la brit mila ou circoncision

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

par Moche CATANE La circoncision est-elle une mesure d’hygiene ?

Le judaïsme n’a jamais professé que le monde, tel qu’il a été placé entre les mains de l’homme aux origines de l’histoire, était parfait par définition. Contrairement aux autres éléments qui le remplissent, fleuves et pierres, animaux et forces subtiles que découvre et analyse la physique, Adam et sa postérité ont été chargés d’une mission. Tout le reste est passif, au sens qu’il n’y réside pas de volonté propre, que le déterminisme s’applique à toutes ses métamorphoses. L’être humain, lui, suivant la doctrine juive, est laissé matériellement libre de choisir le bien ou le mal, et cela ne comprend pas seulement la responsabilité morale, mais aussi le devoir de combattre tout ce qui est mauvais dans la nature. La maladie, la misère, la tristesse existent pour qu’on en triomphe au même titre que le péché. Et Israël se félicite d’avoir enfanté tant de médecins, tant de réformateurs sociaux et tant de consolateurs de l’âme, outre tant de justes de la vie courante.

En tout cas, la tradition est constante sur ce point: c’est une obligation formelle de guérir tous les maux. D’après les méthodes de l’exégèse talmudique, qui s’écarte volontiers du sens propre des versets, l’impératif sanitaire ressortirait de la phrase: « Vous prendrez bien garde à vos forces vitales » (Deutéronome 4, 15), mais de nombreux autres passages l’indiquent plus explicitement: « Prends garde aux plaies de lèpre » (ibid., 24, 8 que justement nos Sages interprètent d’une autre manière); un individu qui en a frappé un autre sans suite grave « ne donnera que la contre valeur de son chômage et devra le faire saigner » (Exode 21, 19).

La médecine admet presque unanimement que le prépuce ne joue aucun rôle physiologique utile

Bien plus, la législation rabbinique, s’appuyant sur le texte du Pentateuque, autorise toute infraction aux commandements divins pour préserver la santé de quelqu’un. Cette règle, illustrée par la sentence: « Vous garderez mes édits et mes arrêts, grace auxquels vit l’homme qui les fait… » (Lévitique 18, 5. Commentaire du Talmud:  » quand l’homme en vit et non quand il en meurt « ), ne comporte que trois exceptions: le meurtre, la débauche (c’est-à-dire les liaisons interdites ) et l’idolâtrie, car ces crimes sont considérés comme plus terribles que la mort.

Dans ces conditions, la seule question qui se pose est si la circoncision est hygiénique ou non. Bien que, dans un tel domaine, il puisse y avoir des opinions divergentes, la médecine admet presque unanimement que le prépuce ne joue aucun rôle physiologique utile. Par contre, il peut causer des infections (phimosis), qui exigent d’en faire l’ablation à ceux qui les ont contractées. C’est pourquoi cette opération est d’usage dans certaines peuplades et, dit-on, s’est maintenue dans la famille royale de Grande-Bretagne. Naturellement, il vaut mieux l’exécuter sur un nouveau-né s’il est bien portant, parce que l’intervention est alors plus facile, tandis que, pour un adulte, à part les répugnances psychiques à vaincre, il s’agit d’une affaire autrement compliquée. Tout cela pour répondre aux opposants « médicaux ».

Mais il est bien évident que le précepte divin dépasse la portée hygiénique de l’acte.

UN GARDE-FOU INDÉLÉBILE

L’HOMME est entouré de tentations. Plus que la femme, parce que son caractère est en général plus actif, parce qu’il aime davantage l’initiative. Malgré les changements de notre siècle, qui essaie d’effacer les différences entre la condition masculine et la condition féminine, il reste que nos compagnes, pour des raisons physiques et mentales, sont plus réceptives qu’offensives.

La Loi juive, reconnaissant cette moindre tendance de la femme à « poursuivre le mal », à rechercher des méfaits à commettre, la dispense des « commandements positifs à référence temporelle », qui jalonnent la vie quotidienne et le calendrier annuel des enfants d’Israël, afin de leur rappeler sans cesse la voie droite dont il ne faut pas s’écarter. Ainsi, elle n’a pas besoin des franges (tsitsitt) que l’homme porte « pour que vous vous souveniez de tous les préceptes de D.ieu et que vous les fassiez, et que vous n’erriez pas après votre cœur et après vos yeux, par lesquels vous vous laissez dévoyer » (Nombres 75, 39).

La passion la plus forte qu’un mortel puisse subir est celle qui l’entraîne à s’unir charnellement au mépris des interdictions divines.

Or la passion la plus forte qu’un mortel puisse subir est celle qui l’entraîne à s’unir charnellement au mépris des interdictions divines. L’on nous trouvera peut-être vieux jeu, mais l’anarchie proclamée ces derniers temps en matière d’éthique sexuelle n’entame en rien notre conviction que la discipline dans ce domaine est la condition de l’amour et du bonheur. C’est probablement l’idéologie chrétienne , jetant par principe l’opprobre sur les relations entre l’homme et la femme, qui est responsable de l’explosion actuelle. Le judaïsme n’a rien contre le « sexe »; au contraire, il met à une place très haute les satisfactions du couple; il les considère même comme actions méritoires (et pas seulement pour reproduire l’espèce), mais à condition qu’elles aient lieu dans le cadre de la bénédiction conjugale, et avec des restrictions et des discrétions qui renforcent encore leur caractère sacré.

Et, au dernier degré de la tentation, l’homme se trouve nu. Tout ce qui faisait sa respectabilité, tout ce qui lui remettait en mémoire sa position et ses options, est rejeté dans le tas de ses vêtements. A cet instant il ne lui reste plus que la marque indélébile dans sa chair pour le retenir de se conduire comme une bête que dominent ses instincts. L’un des midrachime les plus poignants dépeint l’aventure de Joseph avec la femme de Putiphar. Adolescent solitaire, pouvait-il rester indifférent aux charmes de cette noble dame? Non, il s’était rendu à la maison « pour faire son ouvragé », au fond parce qu’il était décidé à céder à la belle séductrice. Mais, à la dernière seconde , le jeune homme se reprit et s’enfuit , laissant son habit entre les mains de la femme. N’est-ce pas le signe de l’alliance d’Abraham qui avait été l’ultime et décisif obstacle? (Talmud, Sota 36 b).

(Extrait de « Oui, je fais circoncire mes enfants », avec l’aimable autorisation du Departement de l’Education et de la Culture par la Torah de l’Agence Juive).

Moché Catane (1920-1995) descend d’une vieille famille juive alsacienne. Après la Shoah qui décima une grande partie des siens, il s’installe à Paris, où il mène de front son activité de bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale et des activités sociales et communautaires. Il s’installe à Jérusalem avec sa famille en 1949, où il est chef de departement à la Bibliothèque Nationale et Universitaire. Journaliste pour la section francophone de la radio nationale israëlienne, il collabore à de nombreuses revues d’actualité et scientifiques. Il a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles sur l’histoire juive, l’exégèse biblique, la langue et littérature rabbinique et la philosophie juive. Il est décoré des Palmes Académiques par la France et du Prix du Président de la Knesset pour son action dans le but de resserrer les liens culturels entre la France et Israël.

paracha bechela’h

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

Paracha de La Semaine.

Chemot : Bechalah .

Nous savons que la possibilité pour l’homme, de connaître et de comprendre les mystères éternels lui impose une certaine conduite. S’il s’y refuse et s’écarte de la voie qui lui fixée, il peut encourir des peines qui lui sont en partie indiquées par la Torah (Lévitique XXVI, 14 à 44 et Deutéronome XXVIII, 15 à 68). Ces peines ont pour but de lui faire expier son péché.

« Les précisions nécessaires à cet égard ne sont apportées que par la Torah et l’enseignement des prophètes, afin que soit atteint le but visé, par la coopération de la raison et de la Torah, c’est-à-dire la soumission au Très-Haut. L’avertissement de la raison n’est pas susceptible d’être reçu par tout le monde, étant donné l’inégalité intellectuelle des hommes. » (BAHYA ibn PAKUDA : Les Devoirs des Cœurs, Portique III).

Les hommes en s’éloignant des lois divines qui leur furent prescrites, deviennent dangereux pour la collectivité et il incombe à la société de se défendre, d’où la nécessité et l’obligation de mettre en place des moyens de justice dans lesquels sont respectés les principes des Droits de l’Homme sans laisser commettre des iniquités ou des abus de pouvoirs. « Contre les criminels, contre les hors-la-loi, sois audacieuse, pour ordonner le bien, interdire le mal…. Et furieuse contre ceux qui détournent du chemin de vérité et de la juste loi, pour le triomphe du mensonge. (Ib.)

Ce conseil, comme s’il s’adressait à la Loi, ne nous est pas donné pour nous ériger en justiciers, mais pour nous protéger du Mal, qui a un pouvoir plus étendu que le Bien.

C’est dans ce sens que MAIMONIDE expliquera le commandement nous ordonnant de détruire et d’effacer le souvenir d’AMALEK, dont l’attitude belliqueuse envers les Hébreux à leur sortie d’EGYPTE nous est rapportée dans notre paracha (Exode XVII, 8), l’obligation prescrite le concernant étant indiquée dans Deutéronome XXV, 17 à 19 : « « Souviens-toi de ce que t’a fait AMALEK, lors de votre voyage, au sortir de l’EGYPTE ; comme il t’a surpris chemin faisant, et s’est jeté sur tous tes traînards par derrière. Tu étais alors fatigué, à bout de forces et lui ne craignait pas D.ieu…… » »

« En effet, de même qu’on punit l’individu, de même on doit punir une tribu ou une nation entière, afin que toutes les tribus soient intimidées et ne s’aident pas mutuellement à faire le mal, et afin qu’elles se disent : « On pourrait agir envers nous comme on a agi envers telle tribu. » (MAIMONIDE – Guides Egarés III, chapitre XLI – voir aussi MICHNE TORA, Livre XIV, Traité des Rois et des Guerres, chap. I).

Comme nous l’avons déjà indiqué, nous lisons dans notre paracha : « « L’Eternel dit à MOISE : « Consigne ceci, comme souvenir, dans le Livre et inculque-le à JOSUE : j’effacerai la trace d’AMALEK de dessous les cieux » (Exode XVII, 17-19). » De la comparaison avec le texte de Deutéronome XXV, se dégage la question suivante : Quel rôle ISRAEL doit-il exercer pour effacer le souvenir d’AMALEK ? Cette question est tout à fait d’actualité. Elle se pose parfaitement de nos jours, en particulier après la tragédie de la SHOAH, car nous pouvons considérer que cet ennemi héréditaire s’est présenté depuis l’Antiquité, sous diverses appellations, tout au long de l’Histoire. Nous n’avons pas vocation pour tuer qui que ce soit. C’est davantage par la parole, par la persuasion que nous devons éradiquer tout ce qui, de près ou de loin, représente l’esprit du Mal cherchant à nous détruire. Il est personnifié par AMALEK, notre ennemi héréditaire.

Des textes cités plus haut, on peut également se poser les questions suivantes : ISRAEL doit-il être un simple spectateur passif et assister au châtiment qui attend AMALEK, et tirer ainsi une inoubliable leçon de justice divine (ce qui découlerait de la lecture de notre paracha) ? Ou bien, lui incombe-t-il d’anéantir directement son ennemi, et au besoin par les armes. (ce qui semble se dégager du texte du Deutéronome) ?

ABRAVANEL (exégète du 15° – 16° siècle) : né à LISBONNE en 1437- Mort à VENISE et inhumé à PADOUE en 1508, ayant connu l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492), émet l’opinion selon laquelle AMALEK en attaquant ISRAEL avait péché contre D.ieu lui-même, se rendant ainsi passible de la peine capitale. Ce n’est pas à titre de vengeance qu’ISRAEL devra combattre AMALEK, mais pour obéir à la volonté divine. Aussi, les deux passages de la Torah déjà cités ne font-ils en réalité qu’un seul. Ils se complètent et constituent le même commandement positif. (Mitzvoth Hachem).

Selon nos Sages, c’est au premier roi d’ISRAEL, SAUL, à celui qui siègera sur le trône désigné par D.ieu, du fait qu’AMALEK a voulu porter la main sur le trône de D.ieu (Exode XVII, 16), qu’il incombera d’anéantir l’ennemi du spirituel et par conséquent du genre humain.

IBN EZRA considère que ce commandement devait entrer en vigueur et être appliqué par les enfants d’ISRAEL après l’établissement de l’ordre dans le pays de CANAAN et la consolidation de leur pouvoir.

Enfin, NACHMANIDE estime que l’anéantissement d’AMALEK aura lieu non pour avoir offensé D.ieu mais à cause de l’attitude prise envers ISRAEL. C’est pourquoi le texte souligne : « Souviens-toi de ce que t’a fait (à toi) AMALEK….. » (Deutéronome XXV, 17). On peut donc considérer que D.ieu châtie plus un crime contre les hommes que contre la divinité. Nous le savons d’ailleurs par l’exemple des hommes de la génération du déluge. Ils furent tous condamnés pour leur perversité, alors que ceux de la Tour de BABEL dont le projet consistait à élever une tour qui aille jusqu’au ciel, furent punis pas la dispersion aux quatre coins de la terre et par la confusion des langages, mais ne furent pas condamnés à mourir.
Il serait assez simple de dire qu’aujourd’hui encore, des hommes se prétendant croyants, osent porter la main sur d’autres hommes, tout étant persuadés agir au nom d’une cause religieuse, ce qui ne signifie pas pour autant que des personnes sans croyance religieuse, comme ce fut déjà le cas pour AMALEK, commettent eux aussi des exactions et des violences, telles que les pratiquèrent ceux qui à la période moderne, ont agi au nom d’une dictature ou d’un état totalitaire. C’est tout cela que nous pouvons classer dans la catégorie de ceux qui se comportent comme le fit AMALEK et contre lesquels il nous appartient d’agir fermement pour les empêcher de nous détruire.

