage ces dernières semaines. Nous n’avons pas réagi. (…) D’un autre côté, le problème ne sera pas résolu par l’inaction. Nous ne pouvons toujours compter sur la chance qui, jusque-là, a permis que les vies soient sauves. Bien que la plupart de ces actes aient été commis depuis le Liban et la Jordanie, nous avons la conviction que la Syrie en est responsable (…).

En second lieu, les Egyptiens amassent leurs blindés et leur infanterie dans le Sinaï – environ 4 divisions incluant près de 600 tanks-, le plus grand attroupement jamais vu. (…) l’Egypte sait qu’il n’y a aucun fondement aux rapports faisant état de concentration [de troupes israéliennes] contre la Syrie. Cependant, après avoir reçu des informations à ce sujet de la part de l’ONU et d’autres sources, l’Egypte a augmenté sa concentration de troupes. Ceci me pousse naturellement à engager par précaution des troupes au sud. (…) »

19 mai 1967 : l’escalade et le retrait de l’ONU

« Les activités du Fatah, consistant en des actes de terrorisme et de sabotages, sont un facteur majeur en ce qu’ils provoquent de fortes réactions en Israël, gouvernement et population réunis. Des incidents récents de ce type semblent indiquer un nouveau niveau d’organisation et d’entraînement de la part de ceux qui prennent part à ces actions. »

U-Thant, Secrétaire Général de l’ONU, réunion du Conseil de Sécurité.

La décision d’U-Thant a provoqué un grand malaise à l’ONU, comme le rapport The Times (20 mai 1967, « Complaints of Hasty Decision ») :

« D’assez nombreux pays ont le sentiment que la force [l’UNEF] n’aurait pas dû se retirer si soudainement, répondant à l’ordre de la République Arabe Unie [l’Egypte] sans permettre une réunion de l’Assemblée Générale de l’ONU (…) pour discuter de la question. (…) Aujourd’hui, en faisant un compte-rendu à l’Assemblée Générale, U-Thant a expliqué que les mouvements de troupes de l’armée égyptienne lui ont forcé la main. (…) »

A 16h00, le Général Rikhye, qui dirige l’UNEF à Gaza, ordonne à ses troupes d’observation de se retirer à 17h00 pour faire suite à l’ordre reçu du Secrétaire Général de l’ONU.

A cette date, l’Egypte a massé environ 40.000 soldats et 500 tanks dans le Sinaï.

Israël mobilise ses réservistes.

Le Premier ministre Levi Eshkol envoie un message au Président de Gaulle, l’assurant qu’Israël n’initiera pas les hostilités, « à moins que les forces égyptiennes ne ferment le Détroit de Tiran à la navigation israélienne. »

Israël commence à acheter des masques à gaz. L’armée américaine lui en envoie dans un premier temps 20.000 qu’elle a disponibles en stock. Les Egyptiens ont en effet, selon des rapports israéliens du renseignement, utilisé des gaz neurotoxiques au Yemen récemment.

Chronologie

3- Discours arabes : le masque tombe

Le Président égyptien Nasser

« La situation d’Israël au 31 mai 1967 vue par le journal libanais Al-Djarida. Les canons représentent le Soudan, l’Algérie, la République Arabe Unie [Egypte], l’Arabie Saoudite, la Jordanie, l’Irak, la Syrie et le Liban. »

20 mai 1967 : la Syrie offensive

« Nos forces sont maintenant prêtes non seulement à repousser toute agression, mais aussi à initier nous-mêmes des actes, à faire exploser la présence sioniste en terre arabe de Palestine. L’armée syrienne, le doigt sur la gâchette, est unie. Je crois que le temps est venu de commencer une guerre d’annihilation. »

Hafez el-Asad, ministre syrien de la Défense

L’UNEF, la force de l’ONU également présente sur le plateau du Golan depuis 10 ans, commence son retrait officiel.

Au Caire, le ministre des Affaires religieuses rappelle l’honneur de mourir en martyr dans la guerre sainte.

22-23 mai 1967 : l’Egypte ferme de nouveau le détroit de Tiran et signe une alliance, interdisant le passage des navires israéliens. En droit international, ceci représente un casus belli (la conférence de 1958 sur la Loi de la Mer définit le Golfe d’Aqaba et le détroit de Tiran comme des eaux internationales où s’appliquent le principe de libre circulation).

Ouverture sur l’Asie et l’Afrique, le détroit de Tiran est la seule voie par laquelle les Israéliens reçoivent le pétrole. Sa fermeture est un goulot d’étranglement pour Israël. C’est un détroit international, et sa fermeture par l’Egypte avait déjà provoqué la guerre de 1956.

Le Comité de Défense israélien se réunit à 9h30 du matin, prend acte que la fermeture du détroit est un acte d’agression et décide 1) de repousser à 48h toute décision ou action 2) d’envoyer son ministre des Affaires étrangères, Abba Eban, consulter le Président américain Johnston.

Les Israéliens font des provisions, des milliers d’entre eux payent leur taxe ou bien donne de l’argent au ministère de la Défense pour contribuer à l’achat d’armes, ils construisent des abris, annulent les mariages, les retraités conduisent les bus, les jeunes ayant été appelés comme réservistes, les femmes confectionnent des gâteaux qu’elles envoient aux soldats postés dans le désert du Néguev.

Alliance militaire de l’Egypte avec la Jordanie.

24 mai 1967 : Abba Eban à Londres

Le ministre israélien des Affaires étrangères se rend à Londres pour rencontre le Premier ministre britannique Harold Wilson., qui l’assure de son soutien pour faire rouvrir le détroit de Tiran.

Mais Abba Eban dira : « La radio et la télévision britanniques, que j’ai écoutées brièvement avant de partir, étaient pleines de sympathie pour Israël. Mais elles avaient clairement un air de funérailles. »

25 mai 1967 : la Syrie, la Jordanie, l’Irak et l’Arabie saoudite, encouragés par l’Egypte, font progresser leurs troupes jusqu’aux frontières israéliennes.

