Paracha Noa’h.

 

Sommaire :

1 – Pour quelles raisons est-il répété Noé deux fois ?
2 –
« …La terre s’était remplie d’iniquité »,
3 –
« Construis-toi une arche… »
4 –
La Torah, pour ou contre la science ?
5 –
Le vol
6 –
Une histoire.
7 –
Les 7 lois noa’hides

1 – Pour quelles raisons est-il répété Noé deux fois ?

Pourquoi n’a-t-on pas écrit : « Ceci est l’histoire de Noé, Noé fut un homme juste, parfait dans ses générations. » ?
Genèse, 6, 9.

1. une fois Noé : car il était un homme juste envers D-ieu

2. une fois Noé : parce qu’il était aussi un homme juste envers les hommes.

Nous trouvons parfois des hommes faisant leurs devoirs consciencieusement envers D-ieu, mais au contact des hommes, ils ne parviennent pas à être aussi entiers, soit ils ne le font pas du tout, soit ils le font moins bien.

De même, certains hommes sont très bons envers leurs prochains mais incapables de tourner leurs regards d’une manière authentique vers D-ieu.

Donc, le plus difficile est d’être à la fois en accord avec le Créateur et en même temps en accord avec son prochain.

Ce n’est pas facile mais c’est pour cela que nous sommes bne israel.

« Ceci est l’histoire de Noé, Noé fut un homme juste, parfait dans ses générations. » Genèse, 6, 9.

Pourquoi préciser « dans ses générations » ? « Juste », aurait suffit.

Rabbi Yo’hanan dit : « Dans ses générations, et pas dans les autres. »

Resh Lakish dit : « Si dans ses générations il était juste, en encore plus dans les générations plus pures qui seront à venir. » Le Talmud Sanhédrin, 108a.

Si déjà l’on peut expliquer le caractère de Noé d’une bonne manière, pourquoi chercher à le dénigrer ?

C’est que nos sages n’ont pas supporté que Noé n’ait pas prié pour sauver sa génération.
A la sortie de l’arche , Noé se mit à pleurer et dit:
 » Mon D-ieu pourquoi tu as détruit le monde .

 » Ce n’est que maintenant que tu pleures et que tu pries, tu aurais dû le faire avant ! » répondu Achem .

Abraham, qui lui aussi était seul dans sa génération, à l’annonce de la destruction de Sodome, n’a pu s’empêcher de prier et de plaider en faveur de ses habitants.


Selon cette explication, Noé aurait été tout petit à la génération d’Abraham.

« Voilà les descendants de Noé, Noé était un homme juste, parfait dans ses générations. »
Genèse, 6, 9.

Pourquoi est-il dit « voici les descendants de Noé » alors que la suite du verset nous parle des actions de Noé, et non de ses enfants ?
C’est pour nous faire comprendre, explique Rachi, que les descendants d’un homme se sont ses propres actions.

« Voici les générations de Noé, et Achem soutenait Noé. »

Le midrash dit que Achem conduisait Noé.

Rabbi Yehuda explique par une image qu’il s’agit d’un ministre qui avait deux fils.
Il dit au plus petit : « Marche avec moi. »
Et au plus grand : « Marche devant moi. »
C’est la même chose avec Abraham qui était animé d’une foi très forte envers D-ieu. On dit de lui qu’il marchait devant D-ieu.

Mais, au sujet de Noé, dont la foi était « plus faible » (toutes proportions gardées), on dit que D-ieu lui demanda de marcher avec Lui. D-ieu le tenait par la main afin que Noé fasse Sa volonté, sans cette main de fer, Noé restait
inactif et perplexe, il n’aurait pas fait de par sa propre initiative la volonté de D-ieu.
Abraham, quant à lui, était capable de faire la volonté de son Père de toutes ses forces, sans hésitation.

Conséquences de ces deux attitudes :

Abraham, s’est transformé et est devenu « le préféré » de D-ieu, ainsi que le père de tous les peuples. Il est l’origine du peuple d’Israël.
Il est aussi le symbole de la royauté divine sur terre, et le trésor des brakhot (bénédictions) lui a été donné pour toutes les générations.

Enfin, c’est trois fois par jour que nous le sanctifions à travers nos prières.

