Guerre technologique : l’Iran est nu (info # 012101/8)
Par Jean Tsadik
Tecsar

© Metula News Agency

Le satellite Tecsar mis en orbite ce lundi matin
Photo IAI

 

Dernière minute :

 

Au moment de diffuser l’article de Jean Tsadik ci-après, la rédaction apprend qu’Israël a effectué le lancement du satellite Tecsar depuis la base de Sriharikota en Inde.

 

Ce satellite de 300 kilos, fabriqué par les Industries Aérospatiales d’Israël (IAI), a été propulsé par un vecteur indien, dont l’usage est beaucoup moins onéreux que les fusées domestiques, qui avaient mis en orbite, depuis la base de Palmakhim, les satellites Ofek 5, au printemps 2002 et Ofek 7, en juillet dernier.

 

D’autre part, l’emploi d’une fusée indienne participe à l’équilibrage, entre l’Inde et Israël, des échanges intervenants dans le cadre du vaste programme aérospatial et stratégique en cours entre les deux pays.

 

Tecsar est un satellite-espion, destiné principalement à l’identification de sites sensibles en Iran et en Syrie. Il dispose de la capacité de transmettre des informations d’une extrême précision en toutes situations météorologiques, même lorsque le terrain est recouvert par d’épaisses couches nuageuses.

 

Le lancement s’est déroulé à cinq heures ce matin, heure de Jérusalem, et le satellite s’est correctement placé sur son orbite désignée. A 7h 10, les diverses stations terrestres de l’IAI ont reçu des signaux établissant que les paramètres de Tecsar fonctionnent convenablement.

 

Israël prévoit de lancer deux satellites-espions supplémentaires au titre de sa coopération stratégique avec l’Inde.

 

Cette information vient encore renforcer les observations proposées par Jean Tsadik dans l’article qui suit.

 

 

La rédaction

 

  

Guerre technologique : l’Iran est nu

Par Jean Tsadik © Metula News Agency


Dans la guerre à distance que se livrent les savants israéliens et iraniens, ceux de l’Etat hébreu possèdent plusieurs longueurs d’avance. Ils en ont fait à nouveau la démonstration, jeudi dernier, en procédant aux essais en vol d’un missile balistique de la famille des fusées Jéricho.

 

Le programme Jéricho n’est pas nouveau, il a même été initié voilà plusieurs décennies. Ceci dit, s’agissant des fusées porteuses de tout ce qu’Israël lance dans l’espace par elle-même, – le moteur du Ketz-Arrow-Flèche, le vecteur des satellites secrets, de la force de frappe stratégique, etc. -, ce projet est sans cesse mis à jour.

 

Officiellement, nous en serions au stade opérationnel du Jéricho 2, incluant des lanceurs à plusieurs étages, capables d’atteindre des objectif situés à 4 500 kilomètres de leurs point de lancement, soit, par exemple, toutes les cibles situées sur l’ensemble du territoire perse.

 

Les experts de l’Etat hébreu travaillent également sur le Jéricho 3, un missile balistique intercontinental, qui pourra détruire n’importe quel objectif situé sur un point quelconque du globe. Aucune information divulguée au public ne permet de connaître le niveau d’avancement de la phase Jéricho 3. Ce que nous voulons en dire, c’est qu’une fois ce niveau atteint, Israël fera son entrée dans le cercle très fermé des Etats possédant des fusées intercontinentales, cercle qui compte dans ses rangs les USA, la Russie, la Chine, le Royaume-Uni et la France.

 

Quant à l’essai de jeudi, il s’agit probablement du test d’un moteur à deux étages, formant un maillon de transition entre les projets Jéricho 2 et 3. La fusée, lancée de la base secrète de Palmakhim, dans le Sud d’Israël, a tracé un superbe panache blanc dans le ciel hiérosolomytain, – provoquant un début de panique chez certains habitants – avant d’aller heurter la surface de la Méditerranée.

