Israël veut être reconnu comme « Etat juif »

À l’occasion de la conférence internationale réunie mardi 29 novembre à Annapolis (États-Unis) pour relancer le processus de paix israélo-palestinien, Israël a voulu obtenir des Palestiniens qu’ils le reconnaissent en tant qu' »État juif »

Pourquoi Israël insiste-t-il pour être reconnu comme « État juif » ?

Le 29 novembre 1947, une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU décide de partager la Palestine entre un « État juif » et un « État arabe ». Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame l’État d’Israël, qualifié d’« État juif et démocratique » dans sa déclaration d’indépendance. Celle-ci invite aussi les « habitants arabes du pays à (…) jouer leur rôle dans le développement de l’État sur la base d’une citoyenneté égale et complète ».

La Knesset, le Parlement israélien, promulgue ensuite la Loi du retour, qui permet à tout juif de la diaspora de « revenir » en Israël et d’en devenir citoyen. Depuis, le jeune État n’a cessé de piocher dans le patrimoine juif. Ses principales fêtes nationales sont liées à la tradition juive. Son drapeau rappelle le châle de prière juif frappé d’une étoile de David. L’hymne national, la « Hatikva » (l’Espoir), chante l’aspiration bimillénaire du retour à Sion. Aujourd’hui, 80 % de sa population se réclame du judaïsme.

Obtenir des Palestiniens la reconnaissance du caractère juif de l’État permettrait à Israël de renforcer sa position sur la question des réfugiés palestiniens, qui sera l’une des plus sensibles le jour des négociations finales. Pour la ministre des affaires étrangères, Tzippi Livni, « Israël répond aux aspirations nationales du peuple juif » et le futur État palestinien « répondra à celles des Palestiniens, où qu’ils se trouvent (…) y compris ceux qui vivent parmi nous en tant que citoyens jouissant de droits égaux ». Quel serait l’impact d’une telle reconnaissance pour les Arabes ?

La reconnaissance d’Israël comme État juif poserait problème aux 1,3 million d’Arabes qui vivent actuellement en Israël, descendants de ceux qui sont restés sur place après l’avènement de l’État. Ceux-ci n’ont jamais été vraiment intégrés et souffrent de discriminations. Ils entendent par ailleurs les formations d’extrême droite appeler à des transferts de populations. Ehoud Olmert a d’ailleurs mis en avant la question de « l’État juif » sous la pression d’Avigdor Lieberman, chef du parti d’extrême droite Israël Beiténou, pilier de sa majorité.

Par ailleurs, des centaines de milliers de Palestiniens ont pris les chemins de l’exil en 1948. Avec leurs descendants, ils sont aujourd’hui plus de 4 millions de personnes dispersées à travers le Proche-Orient. Conformément à la résolution 194 de l’ONU, la direction palestinienne n’a jamais renoncé à leur droit au retour en Israël. Cette revendication est un cauchemar pour l’État hébreu, qui perdrait alors son caractère majoritairement juif pour se transformer en État binational. Pourquoi la question revient-elle maintenant ?

Dans une lettre au premier ministre israélien de l’époque Ariel Sharon, le président américain George W. Bush s’est engagé en 2002 à réclamer qu’Israël soit reconnu comme « État juif ». Dans le même temps, il a affirmé le droit au retour des réfugiés dans le futur État palestinien.

Joël DAVID, à Jérusalem
source la croix

 

 

bush et annapolis

Bush contraint Israéliens
et Palestiniens à négocier

De notre envoyé spécial à Annapolis (Maryland) Philippe Gélie
28/11/2007 le figaro
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Bush a défini Israël comme «la patrie du peuple juif», prenant position contre le droit au retour des réfugiés palestiniens.
Bush a défini Israël comme «la patrie du peuple juif», prenant position contre le droit au retour des réfugiés palestiniens. Crédits photo : AP

Le président américain a promis d’aider les deux parties à conclure un traité de paix avant la fin 2008.

George W. Bush a présidé hier à une poignée de main entre Ehoud Olmert, le premier ministre israélien, et Mahmoud Abbas, le président palestinien, qui renvoie au geste historique que consentirent il y a quatorze ans Yitzhak Rabin et Yasser Arafat sous les auspices de Bill Clinton. «Nous sommes bien partis», s’est félicité le président américain en ouvrant la conférence sur le Proche-Orient réunie à son initiative à Annapolis, près de Washington.

Après six ans de relative inaction, George Bush a estimé que «maintenant est précisément le bon moment pour démarrer les négociations» censées conduire à la création «d’un État palestinien indépendant, démocratique et viable» avant la fin de son mandat en janvier 2009.

Le chef de la Maison-Blanche a salué «des dirigeants déterminés à réaliser la paix», mais il leur a fixé quelques orientations : tout en appelant les Israéliens à «montrer au monde qu’ils sont prêts à mettre fin à l’occupation commencée en 1967», il a défini Israël comme «la patrie du peuple juif», prenant ainsi position contre le droit au retour revendiqué par les réfugiés palestiniens.

Il s’agit «d’un début, pas d’une fin» et «la tâche sera difficile», a dit George W. Bush. Si c’était nécessaire, le temps et les efforts déployés pour mettre au point une déclaration commune en ont donné la mesure. Après une journée et une nuit entière de discussions infructueuses, le secrétaire d’État américain, Condoleezza Rice, avait, selon des sources diplomatiques, menacé de produire son propre texte. Cette perspective semble avoir poussé les parties à s’accorder à la dernière minute. La déclaration qu’a lue le président américain en leur nom les engage à «lancer immédiatement de bonne foi des négociations bilatérales afin de conclure un traité de paix réglant toutes les questions en suspens, y compris les questions centrales, sans exception», avant la fin de 2008.