Noé en revanche, même avec tout le mérite de ses actes, il ne reste à la fin de sa mission qu’un homme dans toute sa simplicité, un homme de la terre (Ish haadama).
Il est celui qui, plantant une vigne, au lieu de profiter de la récolte d’un raisin lui venant directement du Gan Eden, s’en sert pour le mal. Il boit, se soûle et découvre sa nudité. A cause de cet acte incontrôlé, son fils cham recevra une malédiction : la dépravation des mœurs.

« D-ieu considéra que la terre était corrompue, toute créature ayant pervertie sa voix sur la terre. »
Genèse, 6, 12.

Il est intéressant de noter que la Torah emploie mot ‘hamas pour « perversion ».

2 – « …La terre s’était remplie d’iniquité »,Genèse, 6, 11.

Il est précisé « toute créature » pour nous enseigner que la tentation était à un point tel que même les animaux s’accouplaient entre différentes espèces et pervertissaient ainsi les lois de la nature.

Iniquité (vol) et perversion sont, malgré les autres fautes de la génération, les deux raisons pour lesquelles cette génération a été détruite.

Les actions de l’homme influencent les autres espèces dans leurs comportements.

Nos sages nous enseignent que la génération du déluge a fauté à cause du surplus de bienfaits dont D-ieu les gratifiait.

Comme le dit Rabbi Yts’hak : « Ils n’avaient besoin de semer qu’une seule fois tous les quarante ans et récoltez malgré tout chaque année.
Ils marchaient d’un bout du monde à l’autre en une petite heure.
Les lions et les panthères craignaient les hommes de cette génération. Le climat était doux toute l’année comme en un mois de mai. Les êtres humains vivaient plusieurs centaines d’années. »

Nous voyons donc que c’est ce surplus de générosité divine qui les a rendus
mauvais. Comme il est écrit : « il s’est engraissé, et il se révolta. » (Paracha Aazinou).

Ce qui le poussa à se révolter, c’est le fait qu’il s’était engraissé.

Noé fit entrer toute espèce des animaux de la terre dans l’arche.

Le midrash nous raconte que Noé ne se reposa pas dans l’arche mais qu’il était occupé à donner à manger à tous les animaux.

Un jour, alors qu’il arrivait en retard chez le lion, celui-ci, énervé, lui coupa le talon et Noé fut boiteux toute sa vie.

Le Rav Dessler pose la question suivante :

Pour quelle raison Noé devait-il donner à manger à toutes les bêtes, D-ieu n’aurait-il pas pu faire un miracle et pourvoir par un autre moyen à la subsistance des animaux ?

C’est que, l’une des causes du déluge fut l’antithèse de la bonté : le vol. Et l’homme, Noé, devait réparer cette faute en agissant par un surplus de bonté envers les animaux.

3 – « Construis-toi une arche… »

Pourquoi construire une arche ?

D-ieu ne pouvait-il pas les sauver d’une façon plus simple. Etait-il obligé de faire subir à Noé la construction d’une arche pendant 120 ans ?

Quand les gens voyaient Noé fabriquer ce bateau immense, coupant des arbres, ils lui demandaient :

« Pourquoi ce travail laborieux ? »

« D-ieu va amener le déluge dans le monde » répondait Noé.

Grâce à cet avertissement, la génération pouvait revenir vers le droit chemin.

Mais hélas, les hommes ne réagirent pas et se moquèrent de Noé.

Donc, bien que la construction de l’arche devait permettre aux autres hommes de revenir sur le droit chemin, devant cette absence vint le déluge.

Peut-être, chaque moment difficile que nous sommes susceptibles de vivre viennent-ils nous faire prendre conscience de notre devoir en tant que juifs.

Et certaines périodes peuvent être plus tendues, ou davantage chargées de signes sont là aussi pour nous faire comprendre que nous sommes proches d’un passage à une autre ère.

Comme l’accouchement et nous sommes peut-être ceux qui recevront le Machia’h (Messie) .

N’est-il pas écrit dans le Prophète Ezéchiel, dans le passage que nous avons lu à Souccoth : que la dernière guerre se fera autour de Jérusalem.

Ezéchiel, 25,15 : « Parce que les Philistins ont agi par vengeance, qu’ils se sont livrés à des représailles dans un profond ressentiment de mépris, cherchant à détruire dans leur éternelle haine, c’est pourquoi ainsi, par le Seigneur, Je vais étendre ma main sur les philistins.

4 – La Torah, pour ou contre la science ?
La Torah dit que nous sommes aujourd’hui en 5761, et la science affirme que la terre date de plusieurs millions d’années.

