rachi dansl’exegese chretienne du moyen age

Posté le 09.02.2008 par israelsionisme

Rachi dans l’exégèse chrétienne au Moyen-âge » Par Philippe Haddad
Rachi et l’exégèse chrétienne au Moyen Âge[1] :

Introduction :

Le dialogue judéo-chrétien est né après la Shoah, quand l’Eglise prit conscience des conséquences de « l’enseignement du mépris » (d’après le livre de Jules Isaac) dans les consciences. Ce que l’on sait moins c’est qu’un dialogue existait déjà au Moyen-Âge. Certes, il ne s’agissait pas de grandes conférences, de grands débats devant un large public comme aujourd’hui, mais d’échanges entre l’élite intellectuelle ; pour autant, il nous paraît important de le rappeler ici.

Ainsi il se trouva des chrétiens qui demandèrent à des juifs de les aider dans leur lecture des textes bibliques, de même que certains commentaires chrétiens ne laissèrent pas indifférents l’exégèse juive. (Pour plus d’informations sur le sujet, nous renvoyons le lecteur à l’ouvrage de Gilbert Dahan « Juifs et chrétiens en occident médiéval. Rencontre autour de la Bible ». Revue de Synthèse N°110.)

A l’analyse, on peut s’étonner que des chrétiens aient pu demander aux juifs de les aider à lire la Bible. Pourquoi ? Car l’Eglise voyait dans ce qu’elle appelle L’Ancien Testament, une préfiguration du Nouveau. Le dogme avait été ainsi élaboré : l’ancien texte préparait l’Evangile, comme l’ancien Israël préparait la venue du Christ. La lecture était alors typologique, c’est-à-dire que tous les éléments des premiers récits annonçaient ce qui allait se passer. Ainsi les trois anges rendant visite à Abraham préfiguraient « le Père, le Fils et le saint Esprit », de même la ligature d’Isaac (akédath itshak) annonçait la mort de Jésus.

(Ce type de lecture est aussi appliqué dans l’exégèse rabbinique, selon la formule maassé avoth siman labanim « l’action des pères est un signe pour les fils » ; mais au lieu de plaquer les évènements passés sur un personnage (Jésus), ils annoncent l’histoire collective d’Israël.) D’une certaine manière l’Eglise n’avait plus besoin de la Synagogue. On sait que sur le fronton de la cathédrale de Strasbourg, deux femmes sont représentées, l’une les yeux voilés, symbolisant la synagogue aveugle au message christique.

Pourtant, des exégètes chrétiens s’adressèrent aux juifs ! Que cherchaient-ils ? Deux aides essentiellement :

1. Traduire le texte biblique le plus justement possible, ce qui signifiait connaissance de l’hébreu et aussi de l’araméen ;

2. Comprendre le sens littéral du verset.

Dès lors on peut comprendre que le commentaire de Rachi (1000 – 1105) ait intéressé au plus point le monde intellectuel chrétien, puisque les questions mentionnées traduisaient exactement la préoccupation du maître de Champagne.

Exégèse juive, exégèse chrétienne au XIIème siècle :

Une bonne partie de l’œuvre exégétique chrétienne du XIIème siècle, en France, se réfère régulièrement à l’exégèse juive. Certes, avant cette période, quelques Pères de l’Eglise y puisent, surtout saint Jérôme, mais à partir du XIIème siècle, les références deviennent plus nombreuses.

Pourquoi Rachi interpelle-t-il l’herméneutique chrétienne ? Parce que notre commentateur inaugure une nouvelle méthode d’interprétation. Non seulement il pose son commentaire presque sur chaque mot, mais il quitte, autant que faire se peut, le Midrash pour le sens littéral (pchat).

En effet, avant lui, la Torah sert soit à déduire la halakha, c’est-à-dire le comportement rituel, soit à développer de grandes idées morales et autres fioritures sur les récits bibliques. Le Midrash, qui signifie « Recherche », se situe au plan de la symbolique, du philosophique et de l’éthique. Le texte n’est alors que prétexte pour engendrer une floraison de réflexions sur l’homme face à Dieu et face au monde.