Toutes les deux semaines

Après une nouvelle rencontre avec George Bush aujourd’hui à la Maison-Blanche, les deux délégations formeront un «comité de suivi» chargé de négocier «en permanence» et de superviser les groupes de travail affectés au règlement des questions en suspens (les frontières, Jérusalem, la sécurité, l’eau, les réfugiés). La première réunion est prévue le 12 décembre. Olmert et Abbas promettent de se voir toutes les deux semaines. Les parties s’engagent en outre à respecter leurs obligations contenues dans la «feuille de route», adoptée en 2003 et restée jusqu’ici lettre morte. En particulier, elles promettent de lutter «contre le terrorisme et les provocations, qu’ils émanent des Palestiniens ou des Israéliens». Cette étape est présentée comme un préalable à la mise en œuvre d’un accord sur le futur État palestinien.

Les États-Unis ont accepté d’être les arbitres de ces progrès, ce qui constitue également une nouveauté importante. Spectatrice hier, la communauté internationale sera invitée à exprimer son soutien sous forme d’aide financière à Paris le 17 décembre. Le ministre français Bernard Kouchner espère y récolter 2,5 milliards d’euros. «Nous sommes devant une opportunité extraordinaire, a souligné Mahmoud Abbas. Si elle est perdue, cela tuera la paix dans les esprits et les cœurs.»

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algerie sarkoy et les juifs

Algérie : insinuations antisemites contre Sarkozy

mercredi 28 novembre 2007, par LDJ

Article de Thierry Oberlé dans le Figaro du 27 Novembre 2007.


• Un responsable algérien accuse le président français d’être le relais du « lobby juif ». Le chanteur Enrico Macias renonce à participer au déplacement du chef de l’État prévu la semaine prochaine. Le ton monte à Alger à quelques jours de la visite d’État de Nicolas Sarkozy, prévue du 3 au 5 décembre. Dans un entretien accordé lundi à El Khabar, l e principal quotidien du pays, le ministre des Anciens Combattants algériens, Mohammed Cherif Abbés, accuse à mots à peine couverts le président français d’être un agent à la solde d’Israël. « Vous connaissez les origines du président français et ceux qui l’ont amené au pouvoir » , avance-t-il. Avant de s’interroger : « Saviez-vous que les autorités israéliennes avaient mis en circulation un timbre à l’effigie de Sarkozy, en pleine campagne électorale ? » Il ajoute : « Pourquoi Bernard Kouchner, une personnalité de gauche, a décidé de sauter le pas (en entrant au gouvernement) ? Cela ne s’est pas fait pour des croyances personnelles. C’était le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de l’industrie en France. »

Le dérapage contrôlé de ce membre du gouvernement n’a guère ému les milieux politiques algériens. Du moins dans des déclarations publiques. Seul le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), un petit parti d’opposition, s’indigne. « Ces propos inamicaux n’ont pas été suivis d’un rappel à l’ordre alors que la visite du président est souhaitée par les autorités », s’étonne le député Rafic Hassani, qui déplore la « déliquescence des institutions algériennes ». Le thème du « noyautage du lobby juif » est pourtant récurrent. L’an dernier, lors d’une visite à Alger un responsable socialiste français avait eu droit en privé à des remarques sur la « présence des juifs » dans les instances dirigeantes de son mouvement.

Issu des rangs du Rassemblement national des démocrates (RND), un parti de l’alliance soutenant Abdelaziz Bouteflika, Cherif Abbès considère dans le même entretien que « la venue d’Enrico Macias est une provocation ». La diatribe fait écho aux déclarations du premier ministre, Abdelaziz Belkhadem, lui aussi hostile à la présence parmi les invités d’honneur de la délégation française du chanteur pied-noir. La rumeur de la venue du musicien qui puise son inspiration dans le répertoire arabo-andalou a provoqué un violent tir de barrage dans les milieux islamo-conservateurs qui l’accusent d’être un agent sioniste. L’offensive a été couronnée de succès. Dépité, Enrico Macias a révélé avant-hier qu’il ne se « rendrait pas dans un pays » où il « ne serait le bienvenu ». Le président Sarkozy « m’a conseillé de patienter », a-t-il précisé en réaffirmant qu’il « se rendrait un jour en Algérie quel qu’en soit le prix ». Chef du gouvernement et patron du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem a toujours affiché son hostilité au chanteur, dont il avait déjà combattu le projet de visite en 2000 au début du règne du président Bouteflika.

Arrivé au pouvoir avec l’idée de réconcilier l’Algérie avec son passé, le président algérien n’est jamais parvenu à permettre au fils du cheikh Raymond, le chantre du malouf, de venir en pèlerinage à Constantine, la ville de son enfance.

Très écouté par les « taxieurs », les chauffeurs de taxi souvent d’origine kabyle, Enrico Macias demeure une icône à Alger. « Il reste l’un des chanteurs “étrangers” qui ont le plus le succès dans la vente d’albums », constate le quotidien Liberté. « Ces admirateurs sont essentiellement les jeunes de la génération des années 1980. Ces textes servent à mieux comprendre les événements d’après-guerre », commente le journal.

Notre commentaire : avec un tel antisémitisme d’état (ni condamné et ni combattu dans ce pays) faut-il s’étonner de la haine antijuive de certains immigrés originaires de ce pays ?

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