Qui a raison ?

1. La meilleure chose à faire pour aller chercher une réponse qui mérite davantage que quelques lignes dans un e-mail, c’est d’assister à un des Séminaires Oraïta ou Akhakhim qui expliquent de manière rationnelle et rigoureuse les enjeux d’un tel débat et les raisons qui font que science et Torah sont loin de se contredire, tel : 0139 921313.

2. Si la science progresse en apportant des preuves à ses hypothèses, certaines choses restent inexpliquées et la vérité scientifique se définit elle-même de « provisoire », c’est-à-dire attendant d’être réfutée.

Preuve d’une certaine sincérité s’il en est, mais surtout aveu de ses propres limites.

Donc,moi Juif, je garde ce qui est acquis, à savoir la Torah, vérité révélée dont ma foi porte le témoignage inflexible, quant à la « vérité » scientifique, elle peut se perdre dans le labyrinthe de ses démonstrations et de ses réfutations, son seul critère de certitude ne restera toujours que son adaptation à un réel qu’elle n’ose plus définir…

3. Quand D-ieu a créé l’homme et la nature, Il ne les a pas créés à l’âge d’un
jour (bebe), son origine n’est pas celle du paradigme contemporain de la « cellule ».
Et si un scientifique s’était trouvé là le jour de la création, après avoir établi son protocole expérimental, il aurait été obligé d’affirmer que la terre, bien que datée au carbone de plusieurs millions d’années, n’en était, en réalité, qu’à son premier jour !

4. Enfin, les thèses scientifiques les plus téméraires sont obligées de fonder
leurs démonstrations sur la supposition que le climat d’aujourd’hui fut sinon constant depuis la naissance de la terre, du moins qu’il n’aurait pas subi des variations telles qu’on ne puisse les repérer par projection sur une courbe probable de l’évolution. La Torah, pour sa part, nous apporte la description détaillée d’une catastrophe qui s’est propagée sur le monde entier : le déluge.
Déluge dont le Talmud nous dit qu’il s’agissait d’une eau à très haute température recouvrant toute la surface terrestre pendant plus de 150 jours. Il s’agit donc bien de conditions susceptibles de fausser toutes les pistes d’évaluation paléontologique des couches terrestres par le fameux test réactif du carbone.

Nous voyons que, si on le veut bien, il n’y a aucune incompatibilité entre la science et la Torah. Mais peut-être que certains scientifiques, comme Darwin et tant d’autres, sont intéressés à montrer qu’il y a une incompatibilité de nature entre les deux domaines que sont l’exercice rationnel et l’exercice raisonnable de l’intelligence. Ils veulent prouver que la Torah,  » ‘has ve Shalom « , est fausse. Mais une telle tentative qui vise à prouver que la Torah est fausse,
nous conduit aussi à rejeter toute forme d’obligation morale, cela nous pousserait à pouvoir nous comporter de n’importe quelle manière, noyés dans les théories du hasard, du chaos. Quelle réussite que d’avoir la conscience enfin calmée, sans autre gardien d’elle-même que ses propres affirmations… N’est-il pas temps que la science noue un véritable dialogue avec la morale universelle ?

5 – Le vol.

« D-ieu dit à Noé : « le terme de toutes les créatures est arrivé à Mes yeux car
la terre est remplie à cause d’elle d’injustice. »

Rachi explique que D-ieu n’a décidé la condamnation des habitants de la terre qu’à cause du vol.
Comme le dit le Talmud Sanhédrin, 108a : « Viens et vois comment est grande la force du vol. La génération du déluge a transgressé toutes les prescriptions qui lui avaient été faites, mais finalement, elle n’a été détruite qu’à cause du
vol. »

Pourquoi le vol est-il aussi grave ?

« Grande est la force de la paix. Même si Israël commet le crime de l’idolâtrie mais maintient en son sein la concorde, c’est comme si, du fait que cette nation se trouve entre Mes mains, mais que Moi D-ieu, Je ne peux rien leur infliger. »
Quand il y a le vol, la paix est absente. Voilà la raison de la destruction.
Toutefois toutes les autres fautes ne sont pas suffisantes pour que D-ieu puisse prendre la décision de détruire le monde.

Même pour « un rien du tout », l’interdit du vol s’appliquera. Cependant, on ne peut pour cela amener l’accusé devant un tribunal. Talmud, Dérekh Erets, Zouta, Chapitre 9.

