Qu’est-ce qu’être “pro-palestinien” signifie, en réalité ?

Titre orignal : What Does "Pro-Palestinian" Really Mean

17 Novembre 2009 7:00 AM

Par Khaled Abu Toameh
Journaliste

Adaptation : Marc Brzustowski

http://www.hudsonny.org/2009/11/what-does-pro-palestinian-really-mean.php

Durant les dernières années, on a assisté à une augmentation
significative du nombre de non-palestiniens qui se décrivent comme des
militants « pro-Palestiniens ». On peut, la plupart du temps,
rencontrer ce genre de personnages sur les campus universitaires
d’Amérique du Nord et d’Europe

Ce qui est frappant, c’est que la plupart de ces militants
“pro-Palestiniens” n’ont jamais mis les pieds au Moyen-Orient,
abandonnant à elles-mêmes la Bande occidentale de Cisjordanie ou la
Bande de Gaza. Dans la plupart des cas, ils ne sont pas Arabes ni même
Musulmans.

Qu’est-ce donc qui fait d’eux des « Pro-Palestiniens » ?

Selon leur vision des choses, inciter à la haine contre Israël sur des
campus universitaires ou publier des textes, matériaux « antisionistes
» sur Internet leur suffit pour s’octroyer le titre de
“pro-palestinien”. Mais ce que ces gens-là n’ont pas réalisé, c’est que
leurs actions et paroles concourent, le plus souvent, à très peu pour
faire progresser les intérêts des Palestiniens. Dans pas mal
d’exemples, ces actions et discours s’avèrent même contreproductifs.

Il est difficile de voir en quoi organiser des évènements telles que
“la Semaine de l’Apartheid israélien” sur un campus universitaire
pourrait bien être d’une utilité quelconque pour la cause des
Palestiniens. N’y a-t-il pas déjà suffisamment d’incitation
anti-israélienne propagée par les médias arabes et islamiques ?

S’il y en a bien qui méritent d’être appelés ”pro-Palestiniens”, ce
sont ceux qui font campagne publiquement contre la corruption
financière et les abus commis à l’encontre des Droits de l’Homme par le
Fatah et le Hamas. Ceux qui tentent de changer le système de
l’intérieur, eux, appartiennent au véritable camp ”pro-Palestinien”.

Ce sont ces personnalités courageuses qui se tiennent debout aussi bien
face au Fatah qu’au Hamas et qui les appellent à cesser de s’entretuer
et à commencer de faire quelque chose qui serait susceptible
d’améliorer les conditions de vie de leurs électeurs.

Au lieu de dépenser leur argent et leurs efforts à organiser la
“Semaine contre l’Apartheid israélien”, par exemple, ces «
pro-Palestiniens » autoproclamés auraient pu envoyer une délégation de
professeurs dans les villages palestiniens et les camps de réfugiés
pour apprendre l’anglais aux jeunes palestiniens. Ou ils auraient pu
envoyer une autre délégation dans la Bande de Gaza pour observer les
violations des droits de l’homme par les autorités du Hamas et aider
les femmes palestiniennes à affronter les fondamentalistes musulmans
qui essaient de limiter leur rôle à cuisiner, élever les enfants et à
pourvoir aux besoins de leurs maris.

Là est l’idée : substituons la Semaine de la Démocratie Palestinienne à
la semaine contre l’Apartheid israélien, qui pourrait servir à alerter
et encourager l’exigence de mettre un terme à la corruption financière
et à une mauvaise gouvernance.

Les militants “pro-Palestiniens” en Occident, clairement, n’ont cure
des réformes et de bonne gouvernance dans les territoires palestiniens.
Pour autant que ces militants soient concernés, délégitimer Israël et
faire de l’incitation contre les « Sionistes » est bien plus important
que de pousser à mettre un terme à la corruption financière et à la
violence au sein même de la société palestinienne.

Clamer au monde à quel point Israël et les Juifs sont mauvais et
démoniaques n’aide pas les Palestiniens, autant que le fait d’exiger un
bon gouvernement et d’encourager à l’émergence d’une classe dirigeante
jeune et « propre » (intègre) dans les territoires palestiniens.

Si le camp “pro-Palestinien” occidental investissait une somme
équivalente de ses efforts anti-israéliens à promouvoir la modération
et la notion de société civile parmi les Palestiniens, là oui, ce
serait leur rendre une fière chandelle.

Hurler des slogans anti-israéliens ou organiser la Semaine de
l’Apartheid israélien aux Etats-Unis ou au Canada ne fait pas
nécessairement d’un individu un “pro-Palestinien”.
Alors que promouvoir une meilleure gouvernance et des réformes dans les
territoires palestiniens peut faire de la même personne un véritable «
pro-Palestinien ».

Les Palestiniens n’ont aucun besoin que des étudiants ou des
professeurs sur des campus universitaires leur disent qu’Israël est
méchant. Ils disposent déjà d’assez de cette sorte d’incitation venant
du Hamas, du Fatah et d’autres médias et leaders arabes.

Il serait grand temps pour le camp ”pro-Palestinien” occidental qu’il
reconsidère ses politiques et ses tactiques. Il serait grand temps pour
ce camp de prêter une oreille attentive aux voix authentiques des
Palestiniens –ceux qui répètent nuit et jour que les Palestiniens
désirent de bons dirigeants et la fin de la corruption financière, de
l’anarchie et de l’absence de toute légalité.

http://www.aschkel.info/article-qu-est-ce-qu-etre-pro-palestinien-signifie-en-realite–39610467.html

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