26 mai 1967 : Nasser déclare : « Notre principal but est la destruction d’Israël »

(Discours au Conseil général de la Confédération internationale des syndicats de commerce arabes)

Le quotidien égyptien Al-Ahram, soutenu par le gouvernement, écrit (article de Mohamed Heikal, un ami de Nasser) :

« [La fermeture du détroit de Tiran] a mis Israël devant une situation dans laquelle il ne peut que réagir. (…) Pour plusieurs raisons, et en premier lieu pour des raisons psychologiques, Israël ne peut accepter ou demeurer indifférent à ce qui s’est produit. Israël doit maintenant répondre. Il doit donner un coup. (…) Alors, ce sera notre tour de donner un second coup qui nous délivrera avec l’efficacité la plus grande qui soit. (…) Laissons Israël venir ! Préparons notre riposte ! Faisons-en un coup de grâce ! »

4 MIG égyptiens, avions de chasse soviétiques, survolent Israël sans que l’armée de l’air israélienne ne puisse les intercepter.

De nombreux Allemands non juifs, y compris des infirmières et des anciens soldats, contactent l’ambassade d’Israël à Bonn (à l’époque) pour offrir leurs services à Israël ou pour apporter des fonds.

28 mai 1967 : Nasser agressif

« L’existence d’Israël est en soi une agression. (…) Ce qui s’est passé en 1948 était une agression, une agression contre le peuple palestinien. »

« Nous n’accepterons aucune coexistence avec Israël. (…) Aujourd’hui, la question n’est pas l’établissement de la paix entre les Etats arabes et Israël. (…) La guerre contre Israël est une réalité depuis 1948. »

Gamel Abdel Nasser, conférence de presse devant des centaines de correspondants étrangers

Le conflit à venir dépassait largement le contexte maritime et mettait l’existence d’Israël au cœur.

30 mai 1967 : Moshe Dayan est nommé ministre de la Défense. Ce poste était occupé auparavant par le Premier ministre Levi Eshkol. Israël, pour affronter les forces arabes, met en place un gouvernement d’union nationale.

Pacte de défense entre l’Egypte et la Jordanie. Un général égyptien prend les commandes des forces jordaniennes.

31 mai 1967 : les pays arabes se sentent près du but : « jeter les Juifs à la mer, jusqu’au dernier », comme le clamait Ahmed Choukeiri, Président de l’OLP.

« L’existence d’Israël est une erreur qui doit être rectifiée. C’est notre chance d’éliminer l’ignominie qui est parmi nous depuis 1948. Notre but est clair : rayer Israël de la carte. »

Président irakien Aref

« Selon les termes de l’accord militaire signé avec la Jordanie, l’artillerie jordanienne, en coordination avec les forces d’Egypte et de Syrie, est en position de couper Israël en deux à Qalqiliya, où le territoire israélien entre la ligne d’armistice jordanienne [la ligne de cessez-le-feu de 1949, appelée aujourd’hui « ligne verte »] et la Méditerranée est de seulement 12 km de large. » – Al-Akhbar, journal quotidian égyptien

Ibrahim Makhos, le ministre syrien des Affaires étrangères, arrive à Paris avec un message pour le général de Gaulle, comme quoi des plans anglo-américaon-sionistes sont élaborés pour une agression généralisée contre le peuple arabe.

chronologie

4- Juin : les jours terribles

1er juin 1967 : les généraux Bar-Lev, Sharon et Gavish dans le Néguev (Photo : David Rubinger, Israel National Photo Collection).

Le ministre des Affaires étrangères israléien, Abba Eban (Photo : Israel National Photo Collection)

1er juin 1967 : Aucun ne survivra

« Ceux qui survivront pourront rester en Palestine. J’estime qu’aucun d’entre eux ne survivra. » Ahmed Choukeiri, président de l’OLP, parlant des Israéliens.

L’Allemagne envoie 20.000 masques à gaz à Israël.

Winston S. Churchill, le petit-fils de Sir Winston Churchill, alors reporter en Israël pour couvrir les événements, fait la queue à Tel-Aviv pour donner son sang.

Des volontaires affluent de tous les pays pour aider Israël, notamment en remplaçant les postes des réservistes mobilisés. Ils sont non juifs et juifs, viennent du Royaume-Uni, d’Allemagne, de France, de Suède (y compris des anciens membres de l’UNEF).

Les Juifs de Diaspora se mobilisent à travers le monde.

2 juin 1967 :

L’Egypte a 210.000 soldats sur le pied de guerre, 930 tanks postés dans le Sinaï, 30 bombardiers Tu-16 russes. La Syrie a mobilisé 63.000 soldats et la Jordanie 55.000. Cela fait 328.000 militaires prêts à combattre Israël, avec plus du double de tanks et une aviation beaucoup plus fournie.

Israël doit compter sur sa force de mobilisation des réservistes, ce qui élève à plus de 200.000 le nombre de ses soldats.

3 juin 1967 : le général de Gaulle décrète un embargo sur les ventes d’armes à destination du Proche-Orient. Cet embargo ne concerne en fait qu’Israël.

Lire le dossier du CRIF sur l’attitude de Charles de Gaulle durant ces jours, et la réaction des français

4 juin 1967 : Pacte de défense entre l’Egypte et l’Irak.

Forces en présence au 4 juin 1967 et pertes humaines au 10 juin 1967 :

Soldats Tanks Jets Pertes humaines Population
Egypte 270.000 1400 550 10.000 40.000.000
Syrie 65.000 550 120 1000 8.000.000
Jordanie 55.000 300 40 5000 1.500.000
Arabie Saoudite 50.000 100 40 ? 5.700.000
Irak 75.000 630 200 2000 10.000.000
Liban 12.000 130 35 ? 2.276.000
TOTAL 527.000 3110 985 18.000 55.200.000
Israël 200.000 400 250 770 3.800.000

Résolution du Cabinet israélien :

« Après avoir entendu un rapport sur la situation militaire et politique de la part du Premier ministre, du ministre des Affaires étrangères, du ministre de la Défense, du chef d’Etat-major et du chef du renseignement militaire, le gouvernement constate que les armées d’Egypte, de Syrie et de Jordanie sont déployées pour une agression immédiate sur tous les fronts, menaçant l’existence même de l’Etat.