On peut expliquer la réussite du Midrash par le fait qu’il parle à l’imagination, à la fantaisie, voire au rêve. Il attire plus naturellement l’auditeur, il correspond sans doute à la psyché du monde oriental, plus mystique, plus croyant, moins prompt à la critique. C’est d’ailleurs sur ce mode que toute la pensée chrétienne se construit. Jésus propose des paraboles, qui sont des formes midrashiques. Ultérieurement, l’Eglise bâtit sa doctrine à partir de l’esprit du texte plutôt que de la lettre. La Loi rigoureuse et exigeante n’a plus de raison d’être, puisque seule la foi en Jésus sauve. A la limite, l’existence du Midrash arrangeait les chrétiens, non seulment pour affirmer leur doctrine, mais aussi pour renvoyer aux Juifs leur propre méthodologie afin de l’appliquer à la vérité évangélique. En d’autres termes, le chrétien pouvait interpeller le juif par le syllogisme suivant : « Puisque vous croyez dans l’interprétation midrashique, vous pouvez croire dans l’interprétation de Jésus ; et puisque cette méthodologie pose le principe de la lecture typologique, alors admettez que l’Ancien Testament annonce le Nouveau ! »

Or voilà que Rachi rompt avec ce type d’approche. Bien sûr, il ne nie pas le Midrash, comme donnée herméneutique, il en relativise la portée. « Et moi ; je ne suis venu que pour expliquer le pchat, le sens littéral, du verset » répète-t-il dans quelques gloses – (Par exemple Genèse / Béréchith XXXIII, 20). D’ailleurs, lorsque la littéralité pose problème, il n’hésite pas à faire appel au Midrash. (Par exemple, pour Rachi, le récit de la Création ne doit pas être entendu au sens premier, mais comme une allégorie signifiant qu’il existe un Créateur au monde. Genèse / Béréchith I, 1.)

La recherche du sens obvie signifie pour le rabbin de Troyes de comprendre correctement les termes hébraïques, en se référant au targum (la traduction araméenne de Onkélos), aux grammairiens espagnols, aux sciences de son époque. Selon le témoignage de son petit-fils, Rachbam (Rabbi Shmouel ben Meïr), Rachi regretta à la fin de sa vie de n’avoir pu tout interpréter selon le sens littéral. (Cf. Genèse / Béréchith XXXVII, 7).

Il se trouve que ce mouvement opéré par Rachi s’inscrit dans le propre mouvement de la pensée chrétienne, qui s’élabore. Phénomène récurrent dans l’histoire des idées, peut-il faut-il voir ici la concordance de la pensée universelle ? En tout cas, il demeure certain que les XIème et XIIème siècles constituent pour l’Eglise une époque de transition, et donc de mutation. Citons, sans en approfondir les thèses, des auteurs comme Abélard qui réalise un travail critique sur les Pères, ou saint Anselme qui réfléchit aux fondements de la foi authentique. Ces études et d’autres bousculent le confort intellectuel de la pensée chrétienne.

L’une des grandes avancées de cette réflexion porte sur le statut du texte biblique. S’il est bien d’inspiration divine, il utilise un langage humain, transmis par des hommes, de plus il se situe dans un contexte historique et linguistique précis. Il s’ouvre donc à une certaine critique (non pas au sens de l’athéisme, évidemment), à une recherche sémiologique et archéologique. Au fond, ces nouveaux penseurs du christianisme renouent avec la formule talmudique : « La Torah parle le langage des fils de l’homme. »

La rencontre avec Rachi, dont la renommée dépasse le seul cadre de la communauté juive, paraît alors s’imposer. Nous citerons deux sources exégétiques particulièrement actives : L’Ecole de Hugues de Saint-Victor et « l’Ecole biblique morale » deux groupes parisiens très actifs.

L’Ecole de Saint-Victor :

Dans le premier groupe, Hugues et ses disciples, surtout André, fréquentent les Juifs lettrés. Les citations des rabbins sont fréquentes sous leur plume.