HAPHTARA :

Parmi tous les Juges dont nous parle la Bible (exception faite pour SAMUEL qui termine cette époque), le rôle de DEBORAH semble être particulièrement important. A un moment assez difficile pour la survie du peuple juif, comme nous en avons connu bien d’autres, DEBORA va contribuer dans une très large mesure à l’unification des tribus et au développement de la conscience nationale. Cette prophétesse va combattre l’anarchie et l’insoumission, exalter le dévouement et le courage. C’est là l’un des enseignements de notre Haphtara.
Les reproches adressés aux tribus défaillantes et indifférentes démontrent de la part de DEBORAH une sagesse supérieure, une ironie fine et subtile qui dissimule l’amertume qu’elle a ressentie. Lorsqu’elle dit : « « Pour les groupes de RUBEN, grave est la perplexité d’esprit » (JUGES V, 16), » elle laisse entendre que pour avoir leur concours, il aurait fallu lui fournir les preuves tangibles d’une victoire éclatante, car en proie à de graves préoccupations sur l’issue des combats, la tribu de RUBEN n’ose pas y prendre part.

Ainsi, après l’éloge des tribus courageuses vient le blâme pour celles qui préféraient la paix provisoire et incertaine à la sécurité nationale. On croirait bien assister aux débats qui se manifestent de nos jours parmi les hommes politiques d’ISRAEL pour combattre ses ennemis ou céder immédiatement à ses exigences. C’est en tout cas DEBORAH qui a montré la véritable forme de courage.

Epouse du chef de l’armée, elle le convoque plus en sa qualité de prophétesse, car en tant que JUGE, son autorité sur BARAK n’aurait sans doute pas été suffisante. « « Elle envoya quérir BARAK, fils d’ABINOAM, de KEDECH-en-NEPHTALI, et lui dit : « Voici l’ordre de l’Eternel, D.ieu d’ISRAEL : va déployer une armée sur le mont Thabor…. » (JUGES IV, 6) »
RADAK estime que l’expression « L’Eternel, D.ieu d’ISRAEL, a donc ordonné » indique que l’on ne nous relate ici que les choses essentielles, nécessaires à la réalisation du message et de la mission. Ce même auteur fait également remarquer qu’au moment où elle convoque le Général en Chef qui n’était que son époux, ils étaient momentanément séparés en tant que couple, cette séparation étant nécessaire durant les périodes d’inspiration de DEBORAH.

Tout comme après la traversée de la Mer Rouge qui constituait un moment important pour la conscience religieuse des Hébreux, MOISE crut nécessaire d’entonner un Cantique en l’honneur de D.ieu qui les avait sauvés, ainsi, DEBORAH, elle-aussi entonna le Cantique qui porte son nom, pour célébrer la victoire qui sauva ISRAEL à un moment difficile de son existence. C’est pourquoi, ce chabbat est qualifié de CHABBAT CHIRA. Il convient de lui donner tout son éclat, car nous savons combien notre propre survie ne tient qu’à la volonté de D.ieu de nous protéger contre ceux qui ont toujours souhaité nous voir disparaître.

L’oisiveté, mère de tous les vices… Un éclairage biblique sur une maxime bien connue…

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

par Audrey FELLOUS L’oisiveté, mère de tous les vices… Un éclairage biblique sur une maxime bien connue…

Le roi Salomon établit un parallélisme surprenant entre le concept de paresse et celui de manque de coeur.

Dans la paracha  » Emor « , le grand prêtre qui a un statut particulier, est désigné comme  » plus grand que ses frères « . Et le Talmud explique qu’il s’agit d’un supplément de grandeur en sagesse et en force. On voit parfaitement cette dimension de force physique avec le premier grand prêtre, Aaron, puisque le jour de l’inauguration du temple, afin de consacrer les lévites, il devait les prendre, les soulever, faire un balancement de droite à gauche avec eux et les reposer au sol. Et il y avait 22.000 lévites ! Lorsque le texte parle de guibor,  » fort « , il semble ainsi signifier  » force physique  » et non pas indiquer, comme on aurait pu le penser, que sa grandeur concerne sa sagesse, son intelligence, sa réflexion. On peut s’interroger sur la nécessité qu’avait le grand prêtre d’être fort physiquement.

Pour répondre à cette question, on peut regarder un verset tiré des « Proverbes » (du roi Salomon),  » je suis passé sur le champ d’un homme paresseux et dans la vigne d’un homme qui n’avait pas de cœur et voilà que je l’ai trouvé complètement en friche et que rien ne poussait comme il le fallait et que tous les murets faits pour protéger ce champ ou cette vigne étaient détruits et j’ai contemplé cela, j’ai essayé de poser dessus mon cœur, j’ai vu et j’ai essayé d’en tirer un enseignement « .

Pour apprendre ce qu’est véritablement la paresse, on ne peut pas se contenter de philosopher sur le sujet, se satisfaire d’une réflexion ou d’une anecdote. Pour comprendre ce que veut dire une chose, il faut en faire l’expérience. Seule l’expérience de l’implication de certains comportements peut amener à comprendre le sens profond de ces comportements.

Le roi Salomon décide donc d’appréhender la paresse en traversant le champ d’un homme paresseux qu’il va qualifier d’homme à qui il manque du cœur, établissant un parallélisme surprenant entre le concept de paresse et celui de manque de cœur. Or on apprend dans le Talmud, que le cœur est un organe relié à l’œil, d’où la nécessité d’une vigilance attentive par rapport aux yeux, car ils sont directement liés au cœur. (Nous voyons ce lien tous les jours dans le  » chema’  » : « Et vous ne vous détournerez pas après votre cœur et après vos yeux »).

ANTICIPER

Le paresseux est celui qui s’empêche d’aller jusqu’au bout de lui-même.

L’homme qui manque de cœur refuse de voir les implications de ses actes.

Ce refus offre une première définition de la notion de paresse. Le paresseux rejette le caractère impliquant de tout acte, voire non acte et partant, néglige l’exigence d’une réflexion préalable à toute action. Ainsi, la paresse n’est pas appréhendée comme un état mais comme le fruit d’un refus de regarder la réalité et de considérer tout ce qu’elle implique.

Affronter la réalité et s’interroger sur les conséquences et l’implication de ses actes constituent les attitudes de celui qui décidera de ne pas se laisser pénétrer par la notion de paresse.

La paresse n’est donc pas un caractère inné. Chaque individu possède des potentiels positifs et négatifs. La paresse n’est pas une qualité négative intrinsèque, mais la non volonté de faire agir des éléments constitutifs de l’être, tant dans un sens positif que négatif. Le paresseux est celui qui s’empêche d’aller jusqu’au bout de lui-même, même dans le mauvais chemin, qui refuse d’avoir de l’ambition car cela exigerait de lui la notion de l’effort. Ainsi s’opposent « celui qui a l’intelligence du cœur » et « celui qui manque de coeur ».

Le roi Salomon emploie le verbe  » é’hezé », du langage de ‘hizaïon, vision qui caractérise la prophétie. Le prophète n’est pas voyant mais visionnaire. Il ne se contente pas d’une vision immédiate mais est capable de concevoir l’implication ultérieure des actes. Le prophète voit notre histoire future à travers nos actions d’aujourd’hui, car c’est ce que nous mettons en place aujourd’hui qui va créer notre avenir. Processus que nous percevons bien dans l’éducation des enfants.

Le problème de la paresse ne réside pas dans l’état présent du paresseux mais dans l’absence de perspective que cet état va entraîner pour lui plus tard.
D’où l’emploi du verbe  » é’hezé » qui suggère cette capacité d’anticipation. Comprendre la paresse c’est en saisir l’implication future dans l’existence.

Le verset continue par l’expression  » et j’ai posé dessus mon cœur « , qui indique l’aptitude à déduire d’une observation, une conclusion. Il faut être capable de ramener une connaissance au niveau de notre cœur pour comprendre les implications de la pensée, de l’analyse d’une situation observée sans se contenter d’un regard extérieur.

SE SENTIR CONCERNE

Etre confronté à une situation suppose de la ramener à soi, de se sentir concerné.

Le véritable sage est celui qui se laisse interpeller par tout homme, qui accepte surtout que toutes les situations de vie auxquelles il est confronté ne sont pas là pour qu’il émette un jugement sur elles mais pour qu’il puisse être capable d’en tirer des conclusions par rapport à lui-même.

S’il nous est donné de voir quelque chose, c’est nécessairement que quelque part cette chose nous concerne, pas au niveau de l’événement mais au niveau du concept de ce qu’il représente.

Idée que l’on retrouve dans le traîté  » Sota  » où le témoin d’une scène de mise en accusation de femme adultère, doit s’écarter du vin et se laisser pousser les cheveux n’importe comment, pour se mettre dans un état où il empêche les éléments extérieurs d’avoir une prise sur lui comme le symbolise le vin, de même qu’il se débarrasse du poids du regard de l’autre qui empêche parfois de faire un bilan sur soi-même, en ne prêtant pas attention à sa coiffure. Confronté à cet événement, il doit donc être capable de se repositionner, de s’interroger à son tour sur son rapport à l’autre.

C’est ce que le roi Salomon nous enseigne, alors qu’il pourrait se dire  » ça ne me concerne pas « .
De même Moïse qui sort du palais du pharaon où il vivait totalement à l’écart du peuple juif et de ses servitudes pour voir le peuple, c’est-à-dire, selon Rachi, « pour poser ses yeux et son cœur sur le vécu du peuple et vivre sa souffrance, sachant très bien qu’un regard purement contemplatif de l’événement ne peut être bouleversant ».

GARDER UNE PERCEPTION SENSIBLE

Si on se contente d’avoir un regard extérieur aux choses, même si on nous dit les choses et même si on sait que ça va se passer, on n’est pas capable d’agir.

Au contraire, faire vivre l’événement que je regarde à l’intérieur de moi et lui donner un sens, c’est décider de garder la vigilance de mes sentiments par rapport à ce que parfois j’ai pris l’habitude de voir. Et penser qu’il faut sans cesse conserver une sensibilité à l’intérieur de soi-même exige un effort.

C’est pourquoi le roi Salomon décide non seulement de voir plus loin  » é’hezé  » mais aussi de poser ce qu’il voit dans son cœur afin de conserver sa sensibilité éveillée en permanence et son ressenti toujours aussi intense. Le roi Salomon parce qu’il sait qu’il va être confronté à des situations de vie récurrentes, et Moïse pour être le chef du peuple d’Israël, s’imposent ce type de regard, à la fois différent d’un regard extérieur parce que l’on ne se sent pas concerné et d’un regard désensibilisé parce que l’habitude banalise la vision. Ils s’imposent une vigilance sur ces deux plans.

Sans cette double exigence, on se retrouve dans l’histoire de l’Egypte. Car les Egyptiens, malgré la réalisation des premières plaies annoncées par Moïse et n’ayant pas tiré d’enseignement de ce qu’ils avaient déjà vu, laissent leurs serviteurs et leurs bêtes dehors malgré l’annonce de la grêle, et le conseil de Moïse de les faire rentrer.
Si on se contente d’avoir un regard extérieur aux choses, sans être prêt à faire vivre ce regard à travers une implication à l’intérieur de soi-même qui va amener à une nouvelle démarche, alors dans ce cas là, même si on nous dit les choses et même si on sait que ça va se passer, on n’est pas capable d’agir et c’est ce qu’on va voir en Egypte.

Le prophète Nathan est venu voir le roi David et lui a posé une question : « il y a un riche propriétaire qui possède un immense troupeau et son voisin n’a qu’une brebis et il veut la lui prendre, a-t-il le droit d’agir ainsi? » Le roi David va lui répondre : « il faudrait le condamner à mort, c’est un homme horrible ».
Puis il se tait jusqu’au moment où le prophète le reprend : « est-ce que tu ne viens pas de dire à voix haute ce que normalement on aurait dû te faire à toi qui possède tout et qui est venu prendre l’unique femme d’un de tes officiers ». Et à ce moment-là le roi David réalise. Parfois, on ne se rend pas compte que l’on voit le scénario de sa propre histoire, mais quand les acteurs sont différents on n’a pas l’impression que cela nous concerne. Même pour le roi David, il faut que Nathan le prophète vienne le lui dire pour qu’il s’en rende compte. Est-on capable de se faire entendre à soi-même ce que sa bouche est en train d’exprimer à l’autre ?

DEDUIRE UN ENSEIGNEMENT ET SE SURPASSER

Ce qui donne de la valeur à la chose, c’est l’intensité de l’effort que je mets à l’intérieur de celle-ci.

Troisième point du verset : « j’ai vu et j’ai tiré un enseignement  » que je vais pouvoir faire vivre à l’intérieur de moi.

De même, lorsque Moïse décide de construire le sanctuaire dans le désert, il demande à toute personne qui se sent capable de l’aider à construire de venir mais précise qu’il a besoin d’orfèvres, de tisserands, de bons artisans. Des personnes que leur cœur avait portées sont venues, et toutes les femmes qui avaient la sagesse du cœur sont venues aussi aider. On aurait pu croire qu’il avait besoin de leurs compétences mais pas de leur cœur. En fait, sont volontaires tous ceux qui ont voulu mettre du cœur à l’ouvrage.

Ils ne savent pas s’ils sont capables, s’ils sont compétents, pour un travail aussi difficile et d’une telle exigence mais parce qu’il y avait cette notion de cœur en eux, ils ont pu se présenter et réaliser les choses. On retrouve cette idée au niveau de l’étude de la Torah. Selon le Talmud, pour ceux qui prennent le chemin de droite, la Torah est symbole de vie, pour ceux qui prennent le chemin de gauche, elle est symbole de mort. Ceux qui prennent la Torah du côté droit, selon Rachi, sont ceux qui se préoccupent d’Elle avec toutes leurs forces, et cherchent en permanence à la comprendre jusqu’au plus profond de leur entendement. La Torah me fait vivre à partir du moment où je suis prêt à m’y investir avec toutes mes forces et où je suis prêt à en comprendre tous les sens.

Selon Maimonide, il y a une obligation pour chaque membre du peuple juif d’apprendre la Torah et de la comprendre avec tous ses secrets jusqu’au plus loin de ses propres limites car c’est ce qui permet d’installer la valeur de la chose. Tout ce que l’on doit faire, il faut le faire de toutes ses forces, avec toute son énergie, que ce soit dans la pratique des commandements, la construction de soi-même, de son couple, de son identité. Ce qui donne de la valeur à la chose, c’est l’intensité de l’effort que je mets à l’intérieur de celle-ci.

Au contraire, à partir du moment où la notion de l’effort n’a pas existé ou n’existe pas de manière constante, alors même la Torah devient symbole de mort car celui qui la pratique ainsi a besoin de s’enfermer dans ce qu’ils est sensé représenter et oublie de se remettre au travail.