Le gouvernement a décidé de prendre une mesure militaire afin de libérer Israël de l’étranglement agressif qui progressivement se resserre autour de lui. Le gouvernement autorise le Premier ministre et le ministre de la Défense à confirmer au chef d’Etat-major de Tsahal le moment pour l’action.

Les membres du Cabinet recevront aussitôt que possible l’information au sujet de l’opération militaire à effectuer.

Le gouvernement charge le ministre des Affaires étrangères d’épuiser toutes les possibilités d’action politique afin d’expliquer la situation d’Israël et d’obtenir le soutien des nations. »

Chronologie

5- La guerre

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Colonne de semi-chenilles israéliens condutis par des réservistes dans le sud (photo : Moshe Milner, Israeli National Photo Collection)

5 juin 1967 : Israël attaque

Israël use de son droit de légitime défense en déclenchant une attaque préventive contre l’Egypte au sud. Israël envoie un message au roi Husseïn de Jordanie comme quoi s’il demeure pacifique, il ne sera pas attaqué. Tout de suite après, la Jordanie ouvrait le feu sur Israël et bombarde l’ouest de Jérusalem. Israël riposte à l’est et expulse les forces syriennes du plateau du Golan au nord.

Le 5 juin, en quelques heures et grâce à l’effet de surprise, l’armée de l’air israélienne détruit près de 300 avions égyptiens, 50 syriens et 20 jordaniens, la plupart au sol même. Cette action décisive réduit pratiquement à néant la menace arabe. Elle est suivie d’une invasion au sol de la péninsule du Sinaï, de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et des hauteurs du Golan. Privés de leur couverture aérienne, les troupes arabes sont stoppées sur tous les fronts.

Détail des attaques

7h45 : premières attaques aérienne israéliennes sur les bases aériennes égyptiennes.

197 avions égyptiens et 11 aéroports sont détruits en quelques minutes. 6 aéroports et 8 stations de radar sont mis hors d’état. A 9h30, une deuxième vague d’attaques commencent : 107 avions égyptiens sont bombardés.

A 15h00, près de 400 avions égyptiens ont été détruits. Tsahal a perdu 19 pilotes.

Le même jour, à 8h15, soit ½ heure après l’attaque aérienne, les divisions blindées ont fini leur camouflage et avancent vers l’ouest, en direction du Sinaï. Ils entrent dans Rafah (sud de la bande de Gaza) et se dirigent vers El-Arish, dans le nord de la péninsule du Sinaï (voir carte)

Le front Est

Israël a sur son front Est 60.000 soldats jordaniens et 300 tanks, soutenus en arrière par l’armée irakienne.

9h45 : l’artillerie jordanienne tire sur l’ouest de Jérusalem, touchant des zones résidentielles, et sur les communautés juives le long de la frontière. Des centaines d’obus tombent sur Jérusalem. Vers la fin de l’après-midi, les troupes jordaniennes conquièrent Armon Hanatziv, qui était utilisée par l’ONU comme base.

Le corps expéditionnaire irakien a eu la permission de la Jordanie pour se masser en Cisjordanie, le long d’Israël.

Les fausses informations, le nerf de la guerre arabe

Dans l’heure, le premier ministre israélien Levi Eshkol envoie un message au Roi Hussein de Jordanie, via le commandant de l’UNTSO (troupe de l’ONU d’observation en Cisjordanie) : Israël donne encore une chance à la Jordanie de faire marche arrière, de ne pas entrer dans le conflit et de n’être ainsi pas attaqué. La même matinée, le Roi Hussein reçoit des fausses informations de l’Egypte : celle-ci dénie les pertes qu’elle a subies et se vante d’un succès massif contre Israël.

La Jordanie décide donc d’intensifier ses tirs. La partie juive de Jérusalem est bombardée par les Jordaniens et les Irakiens, mais aussi la banlieue de Tel-Aviv, Netanya et Kfar Saba.

12h45 : Israël attaque la Jordanie

L’armée israélienne bombarde des aéroports en Jordanie, en Syrie et en Irak. 50 avions syriens, 30 avions jordaniens et 10 iraniens sont détruits. Mais la Jordanie continue de bombarder Jérusalem. Israël décide alors de commencer son avancée vers Jérusalem.

6 juin 1967 : la bataille pour Jérusalem

A 6h00 du matin, après d’intenses et meurtriers combats, la brigade parachutiste commandée par Mordechai Gur libère finalement la Colline des Munitions tenues par les Jordaniens. Dans la journée, Israël conquiert les environs entourant la vieille ville. Les troupes israéliennes évitent d’utiliser les blindés et l’artillerie et progressent lentement. Dans la matinée, Israël tient les villages de Latroun, Nevei Samul et Beit Ichsah, s’approchant de Jérusalem et complète le siège Est de la ville.

Après 24h de bombardement jordanien, les tirs cessent et les résidents de Jérusalem commencent à sortir de leurs abris.

Au sud, l’armée israélienne entre dans Gaza.

En Cisjordanie, Qalqiliya est prise en fin d’après-midi sans coups de feu.

Abba Eban, ministre israélien des Affaires étrangères, s’adressant au Conseil de Sécurité de l’ONU : « Je suis juste venu de Jérusalem pour dire au Conseil de Sécurité qu’Israël, grâce à son effort et son sacrifice indépendants, est passé d’un danger sérieux à une résistance réussie. »…Lire toute la déclaration d’Abba Eban (en anglais)

7 juin 1967 : la libération de Jérusalem, les pleurs au Mur occidental

En fin de matinée, Tsahal ouvre une brèche dans la vieille ville de Jérusalem via la Porte des Lions. Les parachutistes arrivent au Mur occidental (le Kotel), dont l’accès leur était interdit depuis 19 ans. L’émotion est grande et le rabbin en chef de l’armée, Shlomo Goran, organise la prière du soir au Kotel avec les soldats israéliens dont beaucoup sont en larmes. Dans les heures qui suivent, ils sont rejoints par le Premier ministre Levi Eshkol, le ministre de la Défense Moshe Dayan et le chef d’Etat-major Yitshak Rabin. La brigade Nachal et la célèbre chanteuse Noemi Shemer entonnent le chant « Jérusalem d’or ».