Rachi est-il cité nommément ? Pas vraiment. Pour une raison simple : ces exégètes chrétiens ne connaissent pas l’hébreu, ils travaillent à partir d’enseignements oraux, qu’ils recueillent précieusement. Dans leurs écrits, nous trouvons juste des mentions comme Hebreus dixit. Ajoutons que de nombreux commentaires ont été détruits par des autodafés, au moment des Croisades, et qu’il est difficile de retrouver toutes les sources. Cependant, il est possible de reconnaître quelques commentaires ciblés.

Un exemple chez Hugues de Saint-Victor :

Dans Genèse / Béréchith XLIX, 12, nous lisons : « Rouges (Haklili) les yeux de vin ». Le terme Haklili est difficile à traduire. Hugues commente, (il écrit en latin) : « Ce terme désigne selon les Hébreux, l’abondance de vin qui apparaît dans les yeux du buveur. » Or que dit Rachi : « Haklili signifie rouge selon la traduction araméenne de Onkélos… car les buveurs ont l’habitude d’avoir les yeux rouges. »

Un exemple chez André de Saint-Victor :

A propos de Deutéronome / Dévarim XXXIII, 2 : « L’Eternel est venu du Sinaï, il a brillé pour eux depuis le Séïr, Il a resplendi sur le mont Paran », André commente : « Les Hébreux expliquent que le Seigneur a envoyé des anges vers les Iduméens (les descendants d’Esaü) et vers ceux du mont Paran pour leur proposer la Loi, mais ils refusèrent. Il vint alors vers les juifs au mont Sinaï avec des milliers d’anges. » De nouveau, nous retrouvons la source chez Rachi dans son commentaire sur Dévarim. Ces deux auteurs cités ouvriront la voie à un grand exégète chrétien : Nicolas de Lyre.

L’Ecole biblique morale :

Il s’agit là des disciples directs ou indirects des victoriens. La caractéristique de leur écriture consiste à citer fréquemment les sources juives. Trois maîtres se succèdent dans ce travail :

– Pierre le Mangeur, de Troyes : auteur d’une sorte d’histoire biblique qui utilise l’exégèse ;

– Pierre, le Chantre ;

– Etienne Langton, futur archevêque de Canterbury.

De leur œuvre, il ressort que les liens entre chrétiens et Juifs sont maintenus jusqu’à la veille de l’expulsion par Philippe-Auguste.

Cependant, comme chez les victoriens les auteurs juifs ne sont pas cités, on peut malgré tout les deviner, dont Rachi.

Prenons Nombres / Bamidbar XXVII, 3, le cas des filles de Tsélofad qui réclament l’héritage du père en l’absence d’une descendance mâle. Qui est ce Tsélofad ? Rachi l’identifie à celui qui avait porté le bois le jour du Shabbath et qui fut exécuté (selon le traité Shabbath 86b sur Nombres / Bamidbar XV, 32 à 36). Pierre le Mangeur et Pierre, le Chantre, reprennent cette même tradition.

La première mention de Rachi dans une source chrétienne :

C’est à la fin du XIIème ou au début du XIIIème siècle, qu’une allusion à Rachi est explicitement mentionnée, dans un manuscrit latin. Il s’agit d’un commentaire sur les Psaumes (selon la traduction de saint Jérôme, et non selon la Septante). Ce commentaire est dû à un disciple d’André de Saint-Victor : Herbert de Bosham. Contrairement à son maître, il connaît l’hébreu et cite des sources traditionnelles juives comme Le Makhbéreth (Cahier) d’un grammairien espagnol, Ménahem ibn Zarouk ou Dunash ibn Labrat (tous deux cités par Rachi également). Le nom de Rachi est mentionné en marge du commentaire par la mention « Salomon » (qui est bien sûr notre Shlomo ben Isaac).