 

Elément cocasse, mais pas fortuit pour autant, le missile s’est écrasé au point précis, à quelques mètres près tout au plus, de l’emplacement où s’était abîmé, quelques jours plus, tôt, un missile d’entraînement, lancé par une escadre méditerranéenne, (constituée, pour cette manœuvre, de bâtiments prélevés sur d’autres plans d’eau), de la marine russe.

 

Lors du tir de jeudi, des navires israéliens et américains empêchaient à tous les trafics maritimes l’accès à la zone du point d’impact estimé du missile Jéricho.

 

Ces éléments sont riches d’enseignements pour les observateurs, tant amis qu’hostiles :

 

A.     Les Israéliens sont suffisamment confiants dans leur technologie et leur matériel afin d’effectuer des essais dont les trajectoires passent au-dessus de leurs agglomérations principales.

 

B.     Ils ont tenu à démontrer aux Russes, en pleine visite de leur ministre des Affaires Etrangères Tsipi Livni à Moscou, qu’ils disposaient d’une précision de tir en tous points remarquable.

 

Cette démonstration était également destinée aux Iraniens : elle illustre à leur intention que l’Etat hébreu est capable d’envoyer certaines des 200 à 400 ogives nucléaires à sa disposition (les quantités divergent selon les sources étrangères) frapper le territoire iranien. C’est maintes fois suffisant pour rayer la République Islamique d’Iran de la carte du monde, ce dont le président Ahmadinejad menace Israël au moins une fois hebdomadairement.

 

Mais la présentation de capacité illustrée de jeudi était porteuse de trois messages largement plus préoccupants pour la junte théocratique au pouvoir à Téhéran : premièrement, la technologie maîtrisée par l’ »entité sioniste » se situe parmi ce qui se fait de mieux dans le domaine. Il s’agit de réalisations technologiques du XXIème siècle, par contraste avec les Scud dopés à la sauce Nord-coréenne et pakistanaise, dont dispose l’Iran, et dont la conception originale date des années 60, et même 50. Il suffit, pour saisir la différence entre les deux options, de mentionner que les Jéricho possèdent une précision d’impact avérée bénéficiant d’un taux d’erreur bien inférieur à 10 mètres. En ce qui concerne les missiles balistiques dont dispose l’Iran, il convient de parler d’armes semi opérationnelles, dont l’usage menacerait aussi bien Beyrouth, Damas, Aman, que Tel-Aviv.

 

Deuxièmement, le régime des mollahs se trouve totalement sans défense face à la menace constituée par les Jéricho, ne disposant d’aucun système capable de les intercepter en vol. En ce qui concerne Israël, elle peut compter sur ses Khetz, qui sont en phase opérationnelle, disposés depuis plus de deux ans sur divers sites de lancement situés en Terre Sainte. Ce second déséquilibre signifie pour les mollahs, qu’en cas d’attaque surprise de leur part, rien ne leur garantit le moindre succès. Qui plus est, ils pourraient ensuite se trouver dans une situation stratégique terrifiante : avoir manqué une attaque de destruction massive contre Jérusalem, et se trouver, sans la moindre défense, dans l’attente de sa contre-attaque.

 

Troisièmement, le bouclier de défense contre les menaces iraniennes – Le Dôme de fer -, les fusées Jéricho, les bombardiers F-15 à long rayon d’action, et, surtout, les armes nucléaires israéliennes existent et sont totalement opérationnels hic et nunc, ici et maintenant. L’Etat hébreu, s’il le jugeait nécessaire, pourrait détruire n’importe quel objectif en Iran – ou l’Iran – dès demain matin, et ce, en disposant de plusieurs moyens d’attaques alternatifs, et d’un système de défense efficace. Quant à la République Islamique, elle espère posséder un système d’attaque et la bombe atomique dans les années à venir, à une date qu’il est aujourd’hui impossible de fixer avec précision.

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