Dans le Sinaï, les troupes progressent et sont à 24 km du Canal de Suez, au nord de la péninsule, tandis que d’autres avancent vers le sud, arrivant à Bir Hasnah et Bir Tmadah et, plus tard dans l’après-midi, au passage de Mitla. La marine israélienne arrive à Sharm el-Sheikh, dans la, pointe sud de la péninsule, quelques heures avant les parachutistes

Cisjordanie

A 14h00, l’armée de l’air israélienne attaque les brigades jordaniennes à l’ouest de Naplouse. Puis Tsahal prend le contrôle de Ramallah, Jéricho et Bethlehem. L’armée jordanienne est démoralisée. Durant la nuit, le Liban envisage de se joindre à la guerre, mais, contre l’avis de son Premier ministre, Rashid Karami, le chef d’Etat-major libanais s’y oppose compte tenu de la petite taille de l’armée libanaise (à peine 12.000 hommes). Il convainc son ministre.

8 juin 1967 : Israël arrive au canal de Suez

Le canal de Suez est atteint et tous les passages dans le Sinaï menant à Israël sont bloqués. Avant de s’enfuir, les troupes égyptiennes mettent le feu aux gisements de pétrole de Ras Sudar. Les combats ont été meurtriers de part et d’autre.

21h30 : les Egyptiens acceptent un cessez-le-feu dans le Sinaï.

Tsahal a détruit 600 tanks, en a capturé 100. 10.000 Egyptiens sont morts et 3000 sont faits prisonniers. 270 Israéliens ont perdu la vie, 800 sont blessés et 61 tanks ont été touchés.

Le nord de la bande de Gaza, sur un autre front, est pris par les Israéliens.

9 juin 1967 : le front syrien

Sur le front syrien, 50.000 soldats ont creusé des tranchées, fortifiées par du ciment et de l’acier.

Le ministre de la Défense Moshe Dayan était contre l’attaque de la Syrie, n’estimant pas nécessaire d’ouvrir un nouveau front et craignant une réplique soviétique. Le 9 juin pourtant, l’armée de l’air israélienne, de retour d’autres missions, attaque les positions syriennes sur les hauteurs du Golan. En effet, entre temps, un cessez-le-feu avait été décrété avec l’Egypte.

Israël envoie également son infanterie, mais la Syrie réplique par de lourds tirs d’artillerie, profitant de sa situation stratégique en hauteur. Tsahal fait venir d’autres brigades en renfort. Les combats sont rudes, mais Israël finit par prendre le contrôle des positions syriennes le long de la mer de Galilée (le lac de Tibériade) jusqu’au pont des Filles de Jacob, ainsi que sur les hauteurs du Golan.

10 juin 1967 : fin de la guerre, réunification de Jérusalem

Après six jours de combat, de nouvelles lignes de cessez-le-feu remplacèrent les anciennes, la Judée, la Samarie, la péninsule du Sinaï, la bande de Gaza et le plateau du Golan passant sous contrôle israélien. Les villages du nord du pays furent alors libérés de 19 années de menace des bombardements syriens.

Le cessez-le-feu est décrété à 18h30.

Jérusalem, divisée entre Israël et la Jordanie depuis 1949, ville traversée par des fils barbelés, fut réunifiée sous autorité israélienne.

Chronologie

6- Après la guerre

Israël au 10 juin 1967. Le Sinaï sera intégralement rendu à l’Egypte en 1982, suite à l’accord de paix signé avec ce pays. La bande de Gaza sera totalement évacuée en 2005. La Cisjordanie, comme la bande de Gaza avant le retrait israélien, bénéficie d’un régime d’autonomie suite aux accords d’Oslo de 1993 avec l’OLP.

7 juin 1967 : Le chef d’Etat-major Yitzhak Rabin invite le ministre de la Défense Moshe Dayan à toucher le Mur occidental dans la vieille ville de Jérusalem (photo : Ilan Bruner, Israel National Photo Collection)

Ben Gourion, l’ancien chef du gouvernement, celui qui proclama dans un musée la déclaration d’indépendance d’Israël, déclare à l’issue de la guerre des Six-Jours : « Prenez Jerusalem et tous les territoires ! Mais seulement comme une monnaie d’échange pour la paix ».

Moshé Dayan, le ministre de la Défense, le héros de cette guerre, déclare : « Nous tendons la main à nos voisins arabes aujourd’hui encore et avec plus de solennité que jamais » (Lire la déclaration de Moshe Dayan au Kotel, en anglais). Dayan, qui fut chargé par la suite d’administrer les territoires conquis, s’efforça d’ailleurs de normaliser la vie quotidienne des Arabes, le tourisme abonda dans le Sinaï, la Cisjordanie et la Jordanie continuait de communiquer comme au temps de l’administration jordanienne (1949-1967).

Les territoires devinrent un gage de sécurité pour Israël en attendant que les Arabes consentent à signer un traité de paix dans un premier temps, et se décident à reconnaître à Israël des frontières sûres et définitives dessinant dans le même temps celles d’un État palestinien.

20 juin 1967 : Devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, le ministre israélien des Affaires étrangères, Abba Eban, appelle les leaders arabes à la coexistence avec Israël.

27 juin 1967 : la Knesset (Parlement israélien) vote une loi protégeant les lieux saints et y proclamant la liberté d’accès pour les fidèles de toutes les religions (lire la loi de protection des lieux saints en anglais)

1er septembre 1967 : 3 « non » de Khartoum

Lors de su sommet de la Ligue arabe à Khartoum (Soudan) du 29 août au 1er septembre 1967, les Etats arabes et adoptent une résolution connue sous le nom des 3 « non » de Khartoum :

Non à la paix avec Israël

Non à la négociation avec Israël

Non à la reconnaissance d’Israël

22 novembre 1967 : Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations Unies

Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la résolution 242 pour le règlement de la crise israélo-arabe. Israël cherche à transformer sa victoire militaire en une paix durable fondée sur la résolution 242 de l’ONU qui prévoyait entre autres « la reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de tous les Etats de la région et leur droit à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues, à l’abri des menaces et du recours à la force ».