Le mot ‘amal : effort , a les mêmes lettres que me’al, celui qui va au delà, me…’al, au dessus des choses. La notion de l’effort c’est se demander si on n’a pas la possibilité d’aller encore plus loin dans notre acquisition de connaissances, de réaliser autre chose, c’est se transcender, c’est la notion d’apprendre à se dépasser.

Il ne faut pas faire dépendre l’effort de la situation qu’il va produire et dans laquelle on va pouvoir s’installer pour se reposer, car ce que D.ieu exige c’est de continuer l’effort, c’est de s’attacher à la notion de l’effort pour l’effort et non à l’effort nécessaire pour pouvoir s’arrêter.

MAINTENIR UNE DYNAMIQUE

L’effort c’est tenir compte de l’impossible. Demain, je serai peut-être appelé à être grand alors je ne dois pas me refuser à mettre en place aujourd’hui tous les moyens pour pouvoir le devenir le jour où cela me sera proposé.

Ainsi, quand Jacob a voulu « s’installer » dans la tranquillité, brusquement arrive l’histoire de Joseph (Genèse chap. 37). Non pas qu’il soit interdit d’aspirer à une vie de tranquillité mais plutôt qu’il faille veiller à ne pas stopper la dynamique, car D.ieu a une exigence vis à vis de l’homme, jusqu’à la fin de ses jours, c’est d’être en permanence dans cette notion d’effort, d’aller au delà des choses.

Et c’est pourquoi le roi Salomon va nous dire « le paresseux est intelligent à ses propres yeux ». Celui qui est paresseux, qui n’a pas envie de se bouleverser en permanence, qui n’a pas envie de continuer cette progression a besoin d’être intelligent pour justifier sa démarche pour créer un système dans lequel il peut expliquer pourquoi la notion d’effort n’a plus sa place. Le paresseux considère qu’il y a un temps pour tout, un temps pour l’effort et un temps pour le repos, or le roi Salomon va montrer que le repos est un repos technique, un besoin de reposer son corps, où la notion de l’effort reste une constante.

C’est pourquoi il conseille à l’homme paresseux d’aller voir la fourmi parce qu’une fourmi vit peu de temps et tous les jours pourtant, fait des efforts. Elle pourrait se contenter de vivre et de satisfaire ses besoins au quotidien. Et selon le Midrach, quand on demande à la fourmi pourquoi elle fait autant d’efforts puisqu’elle ne pourra pas profiter de ce qu’elle met en place, elle répond que peut-être D.ieu va brusquement décider de lui prolonger l’existence. Elle prépare pour le futur, elle tient compte déjà des nouveaux éléments que D.ieu peut décider de mettre dans sa vie.

L’effort, c’est tenir compte de l’impossible. Demain, je serai peut-être appelé à être grand alors je ne dois pas me refuser à mettre en place aujourd’hui tous les moyens pour pouvoir le devenir le jour où cela me sera proposé.

Prévois, parce que demain tu vas devoir vivre en couple, avoir des enfants, alors donne-toi les moyens aujourd’hui de pouvoir vivre ta réalité de demain, comprendre ce que veut dire l’autre, savoir communiquer.
Ainsi le grand prêtre, plus grand que ses frères et le prophète qui vont avoir la plus grande proximité avec le divin auront l’obligation d’être fort.

L’homme fort c’est celui qui arrive à avoir la maîtrise de lui-même. La maîtrise mais pas l’élimination de tous les éléments qui peuvent le perturber. L’homme possède une puissance terrible à tous les niveaux, dans la réalisation de tout, aussi bien dans la construction que dans la destruction. On ne lui demande pas d’enlever cette puissance, sinon D.ieu ne l’aurait pas mise, on lui demande de la maîtriser. Il est vrai que la dimension pulsionnelle est tellement forte que selon le Talmud, si D.ieu ne nous aide pas, nous ne pouvons arriver à cette maîtrise.

Mais D.ieu ne peut m’aider que parce que j’ai décidé d’aller au-delà de moi-même. Si lorsque je décide que je n’ai pas le choix, je rassemble la totalité de mes énergies, alors l’intervention de D.ieu peut avoir lieu. Comme Jacob devant Rachel, lorsqu’il soulève à lui seul le rocher bouchant le puits. La construction du peuple juif passe par ce moment où devant la situation je vais me’al au delà,(et ‘amal, notion de l’effort), à ce moment là la chose se construit. La construction de l’individu, la construction du peuple juif dans sa globalité est liée non pas à la non volonté de voir l’obstacle mais au fait que s’il est là devant moi, je dois tout faire pour le dépasser et ensuite seulement D.ieu intervient.

C’est la même chose avec la force physique du Grand-Prêtre Aaron, 22000 personnes en une seule journée, c’est une personne toutes les trois minutes, c’est impossible en dehors du miracle! Alors pourquoi parle-t-on de fort ? Parce que le miracle, Aaron ne lui a pas demandé d’intervenir mais au contraire, il a décidé de faire ce qu’il fallait pour que la chose existe.

C’est l’enseignement de la paracha. Moïse a voulu mettre en place le sanctuaire et à partir de là, la construction s’est mise en place, c’est l’aide divine qui intervient quand je décide d’aller au delà de la difficulté qui m’est posée et qui est là pour me révéler si oui ou non, j’ai le désir d’accéder à quelque chose. Et l’opposé c’est la notion du paresseux.
Le roi Salomon nous demande de réapprendre à regarder le monde, regarder autour de soi, être capable d’avoir un ‘hizaïon, une vision qui va au delà de l’instant présent.

les vetements dans la thora

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

par le Rabbin Ariel MESSAS Sur le sens du premier commandement et les conséquences de sa transgression

L’apparition d’Adam sur terre est accompagnée par l’interdiction pour lui de consommer du fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal : « L’Eternel D.ieu donna un ordre à l’homme en disant: Tous les arbres du jardin tu peux t’en nourrir, mais de l’arbre de la science du bien et mal, tu n’en mangeras point; car du jour où tu en mangeras, tu dois mourir! » (Genèse 2-16,17).

LE FRUIT DEFENDU

La nature de ce commandement est fascinante. Il est interdit à Adam de faire un acte lui permettant d’accéder à la connaissance du Bien et du Mal !

Une lecture rapide et peu rigoureuse pourrait laisser croire que D.ieu avait pour intention de limiter le développement intellectuel de l’humanité. L’homme devait-il rester dans un état proche de celui de l’animal en n’ayant pas la conscience du Bien, en vivant une vie biologique, où seuls les intérêts vitaux sont à la base de l’action menée ?

De plus, peut-on imaginer que la faute d’Adam soit à l’origine de sa grandeur ?

En effet, l’homme se distingue des autres êtres vivants par la conscience qu’il a du Bien et du Mal.

La lecture de ce passage a ainsi suscité l’étonnement d’un philosophe, cité par Maïmonide dans le Guide des Egarés ( Première partie, Chap. 2).

Maïmonide, dans un premier temps, fustige l’auteur de l’objection: « O toi, qui examines (les choses) avec un esprit superficiel et irréfléchi, et qui crois comprendre un livre, guide des anciens et des modernes, en le parcourant dans quelques moments de loisirs (dérobés au plaisir) de la boisson et de la cohabitation, comme on parcourrait quelque livre d’histoire ou quelque poème! Arrête-toi et prends du temps; car la chose n’est pas telle que tu la croyais au premier abord, mais telle qu’elle se manifestera quand on aura considéré ce que je vais dire. »

Avant de répondre à ces interrogations, il convient d’étudier certains textes concernant Adam.
Le Midrach (Bérechit Rabba 3- 16, 17) enseigne qu’Adam fut, dès sa création, soumis à plusieurs commandements divins, hormis l’interdiction de consommer des fruits de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal : ne pas pratiquer l’idolâtrie, ne pas profaner le nom de D.ieu, créer des tribunaux, respecter certaines règles concernant la cohabitation, ne pas voler.

De plus, la transgression du commandement concernant le fruit défendu est sujette à une « punition ». L’homme devient mortel : « Car du jour où tu en mangeras, tu dois mourir. »

L’existence d’une loi, ainsi que la responsabilité devant celle-ci, implique que celui-ci qui y est soumis est doué d’une conscience suffisamment développée lui permettant de faire la distinction entre le licite et l’illicite, entre le Bien et le Mal. Les fous ne sont pas responsables devant la loi car leurs capacités intellectuelles ne sont pas suffisamment développées pour que l’on puisse les juger responsables de leurs actes.

Par ailleurs, la Torah enseigne que l’homme a été créé à l’image de D.ieu.

Cette ressemblance avec son Créateur lui permet de dominer le reste de la Création : « Dieu dit « Faisons l’homme à notre image, à notre ressemblance et qu’il domine les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, le bétail, toute la terre, et tous les êtres qui s’y meuvent. » D.ieu créa l’homme à son image. C’est à l’image D.ieu qu’il le créa » (Genèse 1,-26, 27).

Afin d’éviter tout anthropomorphisme, les commentateurs expliquent qu’il n’est nullement question ici d’une ressemblance physique entre D.ieu et sa créature. C’est des capacités intellectuelles et spirituelles de l’homme dont il question dans ce passage.

Ce sont elles qui le différencient complètement du reste de la Création. Ce sont elles qui le font ressembler à D.ieu.

Dés lors, nous devons comprendre comment une conscience aussi développée peut exister en étant privé de la connaissance du Bien et du Mal ?

Maïmonide dans le texte cité ci-dessus répond à cette question.

Il fait la distinction entre le Vrai et le Faux et le Bien et le Mal.

La condition humaine est ainsi faite qu’il existe chez tout un chacun une tension entre ce qui est juste, bon et noble et ce qui est vil, infâme et mauvais. Toutefois, il n’est pas deux personnes qui aient exactement le même système de valeur. Dans une société donnée, bien que les points communs entre les échelles de valeurs des individus qui la composent sont importants, il est évident qu’elles diffèrent grandement d’une personne à une autre ; certaines trouvant bon ce que d’autres estiment mauvais.

Tous les hommes admettent l’existence d’une échelle de valeur définissant le Bien et le Mal, mais il y a autant d’échelles de valeurs que d’individus.

Maïmonide explique que l’homme a été créé avec une conscience préalable du Vrai et du Faux. C’est le Bien absolu et idéal, et Mal absolu qui s’opposaient naturellement en lui. La raison dont D.ieu gratifia Adam lors de sa création lui permettait de faire naturellement la distinction entre le Vrai et le Faux.

Il faut à présent comprendre ce que l’on entend par la connaissance du Bien et du Mal, et comment celle-ci n’apparaît qu’en conséquence de la faute ?

ADAM APRES LA FAUTE

L’homme est à l’origine d’un nouveau système de valeur

La vérité disparaît au profit d’une conception subjective des valeurs, relative au comportement et aux aspirations de chacun.

La consommation du fruit défendu a fait perdre à Adam sa capacité de distinction entre le Vrai et le Faux. La vérité disparaît au profit d’une conception subjective des valeurs, relative au comportement et aux aspirations de chacun.

La conscience n’est plus régie par une tension entre le Vrai et le Faux mais par deux pôles distincts appelés respectivement le Bien et le Mal, correspondant chacun à une évaluation personnelle de ce qui est bon et de ce qui est mal, de ce qui est Vrai et de ce qui est Faux.

Cette nouvelle échelle de valeurs falsifie la Vérité absolue.

La faute commise a pour conséquence sa justification. Plutôt que reconnaître une erreur, l’homme préfère inventer un nouveau système, supposé meilleur, qui intègre la faute, la justifie, et la rend honorable et louable. La faute est donc de façon directe à l’origine de la création d’une nouvelle échelle de valeur.

L’action d’un homme conditionne sa conception du Bien. Il cherche toujours à priori à justifier son action par des principes dits « rationnels » qui lui permettent de ne pas vivre en contradiction avec ses idées.

Nos sages ont exprimé cette idée en disant: « Une faute entraîne une faute », ou encore: « Lorsqu’un homme faute et réitère cette même faute, celle-ci devient pour lui comme licite ».

La faute entraîne une faute car, aux yeux du fautif, elle-ci n’est plus réprimandable. Elle est devenue « licite ».

Le fruit défendu, parce qu’il est défendu, fait acquérir à celui qui le mange un système de valeur qui justifie cette faute. La consommation du fruit est à l’origine de la perte de la conscience du Vrai et du Faux au profit de la conscience du Bien et du Mal.

Maïmonide remarque que lorsque l’on parle de vérités indiscutables, on emploie les termes Vrai, emeth et Faux, chéker. En revanche, lorsque l’on parle de choses probables et subjectives, c’est les termes Bien, Tov et Mal, R’a qui sont utilisés :

« Le mal et le bien existent dans (les choses des) opinions probables, et non dans les choses intelligibles; car on ne dit pas que cette proposition: « le ciel est sphérique » soit bonne, ni que cette autre: « la terre est plane » soit mauvaise. Mais on appelle l’une vraie, l’autre fausse. Ainsi dans la langue on emploie (en parlant) du Vrai et du Faux (les mots) emeth et chéker, et pour Bien et Mal (on dit) tov (bon) et r’a (mauvais). »

La connaissance du Bien et du Mal est donc la perte de la conscience de l’échelle des valeurs parfaites.

Un Midrach illustre cette idée en l’appuyant sur l’exégèse d’un verset de la Genèse (3-12).

Juste après la faute, D.ieu demande à Adam de s’expliquer. L’homme répondit: «La femme que tu m’as donnée, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’ai mangé » (Genèse 3-12).

L’auteur de ce Midrach remarque que l’expression « j’ai mangé » est écrite au futur : j’en mangerai; seul le Vav conversif placé au début de ce verbe permet de dire qu’il s’agit d’un passé.

Il en déduit que la Torah fait ici allusion à une partie du dialogue qui a eu lieu entre D.ieu et Adam et qui ne figure pas explicitement dans le texte de la Torah.

Adam déclare à D.ieu qu’il a mangé du fruit défendu et … qu’il en remangera dans l’avenir!!

Ainsi s’arrêtent les propos de ce Midrach. Ils sont stupéfiants.

Adam après avoir fauté semble faire preuve de la plus grande insolence. Il déclare à D.ieu, avec lequel il est en train de parler, qu’il a fauté et qu’il fautera de nouveau, à l’avenir !

