Le dieu Allah, dont le nom remonte au dieu pansémitique, *L, qui signifiait sans doute « celui qui est en haut » c’est-à-dire le ciel, et qu’on retrouve dans le nom du dieu cananéen El, était une divinité importante du panthéon arabe puisqu’il était le dieu père. Il avait pour épouse la déesse Allat, forme féminine du nom d’Allah, de qui il avait engendré les autres dieux et déesses, divinités représentées en statuettes posées sur la pierre noire de Qaaba. Parmi ces divinités, trois déesses prédominaient en plus d’Allat. La déesse Manat incarnait vraisemblablement le destin alors qu’Al-Uzza était l’homologue de l’Ishtar babylonienne, à savoir une déesse de l’amour ; elle était la mère de deux dieux jumeaux de l’étoile du matin et du soir, Aziz et Radu. Enfin, le soleil n’était pas un dieu comme à Babylone mais une déesse du nom de Shams.

Cependant les déesses, bien qu’ayant un rôle important, ne remplacent pas les grandes divinités guerrières des Sémites aux côtés d’Allah. La pierre de Qaaba, symbole païen par excellence et que Muhammad récupérera à son profit, semble à l’origine avoir été construite à partir de météorites, d’où son lien avec des dieux célestes comme Hubal ou Amm, dieu de la lune, ou encore comme Quzah, dieu de l’orage et de la guerre, également appelé Wadd (sans doute à rapprocher du dieu orageux cananéen Hadad et du babylonien Adad) ou encore Bôl, variante arabe de Baal.

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