Cette résolution contient une ambiguïté selon que l’on se réfère au texte anglais ou français. Elle prévoit l’évacuation par Israël « de » (texte anglais) ou « des » (texte français) territoires occupés en échange de la reconnaissance de tous Etats de la région.

Territoires contestés

En 1967, Israël a mené une guerre d’autodéfense désespérée et, contre toute attente, a remporté la victoire. En conséquence, l’Etat juif non seulement a survécu, mais est entré en possession de terres supplémentaires, notamment un territoire revêtant une importance vitale pour sa sécurité.

Jusqu’aujourd’hui, la guerre des Six jours et ses conséquences ont des incidences sur le Moyen-Orient. Pour mener un débat honnête et équilibré sur le statut actuel des territoires, il est essentiel de bien comprendre comment et pourquoi ils se sont retrouvés sous tutelle israélienne en 1967, et il faut prendre conscience de la relation d’Israël à ces régions. Dans le contexte actuel, et du fait des tentatives palestiniennes de réduire un conflit complexe à un problème unique – la présence d’Israël sur la Rive occidentale et dans la bande de Gaza – ces connaissances revêtent une importance particulière.

Les Palestiniens et leurs partisans tentent de promouvoir leur cause en faisant passer le moindre événement par le prisme des territoires contestés. Ce faisant, ils ont réussi à détourner le débat et à le dissocier de certains faits significatifs, réécrivant ou ignorant l’histoire et réinventant le droit international pour l’adapter à leurs objectifs. Ces faits ne doivent pas être oubliés

Histoire : la bataille de Jérusalem-Est en 1967

Cecile Pilverdier


Moshé Dayan, nommé le 31 mai commandant du front sud, avait, lors d’une tournée à Jérusalem, demandé au général Uzy Narkiss, commandant du front centre : « En cas de coup dur, ne bronche pas. Il est peu probable que les Jordaniens s’excitent sérieusement. Laisse les faire leur baroud d’honneur. Envoie le maximum de tes gars dans le Sinaï. C’est là que tout se jouera. »

Lévi Eshkol, Premier ministre, dès que la guerre a éclaté avec l’Egypte, a fait parvenir au roi Hussein par l’intermédiaire du général Od Bull de l’ONU, la missive suivante :  » Israël ne prendra aucune initiative contre la Jordanie, mais si la Jordanie se livre à des actes hostiles, Israël réagira avec la dernière violence, et le roi Hussein devra en supporter les conséquences. »
Le général Narkiss dit à ses hommes :  » Mordez vous les lèvres, mais ne répondez pas, s’ils se contentent de faire du bruit pour sauver la face. »

Des obus éclatent au centre de Jérusalem, à Rehavia, près de la Knesset, rue Agron, et les gens se mettent calmement à l’abri et rentrent chez eux. Au musée, l’on déménage les précieux manuscrits de la Mer Morte, au zoo le babouin et le lion de mer sont les premières victimes. Il y aura plus tard une quinzaine de civils tués.

La guerre des six jours

Cecile Pilverdier

Dans cette période de tension, les Israéliens donnent des avertissements, mais pas toujours coordonnés. Le 14 mai, le général Rabin avertit Damas que le régime syrien porte la responsabilité de la continuation du terrorisme

LIRE

La Défense depuis peu est décidée à ne pas laisser attaquer le mont Scopus ou le palais onusien du Gouverneur.
La radio de Ramallah annonce prématurément la chute du mont Scopus, enclave israélienne en territoire jordanien avec une garnison de 120 hommes peu armés en principe, mais qui a été régulièrement ravitaillée en armes dissimulées dans des caisses de biscuits.
Les Légionnaires montent les pentes sans riposte de la part des Israéliens, puis quatre Fouga Magister apparaissent et les Jordaniens battent en retraite sous le feu des policiers.

Au sud, le colonel Amitaï monte au palais du Gouverneur et déloge les Légionnaires dont 40 sont tués. Les Casques bleus sont conduits en Vieille Ville. Amitaï reçoit l’ordre de s’emparer du village de Sur Baher. Vers midi, le général Od Bull fait accepter aux deux parties le principe d’une trêve à Jérusalem, mais juste après, la Légion Arabe occupe le Palais du Gouverneur, position stratégique et siège de l’ONU depuis 1948. La guerre avec la Jordanie vient de commencer alors que du côté israélien elle n’était pas prévue.

Après Sur Baher, Amitaï se dirige en direction du sud, alors que la brigade blindée avec Uri Ben Ari à sa tête, composée uniquement de réservistes et stationnée à 10 kilomètres de Jérusalem, reçoit l’ordre de percer les défenses jordaniennes au nord et de se joindre aux défenseurs du mont Scopus qui est toujours isolé.
Uri Ben Ari qui a quitté l’armée en 1956, lance l’assaut sans avoir réorganisé ni regroupé ses forces. Les équipes de déminage étant dans le Sinaï, ce sont les sapeurs qui ouvrent un passage à la main dans les cinq rangées de barbelés.

Ben Ari fonce vers Beit Iksa et Tel El Foul pour bloquer l’arrivée de la 60ème brigade blindée du roi Hussein qui monte de Jéricho. A l’aube, Hussein a perdu 7 tanks Patton et Ben Ari 6 Sherman.

Mais cette nuit là, c’est à Jérusalem que tout se joue. Mordechaï Gur (Mota) avec son régiment de parachutistes de réserve 55, attendait près de Tel Aviv avec ses troupes pour être envoyés au Sinaï, et c’est vers Jérusalem qu’ils partent en bus. Ce sera la bataille de « la Colline des Munitions ».

C’est une des batailles les plus dures et des plus sanglantes dans l’histoire de Tsahal, et elle est devenue le symbole du combat pour la Vieille Ville.

La « Colline des Munitions » est située au nord de Jérusalem entre le quartier de Cheikh Jérash dans la ville orientale (arabe) et le quartier Samuel ha Navi (juif). Son surnom lui a été donné car, pendant le Mandat britannique, on y gardait les réserves d’armes de l’école de police toute proche.

En mai 1948, pendant la guerre d’Indépendance, la colline a passé des mains des forces du Etzel aux forces de la Légion jordanienne. Après sa prise, les Jordaniens y ont construit des bunkers et des tranchées, et ceci jusqu’en 1967.