Il semble que ce Midrach exprime de façon allégorique, l’idée que nous venons de développer.

Adam se présente devant D.ieu en disant que la faute a perturbé son échelle de valeur. C’est sa détresse qu’il exprime devant D.ieu. Il a pris conscience qu’il s’est forgé un système dans lequel il est bien de consommer ce fruit, et que par conséquent, il risque d’en manger de nouveau en étant persuader de faire le Bien : « J’ai mangé et je remangerai. »

La même idée apparaît dans les propos du serpent lorsque celui-ci déploie toutes ses qualités de séduction pour faire fauter Eve.

L’argument qu’il estime à même d’entraîner Eve dans la faute, c’est la possibilité qu’offre la connaissance du Bien et du Mal de devenir comme D.ieu : « …du jour où vous en mangerez, vos yeux seront dessillés, et vous serez comme D.ieu connaissant le Bien et le Mal. » (Genèse 3-5).

L’étude de ce verset laisse le lecteur attentif perplexe. Si l’on comprend l’objet de la tentation : devenir comme D.ieu, en quoi la connaissance du Bien et du Mal peut-elle le permettre ?

Rachi explique que la tentation était de devenir comme D.ieu, c’est à dire « d’être à même de créer des mondes ».

De nouveau, nous devons nous interroger sur le sens de ce commentaire. En quoi la connaissance du Bien et du Mal permet-elle de créer des mondes ?

Il semble que la faute soit attrayante pour elle même. Il n’est pas nécessaire que celle-ci soit a l’origine d’un profit quelconque pour être désirée.

La faute en créant une nouvelle échelle de valeur fait de l’homme un créateur de système, et donc un créateur de monde.

Etant à l’origine de la perte de la conscience du système de valeur régissant le monde tel qu’il a été voulu par D.ieu, elle permet à l’homme qui faute de créer un système qui justifie son action, de sorte que l’homme devient le maître de l’échelle de valeur qui régit le monde d’après la faute.

En réalité, l’être humain vit dans un monde qu’il n’a pas créé, il en subit ses contingences. Il se doit d’agir le mieux possible, en prenant en considération les paramètres qui régissent son action.

Lors de sa création, l’homme connaissait de manière innée les critères véritables qui régissent la vie de l’homme sur terre. La faute a altéré cette perception. Elle a conduit l’homme à créer un système intégrant son action et la justifiant.

Or, qu’est-ce un monde si ce n’est un système dans lequel l’homme évolue et agit. La faute en créant une nouvelle échelle de valeur fait de l’homme un créateur de système, et donc un créateur de monde.

Il n’est rien de plus tentant pour l’homme que de se sentir maître de ce qui est Bien et de ce qui est Mal, de régir la vie sa vie sur terre par un système qu’il aura créé lui-même en fonction de ses aspirations et dépendant directement de son mode de vie. Adam et Eve ont fauté afin de ne plus avoir une connaissance exacte et parfaite des règles qui régissent la vie du genre humain sur terre. Ils voulaient se mettre dans une situation ou eux seules décideraient de ce qui est Bien et ce qui est Mal, et cela même si leur définition est erronée.

En proposant un projet concurrent de celui de D.ieu pour l’homme, l’homme a l’illusion qu’il se substitue au Créateur.

L’acquisition du Bien et du Mal au détriment du Vrai et du Faux est l’écueil dans lequel ne devait pas tomber les premiers êtres humains. Depuis cette faute, on peut parler d’un exil des valeurs. La vérité n’est plus claire. Elle doit être constamment recherchée et redéfinie.

La tâche originelle de l’homme n’était pas de redéfinir un monde qui ne lui appartenait pas. Elle était plutôt de vivre de faucon harmonieuse sa spiritualité en cherchant par le maintien de la vérité existentielle a créer l’homme qui est en lui.

DEFINITION DU NOUVEAU SYSTEME DE VALEUR CREE PAR LA FAUTE.

La faute a créé un nouveau système de valeur.

Quel est-il ?

Nous avons expliqué que le système créé par la faute a pour objet de la justifier.

Etudions ce qui est dit à propos de cette faute et nous pourrons ainsi comprendre quelles en sont ses conséquences.

Avant la faute, Eve observe le fruit et le trouve: « …bon comme nourriture… attrayant à la vue et précieux pour l’intelligence » (Genèse 3-6).

La faute d’Adam et Eve a été de satisfaire uniquement leurs sens corporels. Le fruit était bon comme nourriture, attrayant à la vue et précieux pour l’intelligence, toutefois il était interdit à la consommation par D.ieu. Il n’avait aucune fonction dans le cadre de la perfection ultime de l’homme. Le manger, c’est agir en épicurien, sans se soucier de la perfection de l’âme ni des exigences spirituelles.

La conséquence de cette faute est évidente : Adam et Eve justifient cette action et créent un nouveau système, dans lequel le Bien est le plaisir corporel et le Mal tout ce qui peut contrarier son obtention.

L’aspect spirituel de la condition humaine peut encore exister dans ce nouveau système, toutefois celui-ci est relégué à un niveau d’importance moindre, seul compte vraiment la satisfaction immédiate des besoins physiques et matériels.

La Torah a pour but de montrer le chemin permettant de retrouver le système de valeur originel.

Le monde dans lequel nous vivons est défini par ce système établi par Adam et Eve lors de la consommation du fruit défendu. La Torah a pour but de montrer le chemin permettant de retrouver le système de valeur originel. Son étude permet d’accéder à la définition du Vrai et du Faux et quitter un nouveau de conscience régi par le Bien et le Mal.

Maimonide dans le chapitre étudié ci-dessus est très explicite à ce propos:

« Mais lorsque, désobéissant, il pencha vers ses désirs venant de l’imaginative et vers les plaisirs corporels de ses sens comme dit (l’Ecriture): « que l’arbre était bon pour en manger et qu’il était un plaisir pour les yeux », il fut puni par la privation de cette compréhension intellectuelle….Et ayant obtenu la connaissances des opinions probables, il fut absorbé par ce qu’il devait trouver laid ou beau. »

La faute a fait perdre à l’homme « la compréhension intellectuelle » particulière dont il était doté, à savoir celle qui lui permettait de connaître le Vrai et le Faux, pour lui faire acquérir « la connaissance des opinions probables » qui sont l’expression de ce qu’ « il trouve laid ou beau », c’est à dire Bien ou Mal.

LE ROLE DU VETEMENT APRES LA FAUTE

Nous avons expliqué, en suivant le chemin tracé par Maïmonide dans le Guide de Egarés, que la faute a consacré un système qui consacre la matérialité de ce monde; toutefois, il semble que le nouveau système laisse une place dans la conscience de l’être au système originel.

L’individu, après la faute, se trouve dans une situation complexe où son monde est régi a priori par une recherche effrénée des biens matériels, mais où l’aspect spirituel de sa nature n’est pas complètement annihilé.

Dans une telle situation, l’homme n’a pas résolu son rapport à la matière. L’homme sait que la matière a prédominé ses préoccupations spirituelles. Les plaisirs de ce monde sont pour lui l’objectif premier à atteindre, toutefois il ne peut pas l’accepter complètement.

Le premier habit confectionné par Adam et Eve ne l’a pas été dans une optique de repentance. Au contraire : ce vêtement devait permettre de maintenir l’erreur originelle.

En s’habillant, l’homme peut oublier l’aspect biologique qui est en lui. Il peut penser qu’il est entièrement intellect. Cet état peut le mener à vivre en épicurien sans pour autant remettre en question son état d’être humain supérieur au reste de la création.

Et l’habit donnant une prééminence à la matière contribue au maintien de l’erreur originelle.

Seul un habit qui met à la matérialité qui est en nous à la place qui est la sienne, peut permettre à l’intellect d’évoluer librement et ainsi de retrouver la Vérité existentielle : celle que connaissait Adam avant la faute.

Nous avons remarqué au début de notre étude que D.ieu, Lui même, confectionna le second vêtement de l’humanité. Par ailleurs, plusieurs commandements de la Torah se rattachent à l’habillement. Cela prouve qu’il est un moyen par lequel l’homme peut se rapprocher de D.ieu.

Ce qui compte, c’est la démarche de l’individu qui se révèle à travers l’habillement. L’habit juif doit répondre à une exigence de spiritualité.

C’est le sens qu’il faut donner au Midrach qui interprète le verset : « L’eternel-D.ieu fit pour l’homme et pour sa femme des tuniques de peau, et les en vêtit. » (Genèse 3-21).

« Rabbi Meïr disait: « Ne dis pas que D.ieu leur a confectionné des tuniques de peau [en hébreu ‘Or, écrit avec la lettre hébraïque ayne] mais des tuniques de lumière [Or, écrit avec la lettre alef] ».

Une parabole du Rabbi de Vijnitz résume l’idée que nous avons développée. Un roi condamna un ministre pour avoir commis une faute à porter dans son nez des chaînes en fer jusqu’à la fin de ses jours. Celles-ci devaient marquer à jamais son infidélité. A sa mort, ses enfants qui n’étaient pas nés lors de sa condamnation, ne savaient pas que les chaînes que leur père avait portées toute sa vie avaient pour but de perpétuer le souvenir de sa faute. Ils décidèrent de porter eux aussi le même type de chaînes. Ils se confectionnèrent des chaînes en or et se les firent poser au nez. Un ancien les remarqua et leur dit: « Sots ! Votre action ne fait que perpétuer le souvenir de la faute commise par votre père ! »

Qui est juif” ?

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

par le Rabbin Benjamin RINGER Avez‑vous jamais discuté du problème intitulé “Qui est juif” ?

Je voudrais moi aussi donner ma réponse, ou plutôt vous rappeler que pour quiconque possède de bonnes notions de la Tora Ecrite et Orale, la question ne se pose pas. Je ne parle pas du fameux principe selon lequel être né d’une mère juive ou avoir eu une conversion légale sont les préliminaires à un engagement juif ; pas non plus de la réalisation des mitsvoth qui en est l’expression pratique, mais des fondements mêmes de cet engagement.

On pourrait lire par exemple les Treize Principes de Maïmonide ou le bilan moral qu’il expose dans le troisième chapitre des « Lois de la Techouva » (retour vers D’eu).

Avant que le problème ne devienne l’objet de réunions de salon, de tels textes avaient statut de références incontestées. Mais laissons ces lectures à ceux qui veulent s’informer sérieusement.

Rappelons pour notre part cette histoire que nous tenons de notre plus tendre enfance :

Il y a quatre mille ans, vécut un petit garçon fort tourmenté. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi il était le seul à se poser des questions. Il avait comme les autres adoré le soleil, mais avait cessé de le servir dès lors qu’il s’était aperçu que la lune prenait sa place pendant la nuit. Il était émerveillé devant les forces de la nature, mais il ne pouvait se résoudre à leur vouer un culte comme tout le monde.

Car Abraham concevait que le sens de la vie pût se trouver en dehors de sa petite personne. Il ne saisissait pas comment les hommes pouvaient se complaire dans une adoration arbitraire.

Jugé mécréant par son père, il dut comparaître devant le grand monarque Nimrod. Celui-ci le somma : « Prosterne-toi devant le feu !

– Plutôt devant l’eau qui éteint le feu ! rétorqua l’enfant.

– D’accord si c’est là ton choix.

– Mais les nuages portent l’eau !

– Ce sont donc les nuages qui t’inspirent ?

– Non, je préfère l’air qui disperse les nuages.

– Alors, ton option est-elle faite maintenant ?

– Impossible, puisque l’homme est porteur d’air.

– Trêve de paroles ! Mon dieu c’est le feu, et on verra bien si le tien pourra t’en sauver si je t’y jette. »

Des confrontations de ce genre ne firent qu’affermir Abraham dans ses convictions. Il comprit que ce n’était pas lui qui avait un esprit étrange, mais bien le monde qui manquait d’audace pour admettre une vérité pourtant évidente.

Il lui apparaissait clairement à présent qu’il y avait un D’eu universel en fonction duquel il voulait établir sa vie, un D’eu omniprésent quoique invisible. Si les gens avaient peine à l’imaginer, c’était parce que les rois et les mages prenaient sa place. Oui, c’était la peur et le mensonge organisé qui entretenaient ces croyances insensées, peur des hommes d’assumer leur propre vie et connivence des prêtres et des rois pour canaliser leur recherche vers un culte sécurisant et abrutissant.

La vérité dont les gens parlaient était d’un tout autre genre que celle qu’il avait découverte : elle était le produit de statues et d’édifices, de manifestations populaires et de niaiseries répétées par le clergé et le pouvoir.

Il eut plus tard des révélations prophétiques qui vinrent compléter ses recherches. Il apprit du reste que l’humanité n’avait pas totalement perdu sa tra-dition monothéiste : il existait encore des hommes comme Malkitsédeq qui se disait prêtre de Qel ‘Eliyone, du D’eu suprême (Genèse chap. 14, vers. 18).

Pourtant, Abraham, lui, appelait l’Etre suprême d’un autre nom : Qel ‘Olam, D’eu du monde (ib. chap. 21, vers. 33) ou encore « D’eu du ciel et de la terre » (chap. 24, vers. 3). C’est qu’il avait bien compris qu’autant que des monarques comme Nimrod agenceraient la réalité à leur guise, ils seraient toujours capables de fabriquer des « vérités évidentes » si puissantes que dans le meilleur des cas, le D’eu suprême resterait un concept abstrait sans impact réel sur le monde.

Sans engagement concret, la vérité n’a pas de sens. Aussi les mots tsedaqa et michpath – générosité et justice – furent-ils les mots clé du patriarche, et l’essence de ce qu’il comptait transmettre au peuple issu de lui (ib. chap. 18, vers. 19).

Ce peuple, c’est nous.

Nous ne sommes pas le produit de l’antisémitisme ou d’un autre accident de l’histoire. Nous sommes la seule nation tirant son origine de la vision d’un juste, confirmée par son propre engagement et son alliance avec le Créateur.

Tout cela, me direz-vous, remonte en effet à quatre mille ans. Aujourd’hui, le schéma s’est presque inversé. Ce n’est pas au paganisme que le Juif se trouve confronté, mais à un monde de super-rationalité. Le Juif moderne a peut-être plus de difficultés à rejeter les options de son entourage que n’en avait Abraham. Que pourrait-il lui opposer si ce n’est un conditionnement parfait dans une vie rituelle reçue avec le lait ? Ou peut-être faut-il un mysticisme exacerbé pour fonder sa vie sur des valeurs totalement abstraites ?