Voici le commentaire d’André sur Psaume LXVIII, 36 : « Le lettré moderne (Salomon = Rachi) dit que leurs anciens ont interprété ce psaume jusqu’à Béni soit l’Eternel comme se rapportant au don de la Loi, de même « la pluie volontaire » (gueshem nédavoth) comme se rapportant aussi à la Loi. »

Voici le commentaire de Rachi : « Nos maîtres ont interprété ce psaume jusqu’à Béni soit l’Eternel à propos du don de la Torah, de même pour « la pluie volontaire » qui se rapporte au don de la Torah. »

Un contemporain de Herbert de Bosham, d’origine anglaise, Alexandre Neckham, raconte ses échanges avec des maîtres juifs de Paris. A propos du Cantique des Cantiques III, 7 : « Voici le lit de (roi) Salomon », il commente : « Selon l’interprétation des Hébreux, le lit de Salomon n’est autre que l’arche d’Alliance au-dessus de laquelle brille la gloire divine. »

Ecoutons Rachi : « Le lit de Salomon représente la tente du rendez-vous (ohel moëd) et l’Arche qui étaient dressées dans le désert. »

Le Talmud accusé :

Si le nom de Rachi (Salomon) reste assez exceptionnellement mentionné, les choses changent à partir de 1240. Que se passe-t-il cette année là, où règne saint Louis ? L’année 1240 marque le début de la controverse menée contre le Talmud, qui aboutira en 1242 (ou 1244) à son brûlement en place public à Paris.

Nous résumons ici une brillante étude parue dans la revue Sens de septembre 1991.

Voici les faits : Un apostat du nom de Nicolas Donin dénonce, auprès du pape Grégoire IX, le Talmud. Non seulement cet œuvre fait de l’ombre à la loi de Dieu, mais de plus elle est emplie d’ignominies et même de blasphèmes à l’égard du christianisme. Le pape demande aux Dominicains ou aux Franciscains de régler l’affaire, seule l’Eglise française suit l’ordre papal.

L’ensemble du dossier se trouve toujours à la Bibliothèque nationale (manuscrit latin 16558), constitué des extraits du Talmud, traduits en latin, sur lesquels portent les accusations, classées par thèmes.

Selon Gilbert Dahan : « Si l’on fait abstraction du côté polémique qui a présidé au choix des passages, il s’agit là d’un travail remarquable. »

Or, ce qui est intéressant ici est que le Talmud incriminé est glosé des notes de Rachi. Rachi devient d’un coup célèbre dans tout le monde chrétien.

Voici d’ailleurs un morceau, tiré de traduction, de la préface :

« S’ensuit un dossier sur les gloses e Salomon de Troyes, le plus grand commentateur, selon les Juifs, aussi bien de L’Ancien Testament que du Talmud. Et… bien qu’il ait eût exposé l’Ancien Testament de façon telle qu’il n’en ait rien laissé d’intact, on ne trouvera ici qu’un petit nombre de la masse de ses erreurs… La multiplication de leur citation ne pourra que faire naître l’ennui chez les lecteurs. Ces quelques extraits pourront néanmoins suffire à démontrer son aveuglement et celui de ses émules : le reste, en effet, ne contient rien de bien différent de ce que l’on peut trouver dans ce qui suit ; (les explications) sont tirés du Talmud, car il est écrit au chapitre Héleq : Celui qui dévoile un visage de la Loi et ce en dehors de la Halakha, c’est-à-dire le Talmud, même s’il possède la Loi et les bonnes actions, n’aura pas de part au monde futur. »

Nous constatons que Rachi est nommé ici « Salomon de Troyes », il est connu comme commentateur de la Bible et du Talmud, et aussi comme autorité religieuse.

Cette partie du dossier offre 160 gloses de notre maître. Chacune d’elle est accompagnée en marge de sa référence biblique. S’y ajoute une appréciation : erreur, sortilège, Talmud, blasphème, goy.

Par exemple, le verset d’Exode / Shémoth IV, 20 qui décrit le départ vers l’Egypte de Moïse, avec sa femme et ses deux fils. Le texte précise qu’il les fait monter sur un âne, et Rachi de commenter : « Cet âne est celui sur lequel monta d’Abraham, pour la ligature d’Isaac, et sur lequel sera assis le messie, comme il est dit : Voici ton roi… montant sur un âne. »

Quelques traductions possèdent une grande valeur, puisqu’un grand nombre de textes rabbiniques furent censurés soit par l’Eglise du Moyen Âge, soit par les Juifs eux-mêmes, en général des textes qui font référence aux non-Juifs. Or, l’historien découvre dans ce ms.lat. 16558 des textes d’avant la censure.