Le 5 juin, la guerre de Six Jours a commencé et dès que le palais du Gouverneur a été pris, les Jordaniens ont encerclé le mont Scopus, enclave israélienne en territoire jordanien depuis 1948.

Les forces de Mota Gur combattent à côté du régiment de Jérusalem et du régiment de tankistes « Harel », leur but étant de faire une brèche dans la ligne jordanienne au nord de la ville et de joindre le mont Scopus pour éviter sa prise par les Jordaniens. Les bataillons du régiment avaient chacun reçu sa propre fonction, et le bataillon 66 devait prendre « la Colline des Munitions » et l’école de police, puis le quartier de Cheich Djérash. Cette action a commencé à 2 heures 30, le lundi 6 juin ; deux compagnies ont franchi les barrières menant au site, l’une a « nettoyé » l’école de police et a continué son avance vers Cheikh Djérash. Le deuxième bataillon est arrivé au pied sud de la colline où il a subi de fortes pertes, aussi a-t’on décidé que le troisième bataillon enfoncerait la colline elle même et la prendrait des mains des Jordaniens. Couvert par l’artillerie, il s’est affronté à l’opposition très forte des Jordaniens qui a causé de nombreux blessés, surtout des officiers, ralentissant les combats dans cette zone.

Essayant de recommencer l’attaque, le 2ème bataillon a été appelé, puisqu’il servait de réserve et qu’il avait été arrêté à l’entrée de la colline.

Les forces ont avancé au milieu de combats terribles dans les tranchées, qui ont obligé de nombreux combattants à se découvrir au tir des soldats Jordaniens pour permettre de poursuivre le combat. Avec l’encerclement de la colline, les forces restantes des 2ème et 3ème bataillons sont arrivées au « grand bunker » et après six heures de durs combats, la bataille pour « la colline » a cessé.

Pendant le combat, 24 soldats israéliens sont tombés et des dizaines ont été blessés. Quinze parmi eux ont été décorés pour leur bravoure. Soixante dix légionnaires jordaniens sont également morts après « s’être battus comme des lions » a dit plus tard un soldat israélien à une mère jordanienne venue pleurer la mort de son fils.
Après la fin de ce combat, les parachutistes ont rejoint l’enclave du mont Scopus puis ont poursuivi la prise de la Vieille Ville.

Aux yeux de nombreux historiens militaires, cette bataille est reconnue comme l’un des moments décisifs de la prise de la ville orientale, mais il y a une autre évaluation qui dit que la façon dont la colline a été prise était mauvaise et que l’on aurait pu s’y prendre autrement.
Mardi, ce qui au départ était la sortie d’un siège se transforme en campagne militaire. Le front syrien est resté calme et la plupart des troupes est engagée contre le Royaume Hachémite. Ben Ari surplombe la ville sainte en attaquant la chaîne de collines entre Ramallah et Jérusalem : Givat ha Mivtar, Givat Ha Tsarfatit. La liaison est faite avec la brigade de Mota Gur.

Au sud, la brigade du colonel Amitaï attaque les Jordaniens dans le quartier d’Abu-Tor. Là aussi les Jordaniens se battent courageusement.

Tsahal à la porte des Lions

Tsahal à la porte des Lions

Le soir, la Vieille Ville est encerclée et très tôt, le mercredi matin, Narkiss téléphone à Mota Gur : « Plus vite les opérations seront achevées à Jérusalem, mieux se sera pour l’Etat d’Israël ».

A 8 heure l’aviation pilonne les Jordaniens sur la colline Augusta Victoria alors que deux régiments d’infanterie, appuyés par les blindés, avancent du Mont Scopus et du musée Rockefeller. La porte des Lions est choisie pour l’assaut qui commence par dix minutes de tir d’artillerie qui touchent le dôme de l’église sainte Anne et répandent la terreur en Vieille Ville. Motti Gur avec son chauffeur fonce à travers la porte des Lions et c’est le parachutiste Zamouche qui arrive le premier devant le mur occidental avec un petit groupe, commandé par le colonel Stempel.

Le rabbin des armées Shlomo Goren sonne du shofar à s’en faire éclater les veines et peu après Moshé Dayan appelé par les Arabes « le diable borgne » et Ithzak Rabin, l’incroyant, l’efficace, glisse entre deux pierres un message griffonné : »Que la paix règne sur Israël. »
Tout Israël baigne dans une atmosphère irréelle, de miracle. Tout a été si vite ! C’est un rêve de deux mille ans qui se réalise.

Trois jours plus tôt, Israël pensait ne pas combattre contre le roi Hussein. Chaque opération prévue avait un nom : le raid éclair de l’aviation, c’était « Focus », les blindés dans le Sinaï, c’était « Drap rouge », contre la Syrie, c’était « Marteau ». La campagne contre la Jordanie reste l’opération sans nom de la guerre de Six Jours. Elle n’était ni souhaitée, ni prévue.

LIRE AUSSI : Uzi Narkiss raconte…c’était en juin 1967

Autour de la figure d’Hérode

Michel Remaud


Beaucoup de revues et de sites Internet ont fait écho, de façon plus ou moins approximative, à la découverte de ce qui est très vraisemblablement le tombeau d’Hérode, et plusieurs d’entre eux ont fait un amalgame plus ou moins réussi entre le compte-rendu de cette découverte et l’histoire du massacre des innocents (Mt 2,16-18), auquel le professeur Ehud Netser, sauf erreur, n’a pas fait allusion dans sa conférence de presse. C’est du moins l’occasion d’évoquer l’arrière-fond de cet épisode dans la tradition juive.