Nous maintenons pour notre part que c’est la rationalité qui est le fondement essentiel de notre engagement ; qualité que le monde ambiant possède moins qu’il ne l’imagine.

NON, ce n’est pas particulièrement logique de vivre sans s’interroger sur l’origine et l’aboutissement de la vie. A y réfléchir, il apparaît plutôt bizarre de pouvoir passer son existence à poursuivre des biens matériels que l’on achète uniquement parce qu’une firme a décidé d’en vendre, et à briguer des fonctions et des positions dont le sens réside dans l’appréciation sociale…

Nous ne voudrions pas verser dans la banalité en poursuivant ce réquisitoire, et de toute façon, nous nous sommes déjà écartés de notre sujet. Notre propos n’est ni de définir en quoi exactement nous refusons certaines valeurs, ni de circonscrire celles que nous avons à apporter. Ces quelques lignes n’y suffisent pas. Nous voulons montrer qu’à la base des grands choix du judaïsme, il y a une attitude fondamentale. Que le rejet de l’idolâtrie est le refus d’associer des idéologies aux villes, aux pays ou aux rois, et que le choix d’être hébreu commencerait par la capacité et le courage de ne pas se ranger à tous les consensus (‘ivri, en hébreu, signifie « de l’autre côté »). C’est un certain scepticisme face aux opinions et aux expressions toutes faites.

Posons-nous une question : Si l’identité juive, fort heureusement, est assumée par un grand nombre d’entre nous, comment se fait-il alors que tant de discours confus et contradictoires soient tenus quant à son contenu ? Est-ce que le monde, qui ne nous a pas fait perdre la notion de notre nom, serait parvenu à le colorer de toutes les idéologies qui ne sont pas les nôtres ?

Avant d’affirmer qu’être juif veut dire avoir un sens viscéral de son existence ou aimer Israël, avoir une histoire commune à d’autres Juifs, ou être le produit de l’antisémitisme, être né de mère juive ou d’assumer des coutumes ancestrales… ne serait-il pas intéressant d’étudier en profondeur ce que le judaïsme a à dire à ce propos ?

Vous êtes peut-être de ceux qui trouvent qu’il est mieux d’être universaliste, rationaliste, socialiste… Pourrais-je vous faire la proposition suivante ?

Plutôt qu’intégrer sans sens critique des idéologies extérieures à la lumière desquelles vous jugez celle qui, selon une recherche méthodique, devrait vous être la plus proche, pourquoi ne pas inverser le processus, et après vingt ans de culture française, sacrifier quelques semaines pour acquérir quelques notions de la vôtre ?…

naissance du christianisme

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

par le Rabin Ken SPIRO
A une époque où les Juifs ont été cruellement opprimés, un grand nombre de sectes hérétiques ont surgi, dont les membres croyaient que l’Apocalypse était toute proche.

Nous avons évoqué au chapitre précédent la rédaction, au troisième siècle, de la Michna et de la Guemara qui sont devenus le Talmud. A cette époque, l’Empire Romain était sur le point de se convertir au christianisme, une démarche qui aura un grave impact sur les Juifs. Cependant, avant d’en venir là, nous allons revenir au premier siècle, quand le Temple existait encore.
Depuis l’invasion romaine et surtout les persécutions infligées aux Sages, des sentiments nationalistes avaient pris naissance et les Juifs luttaient contre les Romains ainsi que les uns contre les autres.
C’est dans cette atmosphère de tension, qui incitait le peuple juif à se chercher un guide qui l’aiderait à jeter à bas le joug romain, qu’ont été semés les germes de ce qui deviendra plus tard le christianisme.

Le Messie

Quand Juifs se cherchent un sauveur, ils aspirent au Messie.
Il est important de se rendre compte que la notion de Messie n’a pas été inventée par le christianisme. C’est une idée juive ancienne l’un des  » 13 articles de foi  » professés par le judaïsme. Elle figure à maintes reprises dans les livres des prophètes, notamment Isaïe, Michée, Sophonie, et Ezéchiel.

L’idée du Messie est l’un des 13 articles de foi professés par le judaïsme.

L’idée du Messie est l’un des 13 articles de foi professés par le judaïsme.

De fait, l’histoire juive a été traversée par de nombreux dirigeants qui l’ont marquée de leur puissante personnalité et que l’on a pris parfois pour des Messies. Ils n’ont pas, cependant, accompli les prophéties messianiques, comme l’établissement d’une paix mondiale, de sorte qu’il a fini par devenir évident qu’ils n’étaient pas ce qu’ils prétendaient être.
Le mot  » Messie  » vient de l’hébreu macha’h, qui signifie :  » oindre  » Le Machia’h est  » l’Oint  » de Dieu. Voici, par exemple, comment le livre de Samuel raconte l’onction de David comme roi :
Samuel prit la corne d’huile et oignit David au milieu de ses frères, et l’esprit de Dieu reposa sur David à partir de ce jour (I Samuel 16, 13).
Le Messie, selon la définition qu’en donne le judaïsme, sera un dirigeant juif, d’origine humaine, cela va sans dire, issu de la lignée du roi David (c’est à dire de la tribu de Juda). Il connaîtra la Tora et saura comme chef ramener tout le peuple juif exilé en Erets Yisrael. Il reconstruira le Temple, établira la paix mondiale, et élèvera le monde entier à la connaissance d’un Dieu unique.
(Pour des sources juives sur ces points dans l’ordre des conditions énumérées ci dessus, on se référera à : Deutéronome 17, 15 ; Nombres 24, 17 ; Genèse 49, 10 ; I Chroniques 17, 11 ; Psaumes 89, 29 à 38 ; Jérémie 33, 17 ; II Samuel 7, 12, 16 ; Isaïe 27, 12 et 13 ; Isaïe 11, 12 ; Michée 4, 1 ; Isaïe 2, 4 ; Isaïe 11, 6 ; Michée 4, 3 ; Isaïe 11, 9 ; Isaïe 40, 5 ; Sophonie 3, 9 ; Ezéchiel 37, 24 à 28.)
Le prophète Isaïe, dont la prophétie sur ce sujet est peut être le mieux connue, décrit comme suit la vision messianique selon le judaïsme :
Ce sera, dans les jours à venir, la montagne de la Maison de Dieu se tiendra fermement au dessus des montagnes et dominera au dessus les collines. Et toutes les nations se déverseront vers elle. Et beaucoup de peuples iront et diront :  » Venez et montons vers la montagne de Dieu, vers la maison du Dieu de Jacob afin qu’Il nous instruise dans Ses voies et que nous marchions dans Ses chemins !  » (Isaïe 2, 2 et 3).
Et ils forgeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en serpettes ; une nation ne lèvera pas l’épée contre une nation, et on n’apprendra plus l’art de la guerre… (Isaïe 2, 4).
En ce temps là le loup habitera avec l’agneau, le léopard couchera avec le chevreau, le veau, le lionceau et le bélier vivront ensemble, et un petit enfant les conduira. (Isaïe 11, 6).
Etant donné que l’idée d’une personne qui sauvera le peuple juif constitue une partie fondamentale de la vision philosophique juive du monde, il n’est pas surprenant que l’attente de cette libération réapparaisse de manière récurrente aux époques de crise.
De fait, les Sages disent que le Messie naîtra le 9 av, la pire date dans notre calendrier, marquée par les pires désastres survenus au peuple juif.
Le livre d’Ezéchiel, par exemple, parle d’une ultime épreuve de force, la Guerre de Gog et Magog, une guerre terrible où toutes les nations se tourneront contre les Juifs. Selon un scénario possible, cela aura lieu quand le Messie sera sur le point de venir et d’apporter la libération finale. C’est pourquoi, quand les temps sont très mauvais, le peuple juif est enclin à penser que l’épreuve de force finale est arrivée, et que les choses ne pourraient pas être plus catastrophiques. Dans ce cas, le Messie se trouve certainement au coin de la rue.

Une sombre époque

L’occupation romaine a été l’une de ces époques sombres qu’a connues l’histoire juive. Quelques uns des Sages les plus brillants avaient été assassinés par Hérode. La corruption s’était installée dans la hiérarchie du Temple. Les Juifs s’étaient séparés en trois groupes principaux :
Les riches Sadducéens, qui niaient l’autorité de la Loi Orale, et prônaient l’allégeance à Rome.
Les fanatiques Zélotes, prêts à se battre contre Rome jusqu’à la mort dans une guerre suicidaire.
Le courant pharisien majoritaire, resté loyal à la Tora et à la Loi Orale, coincé entre les deux.

Les enseignements de ces sectes d’hérétiques n’ont pas enregistré de succès significatifs auprès des Juifs.

A cette époque chaotique, marquée par un antisémitisme virulent et une cruelle oppression des Juifs, sont nées un grand nombre de sectes d’hérétiques, dont les membres croyaient que l’Apocalypse était proche. Ces sectes, qui trouvaient des oreilles attentives dans les couches les plus pauvres de la population, prêchaient que la bataille ultime du bien contre le mal allait bientôt s’engager, suivie par la libération messianique de l’humanité.
Un culte comme celui de la Mer Morte, devenu récemment célèbre après la découverte des manuscrits qui portent son nom, et dont il est possible qu’il ait été associé avec les Esséniens, en faisait partie, parmi bien d’autres.
Les enseignements de ces sectes n’ont pas enregistré de succès significatifs auprès des Juifs. De même que les Juifs rejetaient habituellement les religions étrangères, de même ont ils rejeté les tentatives visant à altérer le contenu de leur foi.
Néanmoins, en cette époque tumultueuse, les Juifs étaient plus susceptibles que jamais de se laisser entraîner. Le pays foisonnait de prédicateurs et de guérisseurs charismatiques, vers lesquels les gens affluaient avec l’espoir d’entendre la prophétie annonciatrice de la fin des années de dissensions et de souffrances.
Celui qui allait devenir le plus célèbre s’appelait Josué, ou Jésus, que l’on a appelé plus tard le Christ, mot grec signifiant  » Messie « .
Nous n’avons pas l’intention, dans le cadre de ce cours, de nous étendre sur les débuts du christianisme sous Jésus. Il existe actuellement environ 2 700 livres sur le sujet, dont beaucoup d’ouvrages récents qui débattent du  » Jésus historique  » contre le  » Jésus légendaire « , et où l’on examine ce qu’il a dit et ce qu’il n’a pas dit, et ce que l’on peut dire de lui en toute certitude.
(Pour ceux qui s’intéressent à la question, nous recommandons un excellent ouvrage écrit par le biographe britannique A. N. Wilson : Jesus: A Life, qui analyse entièrement toutes les données et qui formule d’intéressantes hypothèses.)
Historiquement parlant, nous savons très peu de choses. Le Talmud contient quelques références relatives à diverses personnalités que les rabbins désapprouvaient, références que certains ont cru pouvoir appliquer à Jésus. La possibilité la plus probable est celle qu’il appelle Yéchou haNotsri. Cependant, selon la chronologie juive, il vivait à l’époque où Yehochou’a ben Pera’hya présidait le Sanhédrin, soit vers l’an 150 avant l’ère commune, et donc près de 200 ans avant celui auquel s’applique la chronologie chrétienne.
On se serait attendu, si Jésus avait exercé la moindre influence à son époque, à ce que son contemporain, l’historien Flavius Josèphe, lui consacre quelques développements. Or, Flavius Josèphe est totalement silencieux à son sujet, et les quelques références qui s’appliquent prétendument à Jésus sont considérées par presque tous les érudits comme ayant été ajoutées ultérieurement par des moines chrétiens qui les ont recopiées pour des bibliothèques d’église.

Ce que nous pouvons dire avec certitude c’est que le monde chrétien admet que Jésus était un Juif, familiarisé avec la Tora, respectueux de la  » Loi de Moïse « , dont il a enseigné beaucoup de préceptes, encore qu’il en ait aussi abandonné certains.
L’un des plus célèbres de ses enseignements consiste en deux citations de la Tora, considérées comme essentielles dans le judaïsme et sur lesquelles les enseignements rabbiniques de son époque insistaient beaucoup. Alors qu’on lui demandait quel est le plus important des commandements, Jésus, comme rapporté dans l’Evangile de Matthieu (22, 37 à 40), a répondu :
 » Tu aimeras Dieu ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et de tout ton esprit.  » C’est le premier et le plus grand commandement. Et le deuxième est comme lui :  » Tu aimeras ton prochain comme toi même !  » Toute la loi et les prophètes dépendent de ces deux commandements.
 » Tu aimeras Dieu ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et de tout ton pouvoir  » est une citation de Deutéronome 6, 5.  » Tu aimeras ton prochain comme toi même !  » est tiré du Lévitique 19, 18. Ces enseignements sont antérieurs à Jésus de quelque 1 300 ans.
Bien sûr, les Evangiles, dont on prétend qu’ils ont enregistré les enseignements de Jésus, ont été écrits en grec de nombreuses années après sa mort. Celle ci, signalons le au passage, a eu lieu selon les sources chrétiennes en l’an 32, soit environ 35 ans avant la destruction du Temple.

Les adeptes juifs de Jésus

Qui ont été les adeptes Juifs de Jésus ?
Les membres de la secte de Jésus étaient des Juifs sincèrement religieux qui croyaient que leur maître était le Messie. Ils n’auraient pas pu croire tout en restant des Juifs que Jésus était un  » dieu « , car une telle croyance aurait été de l’idolâtrie complète selon le judaïsme et aurait paru plus proche des croyances païennes gréco romaines où il était normal que des dieux prennent une forme humaine et entretiennent des relations avec des humains.
De fait, c’est beaucoup plus tard que le concept de  » fils de Dieu  » apparaîtra dans la théologie chrétienne, quoique les Evangiles employent souvent l’expression  » fils de l’Homme « , qui est empruntée aux textes des prophètes et qui désigne le Messie.

Flavius Josèphe est totalement silencieux au sujet de Jésus.