Ce qu’il est important de souligner, c’est qu’à travers cette polémique, les exégètes chrétiens découvrent à la fois la tradition talmudique et le commentaire de Rachi. Certes, si la partie officielle de l’ordre ecclésiastique continue à être mené jusqu’au XVIème siècle, et même plus tard, divers auteurs indépendants vont s’intéresser à cette tradition, soit pour critiquer le judaïsme, soit pour mieux comprendre la Bible.

Cette métamorphose s’opérera en 1263, lors de la controverse de Barcelone (le judaïsme étant défendu par Nahmanide). Lors de cette disputation se trouvera l’un des plus hébraïsants de son temps : Raymond Martin. Avec lui, commencera l’utilisation plus positive des auteurs rabbiniques du Moyen Âge, et notamment Rachi.

Les chrétiens hébraïsants :

Raymond Martin est un dominicain. (Les Dominicains furent les principaux Inquisiteurs. Si idéalement, il ne devait utiliser que la controverse orale, comme saint Dominique, le fondateur, certains n’hésitèrent pas à utiliser la torture et le bûcher. Cf. le très bon film de Jean-Jacques Anneau « Le nom de la Rose ».) Martin est donc connu pour ses œuvres polémiques contre le judaïsme et l’islam. Il s’y révèle comme un excellent hébraïsant, Rachi est souvent cité, cette fois nommément, par « Rabbi Salomon ».

Voici une traduction sur le prophète Osée (III,5) : « Voici une tradition qui se trouve dans la glose de Rabbi Salomon sur Osée, chapitre III, verset 5, où il est dit : Il existe une tradition au nom de rabbi Shimon bar Yohaï : Au temps de Roboam, Israël rejeta trois choses : le royaume des cieux, le règne de la maison de David et le Temple. »

A la suite de Raymond Martin, un autre auteur chrétien aura une grande influence, non en tant que polémiste, mais en tant qu’exégète : Nicolas de Lyre. Le commentaire de ce Franciscain sur toute la Bible aura une influence sur l’Eglise jusqu’au XVIème siècle. Dans un passage il expose sa doctrine en matière d’autorités hébraïques : de même , écrit-il, qu’il existe une hiérarchie chez les chrétiens entre la Bible, les Pères de l’Eglise, les commentateurs médiévaux, de même les juifs considèrent comme autorités des textes de différents niveaux : l’Ancien Testament, le Talmud, la littérature rabbinique, les commentateurs du Moyen Âge. Parmi ces derniers, Nicolas de Lyre offre une place de choix à Rachi (désigné par Ra.Sa.) D’ailleurs dans la pagination, le commentaire de Nicolas ressemble à celui de Rachi.

Au XVème siècle, un juif converti du nom de Paul Burgos s’en prendra violemment aux commentaires de Nicolas de Lyre, égratignant au passage Rachi, bien évidemment. Divers auteurs répliquèrent pour défendre Nicolas.

Conclusions :

De cette étude, qui pourrait être abondamment développée, nous pouvons tirer une double conclusion. Tout d’abord le dialogue entre Juifs et Chrétiens a bien existé au Moyen Âge, même dans des périodes sombres. Néanmoins, il ne s’agit pas du moderne dialogue inter-religieux, nous n’en sommes pas là, mais bien d’une rencontre entre élites intellectuelles. Ajoutons que nous ne sommes pas en présence d’un échange d’égal à égal, mais dans le contexte où l’Eglise s’affirme en tant que Verus Israël, Nouvel Israël, avec l’anti-judaïsme qui en découle.

La seconde conclusion concerne la place de Rachi. Le fait qu’il ait été cité dans des sources chrétiennes, prouve que son nom a dépassé les frontières de la communauté juive. Critiquée ou reconnu, il devient une référence incontournable.

——————————————————————————–

[1] Source : Gilbert Dahan « L’exégèse chrétienne de la Bible en Occident médiéval XIIe-XIVe siècles ». Cerf 1999.

Publicités