Découverte archéologique : le tombeau d’Hérode

Michel Remaud

La découverte récente du tombeau d’Hérode le Grand résout une des énigmes auxquelles les archéologues se heurtaient depuis plus de trente ans

lire

Le livre de l’Exode raconte comment Pharaon, inquiet de voir les Hébreux se multiplier en Égypte, avait décidé l’extermination de tous les nouveaux-nés de sexe masculin (Ex 2,8-16). Dans le texte biblique, il s’agit d’une simple mesure d’ordre en quelque sorte démographique, destinée à empêcher le peuple hébreu de proliférer. Les sources juives anciennes ont amplifié ce récit en lui donnant une toute autre signification. On trouve par exemple dans un targum cette paraphrase du verset 1,15 de l’Exode : « Or Pharaon dit (que tandis qu’) il dormait il avait vu dans son songe que tout le pays d’Égypte était posé sur le plateau d’une balance et un agneau, le petit d’une brebis, sur l’autre plateau de la balance et le plateau où se trouvait l’agneau s’abaissait. Aussitôt il envoya quérir tous les magiciens d’Égypte et leur confia son songe. Immédiatement Jannès el Jambrès, chefs des magiciens, ouvrirent la bouche et dirent à Pharaon : “Un fils est destiné à naître dans l’assemblée d’Israël par le moyen de qui toute la terre d’Égypte est destinée à être dévastée.” C’est pourquoi Pharaon, le roi d’Égypte, avisa et dit aux accoucheuses juives etc. » (Traduction R. Le Déaut). D’autres sources présentent des variantes qu’il n’est pas question de transcrire ici, mais qui confirment cette réinterprétation du texte biblique : si Pharaon décide l’extermination de tous les nouveaux-nés, c’est pour éliminer celui d’entre eux qui constitue une menace pour son propre pouvoir.

On peut aisément faire le parallèle entre Pharaon et le roi Hérode, les magiciens consultés par le premier et les scribes interrogés par le second, Moïse et Jésus, qui échappent l’un et l’autre au massacre qui avait pour but de les éliminer, tandis que des enfants innocents sont exterminés. Il serait hautement invraisemblable que ce rapprochement soit fortuit, alors que Matthieu ne cesse de mettre en lumière, dans son évangile, les rapprochements entre Moïse et Jésus. Ajoutons que les noms des magiciens, dont le livre de l’Exode ne dit rien, se retrouvent dans la deuxième épître à Timothée (3,8), signe de l’antiquité de cette tradition.

Il n’entre pas dans notre propos de discuter l’authenticité de l’épisode de la visite des mages et du massacre des innocents. Relevons seulement que ces récits s’inscrivent parfaitement dans l’histoire et la géographie. L’Hérodium, dont Hérode avait fait une de ses résidences, ne se trouve qu’à sept kilomètres de Bethléem, et l’on peut dire qu’Hérode avait fait du massacre des innocents une de ses spécialités, faisant mourir ceux qu’il soupçonnait de menacer son pouvoir, à commencer par ses propres fils. Flavius Josèphe nous raconte même quelle mesure il avait imaginée pour que son peuple pleure sa mort. Sachant à quel point il était détesté, il n’ignorait pas que sa disparition serait inévitablement cause de joie. Il avait donc ordonné de rassembler tous les notables dans l’hippodrome de Jéricho, sans leur révéler la raison de cette convocation, et de les tuer tous dès qu’il serait mort, afin qu’il n’y eût « personne dans tout son royaume qui ne répandit des larmes » à la nouvelle de son trépas. L’historien ajoute que l’ordre ne fut pas exécuté, la sœur et le beau-frère d’Hérode ayant pris l’initiative de faire libérer au dernier moment les notables enfermés.

Et Flavius de conclure : « … il ne s’est jamais vu une si épouvantable inhumanité que la sienne, de vouloir, lorsqu’il était prêt d’abandonner la vie, qu’il n’y eût point de famille où quelqu’un des principaux ne souffrît la mort par son ordre, afin que le royaume se trouvât en même temps tout en deuil, sans pardonner à ceux même qui ne l’avaient point offensé et dont il n’avait aucun sujet de se plaindre ; au lieu que, pour peu que l’on ait de bonté, on pardonne à ses ennemis lorsque l’on se trouve réduit en cet état. »


Un réserviste raconte la guerre des Six Jours

Antoinette Brémond

Entretien avec Raphaël Borenstain, entrepreneur, arrivé en Israël en 1950

« En 1950 Jérusalem comptait environ 120 000 habitants. En dehors de la Vieille Ville et de ses remparts, la Nouvelle Jérusalem ressemblait à un ensemble de petits villages séparés par des champs, chaque village ayant son nom. Entre Rehavia et Katamon, des champs. Entre Katamon et Baka, Moshava Germanit et Talpiot, des champs. Peu à peu ces champs se sont construits et les noms des villages deviennent les noms des quartiers.

En 1967 il y avait déjà 200 000 habitants. D’autres quartiers s’étaient construits : Kyriat Yovel, Gonen, Beit Vegan, Beit Hakerem…. Mais Jérusalem était encore comparable à une petite ville de province. On y entendait l’hébreu et tant d’autres langues. »

« Je suis mobilisé dès le début de la crise politique, à partir du jour de l’Indépendance, en mai 67. Quand les Egyptiens entrent dans le Sinaï, mon unité est mobilisée pour défendre Jérusalem. La crise s’amplifie. Dans l’armée israélienne, après 2 ou 3 jours de désarroi, l’ordre est donné de commencer des manoeuvres : entraîner les soldats et creuser des tranchées autour de Jérusalem. Le premier matin de la guerre, le 5 juin, nous avons été prévenus à 5 h du matin que nous serions transférés ailleurs. A 8 h, une unité de soldats plus âgés est venue nous remplacer. A 8 h 30 nous sommes partis vers notre quartier général. Vers 10 h. les Jordaniens ont ouvert les hostilités en commençant à bombarder tout Jérusalem ».

« Vers 11h30 la Légion (l’armée jordanienne) s’empare sans difficultés de la Résidence de l’O.N.U en zone neutre. Une unité est dirigée vers ce secteur pour contre-attaquer. Notre unité, qui faisait partie d’un plan d’attaque général sur les points stratégiques du secteur, est envoyée vers le kibboutz de Ramat Rachel, à l’extérieur sud de Jérusalem. Tout le long de la route nous sommes bombardés sans grands dégâts. Arrivés aux abords de Ramat Rachel, nous subissons un tir de mitrailleuses très dense. Mais nous arrivons à prendre nos positions dans les tranchées qui entouraient le kibboutz. Nous avons alors bénéficié de la conception erronée de l’armée jordanienne qui, par principe, arrêtait de tirer dès la tombée de la nuit. Cela nous a permis de nous organiser. Dès le lendemain matin, le deuxième jour, les tirs d’artillerie et de mitrailleuses recommencèrent et nous n’avions aucune pièce d’artillerie à leur opposer. Malgré leur avantage, ils n’essayèrent pas de tenter une attaque sur nos positions.