Ce que nous pouvons dire avec certitude c’est que le monde chrétien admet que Jésus était un Juif, familiarisé avec la Tora, respectueux de la  » Loi de Moïse « , dont il a enseigné beaucoup de préceptes, encore qu’il en ait aussi abandonné certains.
L’un des plus célèbres de ses enseignements consiste en deux citations de la Tora, considérées comme essentielles dans le judaïsme et sur lesquelles les enseignements rabbiniques de son époque insistaient beaucoup. Alors qu’on lui demandait quel est le plus important des commandements, Jésus, comme rapporté dans l’Evangile de Matthieu (22, 37 à 40), a répondu :
 » Tu aimeras Dieu ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et de tout ton esprit.  » C’est le premier et le plus grand commandement. Et le deuxième est comme lui :  » Tu aimeras ton prochain comme toi même !  » Toute la loi et les prophètes dépendent de ces deux commandements.
 » Tu aimeras Dieu ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme et de tout ton pouvoir  » est une citation de Deutéronome 6, 5.  » Tu aimeras ton prochain comme toi même !  » est tiré du Lévitique 19, 18. Ces enseignements sont antérieurs à Jésus de quelque 1 300 ans.
Bien sûr, les Evangiles, dont on prétend qu’ils ont enregistré les enseignements de Jésus, ont été écrits en grec de nombreuses années après sa mort. Celle ci, signalons le au passage, a eu lieu selon les sources chrétiennes en l’an 32, soit environ 35 ans avant la destruction du Temple.

Les adeptes juifs de Jésus

Qui ont été les adeptes Juifs de Jésus ?
Les membres de la secte de Jésus étaient des Juifs sincèrement religieux qui croyaient que leur maître était le Messie. Ils n’auraient pas pu croire tout en restant des Juifs que Jésus était un  » dieu « , car une telle croyance aurait été de l’idolâtrie complète selon le judaïsme et aurait paru plus proche des croyances païennes gréco romaines où il était normal que des dieux prennent une forme humaine et entretiennent des relations avec des humains.
De fait, c’est beaucoup plus tard que le concept de  » fils de Dieu  » apparaîtra dans la théologie chrétienne, quoique les Evangiles employent souvent l’expression  » fils de l’Homme « , qui est empruntée aux textes des prophètes et qui désigne le Messie.

Les Evangiles employent souvent l’expression  » fils de l’Homme « , qui est empruntée aux textes messianiques des prophètes.

Quoi qu’il en soit, la secte de Jésus en Erets Yisrael a été éphémère. Après la dispersion des Juifs par les Romains suite à l’échec de la révolte de Bar Kokhba, les adeptes juifs de Jésus ont disparu tout comme les Esséniens, les Sadducéens et les Zélotes. (Les Pharisiens ont survécu grâce à l’intuition visionnaire de leur dirigeant, Rabbi Yo’hanan ben Zakkai, comme nous l’avons vu plus haut.)
Dans ce cas, d’où sont venus tous les Chrétiens ? Plus généralement, d’où est venu le christianisme ?
Pour répondre à cette question, nous aurons à jeter un regard sur une autre personnalité d’une très grande importance, apparue sur la scène après la mort de Jésus, à qui presque tous les historiens du christianisme attribuent la propagation à travers le monde du message de celui ci, voire un remodelage du christianisme à l’usage du monde païen.
C’était un Juif connu à l’origine sous le nom de Saül qui deviendra célèbre dans le christianisme sous celui de  » Saint Paul « .
Notre prochain chapitre : De Paul à Constantin.

Traduction et adaptation de Jacques KOHN

Le rabbin Ken SPIRO, originaire de New Rochelle, NY (Etats-Unis), a obtenu au Vasser College un BA de langue et de littérature russe, et il a poursuivi ses études à l’Institut Pouchkine à Moscou. Il a été ordonné rabbin à la Yeshiva Aish HaTorah à Jérusalem, et il est titulaire d’une maîtrise d’histoire conférée par le Vermont College de l’Université de Norwich. Il habite à Jérusalem avec sa femme et ses cinq enfants, et il travaille comme conférencier et comme chercheur sur les programmes éducatifs d’Aish HaTorah.

Voir

Pendant 2 000 ans, les Juifs ont rejeté la thèse chrétienne qui fait de Jésus un messie. Pourquoi ?

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

Pendant 2 000 ans, les Juifs ont rejeté la thèse chrétienne qui fait de Jésus un messie. Pourquoi ?

Il est important à comprendre pourquoi les Juifs ne croient pas en Jésus. Il ne s’agit pas là de dénigrer d’autres religions, mais de clarifier la position juive. Plus nombreuses sont les données dont on dispose, mieux on peut faire son choix quant à son itinéraire spirituel.
Les Juifs n’acceptent pas Jésus en tant que Messie parce que :

1) Jésus n’a pas accompli les prophéties messianiques.

2) Jésus n’a pas incarné les qualifications personnelles du Messie.

3) Les versets bibliques que l’on applique à Jésus sont traduits de manière erronée.

4) La foi juive est basée uniquement sur une révélation nationale.

A la fin de cet article, nous examinerons les sujets supplémentaires suivants :

5) Le christianisme contredit la théologie juive.

6) Juifs et Gentils.

7) La venue du Messie.

1) JESUS N’A PAS ACCOMPLI LES PROPHETIES MESSIANIQUES

Qu’est-ce que le Messie est censé devoir accomplir ? La Bible dit qu’il :

A. Construira le troisième Temple (Ezéchiel 37, 26-28).

B. Rassemblera tous les Juifs revenus sur la Terre d’Israël (Isaïe 43, 5-6).

C. Fera entrer le monde dans une ère de paix universelle, et mettra fin à toute haine, oppression, souffrance et maladie, ainsi qu’il est écrit :  » Une nation ne s’élèvera pas en brandissant l’épée contre une nation, ni un homme n’apprendra plus l’art de la guerre  » (Isaïe 2, 4).

D. Propagera la connaissance universelle du D.ieu d’Israël, qui unira l’humanité comme ne formant qu’un peuple. Comme il est écrit :  » D.ieu sera Roi sur tout le monde, en ce jour, D.ieu sera Un et Son Nom sera Un  » (Zacharie 14, 9).

Il est de fait historique que Jésus n’a accompli aucune de ces prophéties messianiques.
Les Chrétiens répliquent que Jésus accomplira celles-ci lors de sa deuxième venue, mais les sources juives assurent que c’est d’emblée que le Messie accomplira ses prophéties, sans avoir besoin de venir une deuxième fois.

2) JESUS N’A PAS INCARNE LES QUALIFICATIONS PERSONNELLES DU MESSIE

A. Le Messie comme prophète

Jésus n’était pas un prophète. La prophétie ne peut exister en Israël que lorsque le pays est habité par la plus grande partie du peuple juif. A l’époque d’Ezra – vers l’an 300 avant l’ère commune – quand la majorité des Juifs refusa de quitter Babylone pour retourner en Israël, la prophétie prit fin avec la mort des derniers prophètes – Aggée, Zacharie et Malachie.
Jésus est apparu sur la scène de l’histoire environ 350 ans après la fin de la prophétie.

B. Descendant de David

Le Messie doit être un descendant du côté paternel du roi David (Voir Genèse 49, 10 et Isaïe 11, 1). Or, selon la thèse des Chrétiens, Jésus est né d’une femme vierge, et donc n’avait pas de père. Il est par conséquent impossible qu’il ait pu satisfaire aux exigences d’une filiation paternelle remontant au roi David !

C. L’observance de la Torah

Le Messie conduira le peuple juif à une pleine observance de la Torah. La Torah énonce que toutes les mitsvoth (commandements) resteront toujours en vigueur, et que quiconque voudra changer la Torah sera aussitôt identifié comme un faux prophète (Deutéronome 13, 1-4).
Tout au long du Nouveau Testament, Jésus prend le contre-pied de la Torah et affirme que ses commandements ne sont plus applicables (voir Jean 1, 45 et 9, 16 ; Actes 3, 22 et 7, 37).

3) LES VERSETS BIBLIQUES QUE L’ON ATTRIBUE A JESUS SONT TRADUITS DE MANIERE ERRONEE

On ne peut comprendre un verset biblique qu’en l’examinant dans le texte original hébreu, ce qui révèle beaucoup de décalages dans la traduction chrétienne.

A. La naissance virginale

L’idée chrétienne d’une naissance virginale a pris naissance dans Isaïe 7, 14 où il est question d’une ‘alma qui a enfanté. Le mot hébreu ‘alma a toujours signifié :  » jeune femme « , mais les théologiens chrétiens, plusieurs siècles après, l’ont traduit par  » vierge « .

Cette version a permis de concilier la naissance de Jésus avec l’idée païenne qui prévalait au premier siècle selon laquelle des mortelles pouvaient être fécondées par des dieux.

B. La crucifixion

Il est écrit dans les Psaumes (22, 17) :  » Car des chiens m’enveloppent, la bande des méchants fait cercle autour de moi ; « comme le lion » (ils meurtrissent) mes mains et mes pieds.  »

Le terme hébreu KeAri ( » comme le lion « ) est grammaticalement similaire au mot  » déchirure « . C’est ainsi que le christianisme lit le verset comme contenant une allusion à la crucifixion :  » Ils ont transpercé mes mains et mes pieds.  »

C. Le serviteur souffrant

Le christianisme considère que le chapitre 53 d’Isaïe sur le  » serviteur souffrant  » se réfère à Jésus.
En réalité, ce chapitre 53 constitue la suite directe du chapitre 52, qui décrit l’exil et la rédemption du peuple juif. Les prophéties sont écrites au singulier parce que les Juifs ( » Israël « ) sont considérés comme une seule unité. La Torah fourmille d’exemples où la nation juive est désignée sous un pronom singulier.

Par une triste ironie de l’histoire, les prophéties de persécution du livre d’Isaïe se sont accomplies notamment au XIème siècle, où les Juifs ont été torturés et massacrés par les Croisés qui agissaient au nom de Jésus.
D’où sont venues ces traductions erronées ? Saint Grégoire, évêque de Nazianze au IVème siècle, a écrit :  » Un peu de jargon est tout ce qui est nécessaire pour en imposer aux gens. Moins ils comprennent, plus ils admirent.  »

4) LA FOI JUIVE EST BASEE UNIQUEMENT SUR UNE REVELATION NATIONALE

Sur les 15 000 religions recensées dans l’histoire humaine, seul le judaïsme base sa croyance sur une révélation nationale, c’est-à-dire une révélation où D.ieu s’adresse à la nation entière. Si D.ieu devait faire naître une nouvelle religion, il va de soi qu’Il l’annoncerait à tout le monde, et pas à une seule personne.

Le judaïsme est la seule parmi les grandes religions de monde à ne pas s’appuyer sur des  » revendications de miracles  » comme base de la foi. En fait, la Bible précise que D.ieu accorde parfois à des charlatans le pouvoir de réaliser des  » miracles « , et ce afin de mettre à l’épreuve la loyauté des Juifs envers la Torah (Deutéronome 13, 4).

Maïmonide énonce ( » Fondements de la Torah  » 8, 1) :
 » Les Juifs n’ont pas cru en Moïse, notre maître, à cause des miracles qu’il a exécutés. Toutes les fois que la croyance de quelqu’un s’appuie sur la contemplation de miracles, elle ne fait que traîner derrière elle des doutes, parce qu’il est possible que les miracles soient accomplis à l’aide de la magie ou de la sorcellerie. Tous les miracles que Moïse a provoqués dans le désert ont été mis en œuvre parce qu’ils étaient nécessaires, et non en tant que preuves de sa prophétie.
Quelle a été alors la base de la foi [juive] ? La Révélation au mont Sinaï, que nous avons vue de nos propres yeux et entendue de nos propres oreilles, et non comme rapportée par les témoignages de tiers… ainsi qu’il est écrit : « D.ieu t’a parlé face à face… » La Torah dit aussi : « Ce n’est pas avec nos pères que D.ieu a conclu cette alliance-là, mais avec nous, ceux de nous qui sommes ici aujourd’hui tous vivants. » (Deutéronome 5, 3)

Le judaïsme n’est pas affaire de miracles. Il est l’expérience personnelle en tant que témoin oculaire de chaque homme, femme et enfant qui s’est trouvé au mont Sinaï il y a 3 300 ans.

Voir notre article  » D.ieu a-t-il parlé au mont Sinaï ? » pour approfondir le sujet.

5) LE CHRISTIANISME CONTREDIT LA THEOLOGIE JUIVE

Les points théologiques suivants s’appliquent surtout à l’église catholique romaine, la plus importante des dénominations chrétiennes.

A. D.ieu en trois parties ?

L’idée catholique de la Trinité transforme Dieu en trois parties distinctes : Le Père, le Fils et le Saint-Esprit (Matthieu 28, 19).

Cette conception s’oppose à celle contenue dans le Chema’, base de la foi juive :  » Ecoute, Israël, l’Eternel est notre D.ieu, l’Eternel est UN !  » (Deutéronome 6, 4). Les Juifs récitent chaque jour le Chema’, ils l’écrivent sur les poteaux des portes (Mezouza), et ils se l’attachent au bras et à la tête (Tefilines). Cette affirmation de l’unicité de D.ieu est ce que l’enfant apprend à dire en premier, et elle constitue les derniers mots que le Juif prononce avant de mourir.

Selon la loi juive, l’adoration d’une divinité en trois parties est considérée comme une forme d’idolâtrie – l’un des trois péchés capitaux dont un Juif doit se garder même au péril de sa vie. Cela explique pourquoi, pendant l’Inquisition et à travers l’histoire, les Juifs ont sacrifié leurs vies plutôt que se convertir.

B. Un homme comme D.ieu ?

Les Catholiques romains croient que D.ieu est venu sur terre sous une forme humaine, puisque Jésus a dit :  » Moi et le Père sommes un  » (Jean 10, 30).

Maïmonide consacre la plus grande partie du  » Guide des égarés  » à l’idée fondamentale que D.ieu est incorporel, ce qui signifie qu’Il ne revêt aucune forme physique. D.ieu est éternel, hors du temps. Il est infini, hors de l’espace. Il ne peut pas être né, et il ne peut pas mourir. Affirmer que D.ieu prend une forme physique revient à Le déprécier, car cela diminue à la fois Son unité et Sa divinité. Comme le dit la Torah :  » D.ieu n’est pas un mortel  » (Nombres 23, 19).

Le judaïsme affirme que le Messie naîtra de parents humains, et qu’il possédera des attributs physiques normaux comme les autres gens. Il ne sera pas un demi-dieu, et ne sera pas investi de qualités surnaturelles. En fait, chaque génération contient en son sein un individu qui aurait la capacité de devenir le Messie (voir Maïmonide –  » Lois sur les Rois « , 11, 3).