Pourtant, pendant la génération du déluge, les hommes ne volaient pas plus qu’ « un rien du tout » ; ils allaient dans les magasins et ne prenaient chacun pas plus de la valeur d’une cacahuète, (Talmud de Jérusalem, Baba Métsia, Chapitre 4, halakha 2).

Et pourtant D-ieu les a tués parce qu’ils étaient encore dépendants des interdits appliqués aux bnéi Noa’h, qui sont redevables même sur « un rien du tout ».

Mais aujourd’hui, du fait que nous ne sommes plus des bnéi Noa’h, nous ne sommes plus jugés sur moins qu’ « un rien du tout ». La peine pour un vol de cette valeur sera tranchée par le Beit din d’en haut, et nous risquons de revenir en réincarnation (gilgoul), pour une telle faute.


6 – Une histoire.

Un jour le Baal Chem Tov décida d’acheter un cheval il alla trouvéune personne s’appelant Yossef ayant des chevaux et il choisi .

« non Rav ce n’est pas possible car ce cheval travail pour moi comme trois chevaux donc je ne veux pas le vendre ».

« Je suis prêt a payer le prix que vous voulez » et le Baal Chem Tov acheta trois fois son prix .
En partant avec le cheval ,le cheval mourut .

les élèves du Rav demandèrent une explication et le Rav leur dit:
 » un homme devait une grosse somme d’argent a Yossef mais cet homme mourut avant de lui avoir remboursé.

Donc cet homme redescendu en réincarnation de cheval .C’est de cette manière, qu’en travaillant de toutes ses forces, ce cheval remboursa ce qu’il devait à son propriétaire.
Séfer Oroth Hélim, p. 113.

Il faut distinguer deux manières de voler :

Entre celui qui vient plein jour, et celui qui le fait en cachette et/ou dans l’obscurité.
Le premier est plus grave que le second.
Pourquoi ?

Car le voleur en plein jour, reste « authentique », il n’a peur ni de D-ieu, ni des hommes.
Alors que le second a peur des hommes, mais non. de D-ieu

Il est plus grave de voler les goyim que de voler un Juif, car mise à part la faute du vol, un tel acte entraîne aussi la profanation du nom de D-ieu.

En dehors de la catégorie bien connue du vol des biens privés ou publics, il y a d’autres formes de vol :

Le vol du sommeil, le vol de la confiance.

« Et Noé a construit un autel à l’Eternel. »
La genèse, chapitre 8, verset 20.

Le Rambam, dans Les lois sur le Temple, chapitre 2, deuxième loi, dit que cet endroit est le même endroit où Abraham a entrepris le sacrifice de son fils Yts’hak, d’où Adam a été créé, et où il a offert son sacrifice ; où Abel et Caïn ont offert leurs sacrifices, qui sera l’endroit où David et Schlommo ont construit l’autel du Temple.
Cet endroit, cette montagne est l’endroit où les deux Temples ont été construits. Et là bas aussi sera construit le troisième Temple.
C’est pour cela que cette montagne que s’appelle « Har Abait », « la montagne de la maison ».

7 – Les 7 lois noa’hides.


Adam a reçu six mitsvoth :

1. Ne pas pratiquer l’idolâtrie.

2. Respecter le nom de D-ieu, c’est-à-dire l’interdiction de le profaner, de maudir le nom de D-ieu.

3. Ne pas commettre l’inceste, et s’éloigner de toute relation interdite.

4. Ne pas tuer.

5. Ne pas voler.

6. Avoir des juges, des tribunaux.

Et Noé, reçut une nouvelle mitvsa :

7. Celle de ne pas manger le membre d’un animal encore vivant.

Rambam, Loi sur les rois, 9, 1.

Tout celui qui prend sur lui ces lois et qui fait attention de les accomplir fait parti des justes du monde, il aura droit au monde futur. Idem, 6, 11.

Le judaïsme n’est pas un peuple missionnaire, et ne fait pas de prosélytisme. Il ne considère pas que tous doivent vivre de la même manière, ni que le principe de l’universalité qu’il reconnaît comme un des fondements du monothéisme devrait obliger les autres à s’y conformer. Au contraire, il affirme que chacun peut avoir une place méritante en accomplissant ce qui lui est demandé à son propre niveau.

7 commandements pour toutes les nations du monde, 613 pour Israël.

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