« Vers midi deux avions légers israéliens apparurent tentant de neutraliser l’artillerie jordanienne. Aussitôt l’un des deux fut abattu. Pendant toute l’après midi des échanges de tir continuent et vers 18h surviennent trois « Vautours »(avions légers français). Cette fois-ci, ils arrivent à anéantir une partie de l’artillerie lourde jordanienne à Mar-Elias( monastère grec-orthodoxe de Bethléem), une position avancée des Jordaniens, au nord de Bethléem. Le troisième jour se passe à des échanges de tirs sans dégâts. Durant la nuit du troisième au quatrième jour, nous recevons en renfort deux tanks. Vers 12h, nous recevons l’ordre d’attaquer Mar-Elias et d’entrer à Bethléem. Vers 14h nous partons à l’attaque, protégés par les tirs de barrage de nos 2 tanks. Les défenseurs de Mar-Elias avaient fui. Nous avons pu pénétrer dans Bethléem sans résistance. Beaucoup d’habitants s’étaient réfugiés dans les couvents à l’entrée de la ville. Des moines se tenaient devant eux, brandissant de grandes croix pour les protéger. Nous avons continué notre chemin. Sur la route principale, les habitants restés chez eux étaient aux fenêtres ou dans leur jardin, stupéfaits. La propagande arabe ayant décrit les Israéliens comme étant des sauvages, tous avaient peur. Arrivés la nuit à l’extrême sud de la ville, nous avons campé dans une carrière. Des avant-gardes nous entouraient pour protéger le gros de la troupe. Nous étions tous épuisés, affamés, et avions très froid, l’intendance n’ayant pas pu suivre.

« Vers 10h du soir, nous avons appris la publication du cessez-le-feu entre la Jordanie et Israël, ainsi qu’entre l’Egypte et Israël. C’était le quatrième jour de la guerre. L’intendance est alors arrivée, apportant des couvertures et de quoi manger. Le lendemain matin, ayant réquisitionné les autobus arabes de la ville nous sommes partis pour Kfar Etsion, un kibboutz conquis en 1948 par la Légion jordanienne, à 20 kilomètres au sud de Bethléem. La Légion avait transformé ce kibboutz en un camp militaire. Là aussi, tous les soldats jordaniens avaient fui, laissant le camp intact. Nous nous y sommes installés à leur place. Il y avait toutes les commodités, tout ce dont nous avions besoin. Ils avaient tout laissé derrière eux, même les conserves ! Depuis ce camp nous avons commencé à patrouiller dans toute la région pour ramasser les armes, tout le matériel militaire abandonné.

« Nous sommes arrivés au petit matin du cinquième jour à Hébron dont les rues étaient désertes. Nous avons demandé au portier de service de nous ouvrir le portail du caveau des Patriarches. Il nous a refusé en nous disant que l’entrée dans la mosquée installée dans le caveau était interdite aux Juifs. Notre officier l’a giflé et il nous a ouvert le portail.

« A Hal Houl, nous empruntâmes une route secondaire qui descendait vers la Mer Morte. Ce fut alors la surprise : tout d’abord un tank intact, puis une quantité énorme de véhicules abandonnés enfin, un peu plus loin, 13 tanks en parfait état. Le quatorzième avait été bombardé par l’aviation israélienne et bouchait la route étroite. Un tank avait tenté de le doubler en descendant vers le wadi, mais s’était renversé, ce qui avait découragé les autres tanks. Avec beaucoup de mal nous arrivons à doubler ce tank brûlé en aplanissant les bas-côtés. Nous étions alors toute une caravane ayant ramassé tous les véhicules sur notre passage. En effet, au départ, nous étions un camion, deux jeeps et un command-car. Peu à peu, nous avons placé deux soldats dans chaque véhicule abandonné sur la route. Nous avions même chargé des jeeps sur le camion.

« Je dois dire que cette epopée m’a rappelé un passage de la Bible où il est décrit que les Assyriens, pris de panique, la nuit, s’enfuirent en abandonnant tout leur matériel.

« Nous avons pris le chemin de retour en traversant Beth Sahour et Bethléem. Là, les habitants, voyant les voitures et tanks jordaniens, commencèrent à pousser des cris de joie….puis déroutés de voir les soldats israéliens qui occupaient les véhicules, ils se retirèrent chez eux.

« Parallèlement, une unité spéciale prenait contact avec la population arabe de la région pour les rassurer et proposer à ceux qui avaient quitté la ville et s’étaient réfugiés dans des grottes, de rentrer chez eux. Ils contactèrent les dignitaires de la ville en leur demandant de transmettre ce message à la population :  » Nous ne ferons aucun mal à la population. Revenez chez vous et reprenez votre travail et votre vie, comme avant.

« Un mois pour chercher ce que l’armée jordanienne en débandade avait abandonné sur les routes et dans les champs n’a pas suffi pour ramasser toutes les armes légères. Dans beaucoup d’endroits, la population locale arabe nous avait précédés. – J’avais 35 ans. »

PS : Si le cessez-le-feu avec la Jordanie et l’Egypte avait eut lieu le quatrième soir, la guerre continua pourtant avec la Syrie sur de nombreux fronts, la Syrie n’acceptant le cessez-le-feu que le sixième jour.

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ce blog est un blog sioniste a 200 % il montre l'autre verite celle que l'on ne veut pas voir, aussi bien d' eretz israel. (il parlera du peuple juif , d'eretz israel et de leurs contributions dans le monde, de judaisme, de musique israelienne et juive ect... ) que du monde islamique, (dhimminitudes, charia, integrisme, coran en toute liberte ect..) il n'est pas raciste ou xenophobe et ne veut froisser ou humilier personne bien au contraire, il veut ouvrir les yeux de certains c'est simplement une autre information, un autre point de vue, une autre verite, une autre ouverture sur eretz israel, le peuple juif et le monde islamique

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