C. Un intermédiaire pour la prière ?

La foi catholique affirme que la prière doit être canalisée par un intermédiaire, c’est-à-dire par une confession auprès d’un prêtre. Jésus lui-même a été un intermédiaire, puisqu’il a dit :  » Aucun homme ne vient au Père que par moi.  »

Dans le judaïsme, la prière est une affaire totalement privée, entre chaque individu et D.ieu. Comme l’affirme la Bible :  » D.ieu est près de tous ceux qui font appel à Lui  » (Psaumes 145, 18). De plus, les Dix Commandements énoncent :  » Tu n’auras pas d’autres dieux « devant Moi » « , ce qui signifie qu’il est interdit d’établir un médiateur entre D.ieu et l’homme (voir Maïmonide –  » Lois sur l’idolâtrie « , chapitre 1).

D. L’engagement dans le monde physique

La doctrine catholique traite souvent le monde physique comme un mal qu’il faut éviter. Marie, la plus sacrée des femmes, est décrite comme une vierge. Les prêtres et les nonnes sont astreints à un devoir de chasteté. Et les monastères sont situés dans des lieux isolés, éloignés du monde.

Le judaïsme, au contraire, croit que D.ieu a créé le monde physique non pas comme une source de frustrations, mais pour notre plaisir. La spiritualité juive consiste à se mesurer au monde physique d’une manière qui nous élève et qui nous enrichisse. L’activité sexuelle, lorsqu’on la pratique dans le contexte approprié, est un des actes les plus saints qui soient.

Le Talmud enseigne que si l’on a l’occasion de déguster un nouveau fruit et qu’on refuse de le faire, on devra en rendre compte dans le monde à venir. Les écoles rabbiniques enseignent comment vivre au sein de l’agitation des activités commerciales. Les Juifs ne font pas retraite devant la vie, ils la subliment.

6) Juifs et Gentils

Le judaïsme n’exige de conversion de personne. La Torah de Moïse est une vérité pour toute l’humanité, juive ou non. Le roi Salomon a demandé à D.ieu d’exaucer les prières des non-Juifs qui venaient au Temple (I Rois 8, 41-43). Le prophète Isaïe appelle le Temple une  » maison pour toutes les nations « .

Le service du Temple pendant Soukoth consistait en 70 offrandes de taureaux, correspondant aux 70 nations du monde. Le Talmud enseigne que si les Romains s’étaient rendu compte des avantages que le Temple aurait pu leur procurer, jamais ils ne l’auraient détruit.
Les Juifs n’ont jamais cherché activement à convertir quiconque au judaïsme. La Torah prescrit en effet la voie appropriée que doivent suivre les non-Juifs, connue sous le nom de  » Sept lois de Noé « . Maïmonide explique que tout être humain qui observe fidèlement ces lois morales fondamentales gagne une place de choix dans le ciel.

Pour une étude approfondie des Sept lois de Noé, voir notre article « Les lois noa’hides ».

7) La venue du Messie

Maïmonide considère que la popularité du christianisme (et de l’islam) fait partie de plan de D.ieu pour propager les idéaux de la Torah à travers le monde. Ces deux religions tendent à rapprocher la société d’une plus grande fidélité à la morale et d’une meilleure connaissance de D.ieu. Tout cela constitue des signes précurseurs de l’ère messianique.

De fait, le monde est en quête désespérée d’une rédemption messianique. Les guerres et la pollution menacent notre planète ; l’égoïsme et la confusion délabrent la vie de famille. C’est dans la mesure même où nous sommes conscients des problèmes que connaissent nos sociétés que nous aspirons à la rédemption. Comme le dit le Talmud, une des premières questions que l’on pose à un Juif le jour du jugement est :  » As-tu souhaité la venue du Messie ?  »

Comment pouvons-nous accélérer la venue du Messie ? Le meilleur moyen est d’aimer généreusement toute l’humanité, d’observer les mitsvoth de la Torah du mieux que nous pouvons, et d’encourager les autres à en faire autant.
Malgré l’obscurité dans laquelle il est plongé, le monde semble se diriger vers les temps messianiques. Un signe apparent en est le retour du peuple juif sur la Terre d’Israël et l’épanouissement de celle-ci grâce à ses efforts. En outre, un mouvement majeur fait revenir nombre de jeunes Juifs vers les traditions de la Torah.

Le Messie peut venir à tout moment, et son avènement ne dépend que de nous. D.ieu sera prêt quand nous le serons. Comme l’a dit le Roi David :  » La rédemption arrivera aujourd’hui – si vous écoutez Sa voix.  »

(Traduit de l’anglais par Jacques KOHN)

Pour une étude plus approfondie, lire :  » Le vrai Messie « , par le rabbin Aryeh Kaplan (traduction française de Jacques KOHN – Editions EMOUNA).

Le rabbin Shraga Simmons a passé son enfance à Buffalo (Etats-Unis). Il a travaillé dans le journalisme et les relations publiques, et il exerce maintenant les fonctions d’éditeur de Aish.com à Jérusalem.

Dépasser l’Effet Berceuse : lire la Bible les yeux grands ouverts.

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

par Le Rabbin David FOHRMAN

Dépasser l’Effet Berceuse : lire la Bible les yeux grands ouverts.

Il est paradoxal de constater que l’un des problèmes importants auxquels nous devons faire face lorsque nous étudions la Bible est que ses histoires nous sont extrêmement familières. Quel que soit l’endroit où nous avons été élevés, quel que soit notre niveau d’éducation, nous avons forcément déjà entendu l’histoire d’Adam et Eve des dizaines, si ce n’est des centaines de fois. Nous avons entendu cette histoire à l’école et nous l’avons apprise à la maison. Nous buvons du jus de pomme « Adam et Eve » et nous voyons des images d’Adam et Eve sur des bouteilles de shampooing. Nous connaissons cette histoire, nous en sommes sûrs. En fait, nous la connaissons un peu trop bien…

Lorsque nous connaissons « trop bien » une histoire, nous devenons une proie facile pour le syndrome de ce que j’appellerais « l’Effet Berceuse ». L’effet berceuse endort notre aptitude à poser – et même à percevoir- les questions véritablement importantes que la Bible nous invite à évoquer. L' »Effet Berceuse » nous anesthésie par le biais des résultats stupéfiants que génère la familiarité. Voila comment ça marche :

Quand vous êtes-vous, pour la dernière fois, donné la peine de réfléchir aux paroles des berceuses que vous chantez à vos enfants ? Arrêtez-vous un instant pour réfléchir ? vraiment réfléchir ? au sens de ces paroles. Pour commencer, essayons ce grand classique qui fait toujours partie des favoris1 : « Rock-a-bye baby on the treetop », « Bercer le bébé au sommet de l’arbre ». Imaginez ce qu’il se passerait si votre enfant prêtait réellement attention aux paroles que vous êtes en train de chanter : « … lorsque la branche se cassera, le berceau tombera, et en bas ira le bébé, le bébé et tout… »

Bon, il est certainement possible d’endormir un enfant en chantant ça, mais si votre joli bébé écoutait véritablement ce que vous lui chantez, il aurait un réveil plutôt brutal. De nombreuses questions, j’imagine, nous viendraient rapidement à l’esprit, si nous nous donnions la peine de prêter attention à ces paroles :

« A quelle distance exacte du sol se trouvait le berceau lorsqu’il est tombé ? »

« Est-ce que quelqu’un a appelé une ambulance ? »

« Mais qui a bien pu placer le berceau sur la branche ? » « Les parents tentaient-ils de se débarrasser de leur enfant ? » « Est-ce que je vous dérange ? »

Mais personne ne pose ces questions. Bien peu d’entre nous sont gênés par le degré de violence qui s’exprime à travers nous lorsque nous chantons cette berceuse à notre enfant. Quelle est la raison de cette attitude ? Tout simplement le fait que nous ne prenions pas même la peine d’en écouter les paroles. Nous les avons entendues trop de fois, enfants, avant même de savoir ce qu’elles voulaient dire, et maintenant, à l’âge adulte, elles ne nous choquent même plus.

Les histoires de la Bible ressemblent sur ce point aux berceuses. La plupart d’entre elles recèlent une question essentielle ou même plusieurs qui ne demandent qu’à être traitée. Pourquoi D.ieu a-t-Il dit à Abraham d’emmener son fils pour le tuer, pour finir par se rétracter au dernier moment et dire que ce n’était pas vraiment ce qu’Il souhaitait ? Qu’avait au juste D.ieu contre la construction d’une Tour sur la Terre de Babel ? Pourquoi D.ieu se donna-t-Il la peine de marchander avec Pharaon la délivrance des Juifs, pour finir par endurcir son cœur dès que le monarque égyptien y consentait enfin ?

Mais ces histoires nous sont trop connues. Nous les avons tant entendues qu’elles font maintenant partie de notre tissu culturel. Ces histoires nous pénètrent comme par osmose, un peu à la manière dont nous prenons un accent qui révélera l’endroit où nous avons été élevés. Nous n’arrivons plus à saisir le noeud essentiel de l’histoire.

Avec cette série d’articles, j’aimerais nous mettre au défi de modifier cette situation. Je voudrais vous demander de me suivre en voyage pour une aventure à travers le texte Biblique dans lequel nous lirons ces histoires que nous pensons connaître avec un regard neuf tout en posant les questions que n’importe quel lecteur intelligent poserait à leur sujet.

Si cette idée vous rend nerveux, détendez-vous. Il ne faut pas avoir peur de ces questions car elles ne sont pas véritablement des problèmes, elles sont plutôt des opportunités. Elles constituent des fenêtres que le texte met à notre disposition pour nous permettre de percevoir sa signification profonde. Bien entendu, vous pouvez laisser la fenêtre fermée et feindre d’ignorer son existence, mais si vous ne l’ouvrez pas, l’accès au trésor qui se trouve de l’autre côté – une compréhension plus riche, en trois dimensions de la Bible, sans parler d’un monde entier de littérature rabbinique, le Midrach et le Talmud – vous sera à jamais condamné.

Alors, voilà le marché :

Avant de lire ces articles, je vous invite à relire l’histoire d’Adam et Eve avec le Serpent dans le Jardin d’Eden. Lisez-la en hébreu, si vous connaissez cette langue et, dans le cas contraire, lisez sa traduction car pour l’instant, elle conviendra. Oui, je sais : Vous connaissez déjà cette histoire. Depuis la sixième, vous avez en tête cette image du serpent enroulé autour de l’arbre, offrant une pomme à Eve. Mais c’est justement le problème : vous devez oublier tout ça. Il vous faut effacer ces images et lire l’histoire avec un œil neuf. Vous devez briser le syndrome de la berceuse.

Lisez cette histoire lentement et attentivement. Juste le texte, pas les commentaires et, ce faisant, posez-vous les questions suivantes : Si je lisais cela pour la première fois, qu’est-ce que j’y trouverais d’étrange ? Quelles sont les « grandes questions » que la Torah voudrait que je me pose sur cette histoire ?

Prenez le temps d’y réfléchir et retrouvons-nous ici la semaine prochaine pour comparer nos notes.

A bientôt.

1 L’auteur appuie sa démonstration sur une berceuse très classique de la culture anglo-saxonne dont les paroles sont effectivement très curieuses. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de la laisser telle quelle sans tenter de la remplacer par une chanson du même registre en français. (N.d.T.)

Traduction et Adaptation de Ra’hel Katz

l’homme a l’image du createur

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

source lamed.fr

par le Rabbin Ariel MESSAS

Les textes de la Torah relatifs à la condition humaine et à la place de l’homme dans la création sont très riches. Ils placent l’être humain au sommet de la hiérarchie du créé.

Un célèbre verset de la Genèse enseigne que l’homme a été créé à  » l’image de D.ieu « .

Les sages enseignent que l’âme est  » une partie du D.ieu d’en haut « .

Au Psaume huit, le roi David célèbre la création :  » Lorsque je contemple tes cieux, œuvre de ta main, la lune et les étoiles que tu as formées…  » et s’interroge sur la place que peut tenir l’homme dans un univers aussi majestueux :  » Qu’est-ce donc l’homme, pour que tu penses à lui ? Le fils d’Adam pour que tu le protèges ?  » Le psalmiste répond à cette inquiétante question de façon magistrale :  » Tu l’as fait presque l’égal des êtres divins, tu l’as couronné de gloire et de magnificence. Tu lui as donné l’empire sur les oeuvres de ta main, et mis tout à ses pieds… « . Ici, l’homme est décrit comme  » presque l’égal des êtres divins « .

Cette comparaison entre l’homme et les créatures célestes est récurrente.

Le serpent promet à Eve qu’elle sera comme D.ieu lorsqu’elle aura consommé du fruit de la connaissance du Bien et du Mal.

A plusieurs reprises, les commentateurs expliquent que l’homme peut être tenté de croire qu’il existe deux pouvoirs égaux, celui de D.ieu dans les sphères célestes, et celui des hommes dans les sphères terrestres.

L’histoire de l’humanité est là pour nous rappeler combien l’être humain a souvent succombé à sa tentation suprême : se prendre pour D.ieu lui même.

Si l’homme est décrit comme presque l’égal des êtres divins, s’il peut être tenté de se prendre pour D.ieu, c’est qu’il existe en lui une force extraordinaire lui donnant un pouvoir sur le reste de la création.

Celle-ci peut être à l’origine de sa grandeur mais aussi de sa perte s’il l’utilise de façon négative.

De quelle force s’agit-il ?

La spécificité de l’homme, c’est que son intelligence domine la matière. Ce pouvoir ne s’exprime pas uniquement par la faculté de transformation du créé – il va beaucoup plus loin – il s’agit du pouvoir de définir la finalité de la matière, de déterminer le rôle que celle-ci doit avoir dans la vie de l’homme. Ce faisant l’homme peut dominer les valeurs du monde dans lequel il évolue.

Il semble que cette force soit à l’origine de la grandeur ou de la perte du genre humain.

La création voulue par D.ieu est accompagnée par un projet divin. La Torah n’est autre que le projet assigné à la création par le Créateur. Etre capable de changer la finalité du créé, c’est donc  » se substituer  » à D.ieu en proposant un projet  » concurrent  » au sien.

En dotant l’homme de cette force, D.ieu a créé l’homme à son image. Il ne l’a rendu que de très peu inférieur aux êtres célestes. C’est également ce pouvoir qui peut lui donner l’illusion de gérer la vie sur terre, qui peut lui donner l’illusion d’être lui même un Dieu.

La première faute du premier être humain fut l’expression de cette volonté ancrée en l’homme de définir lui même les valeurs qui régissent sa vie.

Ne supportant pas de vivre en porte à faux avec son action, l’homme a tendance à justifier à posteriori les fautes qu’il commet. Dés lors, la faute est à l’origine d’un monde différent de celui voulu par D.ieu, d’un monde qui dépendra directement de son action.

La faute relègue à un deuxième plan le projet de D.ieu.

Cette compréhension nouvelle du concept de création de l’homme à l’image de D.ieu, ainsi que de la nouvelle approche de la nature de la faute commise par les premiers êtres humains, vont nous permettre de mieux comprendre le sens des conséquences dramatiques qu’eut la faute sur le devenir de l’humanité.

Une des conséquences de la faute est l’obtention par l’homme de son pain à la sueur de son front. Avant la faute, l’homme se nourrissait à la table de D.ieu sans avoir besoin d’apprêter les mets qu’il consommait. Après la faute, le pain ne peut être obtenu qu’à la sueur de son front.

La conséquence de la faute c’est l’enfoncement dans la faute.

Comment comprendre que cette faute ait eu cette conséquence ?

Le pain est la matière première la plus indispensable à la survie de l’homme. Après la faute, il ne peut plus être obtenu qu’après de nombreux efforts. Ce faisant l’homme peut avoir l’illusion que c’est lui qui pourvoit à ses besoins. Il peut oublier que derrière le monde qu’il crée existe un monde créé par D.ieu.

L’homme vit alors dans un monde qu’il modèle selon son bon vouloir sans pouvoir prendre conscience de ses erreurs. La conséquence de la faute c’est l’enfoncement dans la faute.

Nous conclurons en remarquant que si le pain de la Genèse est celui qui peut pérenniser la faute, il en est un autre qui en est purifié.

Le roi David (Psaumes, 78-25) dans une très belle parabole décrit la manière avec laquelle D.ieu octroya la manne aux enfants d’Israël dans le désert. :

 » Il commanda aux nuages d’en haut et ouvrit les portes du ciel ; Il fit pleuvoir sur eux de la manne comme nourriture et leur octroya du blé céleste. Tous eurent à manger de ce pain de délices « .

Il existe dans le Talmud (Yoma 75b) une discussion à propos de l’expression  » pain de délices  » (lé’hem abirim). Un maître y soutient qu’abirim a pour sens : forts. Il explique que ce pain était le pain des forts, le pain des anges. Une autre opinion voit dans le mot abirim une allusion à évarim, membres. Elle soutient que la manne était un pain entièrement absorbé par les 246 membres du corps de l’homme, qu’il ne produisait aucun déchet.

Ces deux opinions expriment le caractère  » sacré  » de la manne consommée par la génération des enfants d’Israël qui vécurent la sortie d’Egypte.

Le niveau de spiritualité de ces personnes était très important. Les sages enseignent qu’une servante a pu voir lors de la traversée de la mer rouge ce que n’a pas vu Ezéchiel le prophète. Par ailleurs, les maîtres nous apprennent que lors du don de la Torah, les enfants d’Israël atteignirent le niveau de spiritualité d’Adam avant la faute.

Seule cette génération a pu être nourri par un pain céleste, par un pain provenant entièrement de D.ieu. Le pain n’était plus, en ce temps, le fruit de la sueur de l’homme, il était, de nouveau, un cadeau du ciel.

Du fait de sa proximité avec son Créateur, l’investissement de l’homme dans le monde de la matière ne devait plus provoquer d’écran entre le monde de l’homme et le monde de D.ieu. Dès lors, les efforts nécessaires à sa réalisation devenaient caducs. Le pain pouvait redevenir un produit venant du ciel et cesser d’être un produit créé par l’homme.

Le peuple juif a pu, pendant la période qui précéda son entrée en terre d’Israël faire disparaître dans une certaine mesure les séquelles de la faute. Cette rédemption ne fut possible que grâce à l’enseignement d’Abraham.

Le Talmud (Baba Métsia 86b) dans un de ses très brefs enseignements nous apprends que le peuple juif pu bénéficier de la manne dans le désert grâce au mérite d’Abraham qui servit du  » beurre et du lait  » lors du repas qu’il servit aux anges venus lui rendre visite.

La perfection ultime humaine est atteinte lorsque le projet de l’homme pour l’homme est identique à celui voulu par D.ieu pour l’homme.

Par ailleurs un Midrach (Béréchit Rabba 48-12) nous apprends que la manne a pu être octroyée aux enfants d’Israël dans le désert grâce au mérite d’Abraham qui demanda à Sarah de  » pétrir une pâte afin d’en faire des gâteaux « .

A priori, ces textes semblent inaccessibles. En quoi le don de  » beurre et de lait « , le fait de demander de  » pétrir une pâte pour en faire des gâteaux  » est en rapport avec la manne obtenue par le peuple juif quatre cents ans plus tard ?

Il semble que par ces deux attentions, Abraham ait cherché à transmettre aux générations à venir l’idée suivante : si l’homme a la possibilité de transformer la nature, il n’en devient pas pour autant son créateur. Il existe un monde de la création différent du monde de l’homme. Un monde régi par la volonté de D.ieu. La perfection ultime humaine est atteinte lorsque le projet de l’homme pour l’homme est identique à celui voulu par D.ieu pour l’homme.

Lorsque Abraham sert du beurre, il n’oublie pas de présenter le lait a partir duquel le beurre est créé. Lorsqu’il demande à Sarah de faire des gâteaux, il met en garde Sarah à veiller à leur préparation. Il l’enjoint de porter son attention au regard qu’elle porte sur ce qu’elle confectionne de ses propres mains.

Ce faisant il se protége lui, et son épouse Sarah, contre le risque de l’oubli du monde créé par D.ieu au profit du monde transformé par l’homme.

Ce faisant, la transformation qu’il imprime à la matière ne lui donnera pas l’illusion qu’il en est le seul maître et qu’il peut en disposer librement selon sa volonté.

L’apostasie dans l’islam orthodoxe: peine de mort!

Posté le 12.01.2008 par israelsionisme

L’apostasie dans l’islam orthodoxe: peine de mort!

L’islam orthodoxe contient un précepte particulièrement choquant. Il demande que l’apostat, celui qui quitte l’islam, soit tué. Cet ordre provient essentiellement de la Sounna, le Coran étant particulièrement peu clair sur ce point. Il existe un consensus des quatre écoles de jurisprudence sunnites sur ce sujet. Cette peine correspond à une réalité concrête dans bien des pays musulmans (ou non-musulmans). Quand le fait de quitter la religion islamique n’est pas légalement passible de mort, le risque est toujours présent que des extrémistes exécutent eux-mêmes la sentence. Même en France ou en Allemagne le danger est bien réel pour ceux qui, originaires de l’islam, ne croient plus que cette religion est la vérité. Heureusement, bien des musulmans aujourd’hui refusent cette pratique. C’est le cas notamment des musulmans « Coran-seul », qui rejettent la Sounna.

La peine de mort en cas d’apostasie est un moyen très efficace pour préserver l’islam orthodoxe (moins cependant que l’obligation de croire pour échapper à l’enfer, qui prive le croyant de sa liberté de pensée intime). Déjà, cela a pour effet de dramatiser encore plus l’apostasie, si bien que le croyant qui doute fera tout pour croire à nouveau. Mais s’il perd finallement sa foi, il y a de grandes chances qu’il le garde pour lui, et que personne ne soit au courant. S’il avait pu partager son témoignage, d’autres personnes auraient été amenées à se poser de questions, et éventuellement, à perdre la foi elles aussi. Mais cela n’arrivera pas si ceux qui ne croient plus continuent hypocritement à pratiquer l’islam orthodoxe. La peine de mort pour les apostats musèle les anciens musulmans, donne faussement l’impression que tout le monde croit, et que si soit-même on est sceptique on est bien le seul. C’est à la fois une censure de tout ce qui contredit l’islam orthodoxe et une manipulation des croyants.

Voici tout d’abord une compilation de Hadiths (et un verset du Coran) sur le sujet, suivi de l’avis des quatre écoles de jurisprudence sur le sujet (pour l’instant en anglais). La forme de l’article est provisoire, je m’excuse pour l’aspect brouillon.

D’après Ikrima:
Le prophète a dit: « celui qui quitte sa religion, tuez le! ». Sahîh Bukhari : 6411

D’après `Abd-Allah ibn Mas`ûd (qu’Allah soit satisfait de lui),
l’Envoyé d’Allah (pbAsl) a dit: « Il n’est pas permis de verser le sang d’un musulman qui témoigne qu’il n’y a d’autre divinité qu’Allah et que je suis l’Envoyé d’Allah, sauf dans ces trois cas: l’époux adultère, le coupable d’un meurtre et l’apostat qui abandonne la communauté musulmane ». Sahîh de Muslim: 3175

Sahih Bukhari Volume 6, livre 61, Numéro 577: J’ai entendu le prophète dire, “à la fin des temps, apparaîtront de jeunes gens aux idées folles. Ils parleront bien, mais ils sortiront de l’islam comme une flèche sort de son jeu, leur foi ne dépassera pas leur gorge. Ainsi, partout où vous les trouvez, tuez les, il y’aura une récompense pour ceux qui les tueront au jour de la résurrection.

Je termine par un verset du Coran qui pourrait être interprété dans le sens de la peine de mort en cas d’apostasie (c’est ce que font certains musulmans), mais qui est loin d’être clair. A titre d’information, « émigrer dans le sentier d’Allah » peut être un sysonyme de « se convertir ». Pendant un temps, les Mécquois qui se convertissaient à l’islam devaient émigrer à Médine, afin de vivre dans un état où la loi islamique était appliquée.

Sourate IV verset 89: « … Ne prenez donc pas d’alliés parmi eux, jusqu’à ce qu’ils émigrent dans le sentier d’Allah. Mais s’ils tournent le dos, saisissez-les alors, et tuez-les où que vous les trouviez…  »

L’avis des écoles de jurisprudence (pour l’instant en anglais seulement)

According to the School of Malik, as written in his book Muwatta:

From Zayd ibn Aslam, Malik has reported that the Apostle of God declared: Whoever changes his religion should be executed. Malik said about this tradition: As far as we can understand this command of the prophet means that the person who leaves Islam to follow another way, but conceals his kufr and continues to manifest Islamic belief, as is the pattern of the Zindiqs and others like them, should be executed after his guilt has been established. He should not be asked to repent because the repentance of such persons cannot be trusted. But the person who has left Islam and publicly chooses to follow another way should be requested to repent. If he repents, good. Otherwise, he should be executed.

According to the Hanbali School as explained in the well authenticated book al-Mughni:

In the opinion of Imam Ahmad ibn Hanbal any adult and rational man or woman who renounces Islam and chooses kufr should be given a three day period to repent. The person who does not repent should be executed. This is also the opinion of Hasan Basri, Zuhri, Ibrahim Nakhi, Makhul, Hammad, Malik, Layth, Awzai, Shafi’i and Ishaq ibn Rahwiyah.

Imam Tahawi has provided an interpretation of the Hanafi School in his book Sharh Ma’ani al-Athar as follows:

The lawyers differ among themselves concerning whether or not the person who has apostatized from Islam should be requested to repent. One group says it is much better that the imam (leader) requests the apostate to repent. If he repents, he should be released. Otherwise he should be executed. Imam Abu Hanifah, Abu Yusuf and Muhammad Rahmatullah are among those who have expressed this opinion. A second group says there is no need to request repentance. For them the condition of the apostate resembles that of the harbi kafir (« the infidel at war »). The infidels at war whom our invitation has already reached need not be invited to Islam before initiating war against them. Nevertheless every effort should be made to fully inform all others who have not been previously invited to repent, before attacking them. Likewise every effort should be made to bring back to Islam the person who has apostatized for lack of information about Islam. But the person who understands Islam well and deliberately renounces Islam, should be executed without any invitation to repentance. This opinion is supported by a statement of Imam Abu Yusuf also who writes in his book al-Amla’: I will execute an apostate and will not ask for repentance. If, however, he hastens to repent, I will leave him and commit his affair to God.

An extended explanation of the Hanafi school is found in the Hidayah and reads:

When any person forsakes Islam — Refuge is in God — then Islam should be presented to him. If he has any doubt, every effort should be made to clear it. For it is highly possible that he is afflicted by some doubt, which, if removed, will avert his evil prospect of death by the better prospect of re-embracing Islam. But according to the leading lawyers it is not necessary to offer him Islam because he has already received its invitation.

A representation of the Shafi’a school as found in the Hidayah is as follows:

It is recorded from Shafi’i that it is incumbent upon the imam to grant the apostate a three day respite. It is illegal for him to execute him before the respite expires, since the apostasy of a Muslim could be the result of some form of doubt. Thus there must be some time given him as an opportunity for consideration and reflection. We consider three days to be sufficient for this purpose.

Conclusion

La peine de mort en cas d’apostasie doit absolument être considérée comme caduque. J’ai vu des musulmans qui faisaient des compromis. Par exemple, en affirmant que l’islam n’oblige pas de tuer l’apostat, mais le permettrait seulement. Piètre consolation. Ou encore en affirmant que la peine de mort concernerait uniquement les apostats qui incitent d’autres personnes à quitter l’islam. Les autres seraient tranquilles. Piètre consolation, là encore. Il est normal qu’un ancien musulman soit particulièrement motivé pour informer ses anciens correlégionnaires au sujet de ce qu’il estime maintenant être une tromperie. C’est encore plus le cas s’il a adopté une religion comme le christianisme, auquel cas il considère que les musulmans sont perdus, et iront en enfer si rien n’est fait. Les musulmans qui approuvent la peine de mort de telles personnes devraient aussi approuver la peine de mort de musulmans anciennement chrétiens qui tentent de convaincre les chrétiens. Ou alors c’est du deux poids, deux mesures.

Site musulman présentant la version « orthodoxe »:
http://www.ribaat.org/modules.php?name=News&file=print&sid=513
Autre site pour un point de vue « un peu plus libéral »:
http://www.islamophile.org/spip/article635.html?var_recherche=apostasie

Son associé au billet :
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