le sionisme et hertzl

Herzl et le sionisme

20 Jul 2004
« A Bâle, j’ai fondé l’Etat juif… Dans cinq ans peut-être, dans cinquante ans sûrement, tout le monde en conviendra. »
 
 
 
 
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Herzl à Bâle (1898)
(Archives sionistes centrales)

Théodore (Binyamin Zeev) Herzl, le père du sionisme politique moderne, est né à Budapest en 1860. Elevé dans l’esprit des Lumières judéo-allemandes de l’époque, il apprit à apprécier la culture laïque. En 1878, sa famille s’installa à Vienne et, en 1884, Herzl obtint son doctorat en droit, décerné par l’Université de Vienne. Il entama une carrière d’écrivain, d’auteur dramatique et de journaliste, et devint le correspondant à Paris du Neue Freie Presse, le journal libéral le plus influent de Vienne.

C’est à l’université de Vienne, en 1882, qu’Herzl rencontra pour la première fois l’antisémitisme qui allait déterminer sa vie, ainsi que le sort des Juifs au XXe siècle. Par la suite, pendant son séjour à Paris en tant que journaliste, il fut directement confronté à ce problème. A l’époque, il considérait le problème juif comme une question sociale et écrivit une pièce de théâtre intitulée Le ghetto (1894) dans laquelle les solutions de l’assimilation et de la conversion étaient l’une et l’autre rejetées. Il espérait que Le ghetto conduirait à un débat et, en fin de compte, à une solution fondée sur la tolérance et le respect mutuels entre chrétiens et juifs.

   

Affiche du jubilée de 1947 de l’Organisation sioniste mondiale
(Archives sionistes centrales)

Le livre de Herzl, Der Judenstaat (L’Etat juif)
(Archives sionistes centrales)

En 1894, le capitaine Alfred Dreyfus, un officier juif de l’armée française, fut accusé à tort de trahison, suite à de fausses lettres compromettantes fomentées par un général antisémite protégé par sa hiérarchie. Observant les foules hurlant « Mort aux juifs ! », Herzl en déduisit qu’il n’existait qu’une seule solution aux agressions antisémites : l’immigration en masse des Juifs dans un pays à eux. L’Affaire Dreyfus devint ainsi l’un des éléments déterminants de la genèse du sionisme politique.Herzl arriva à la conclusion que l’antisémitisme était une donnée immuable, bien ancrée dans la société humaine et non résorbée par l’assimilation. Il réfléchit longuement à l’idée d’une souveraineté juive et, sans craindre de s’exposer au ridicule auprès des dirigeants juifs, publia, en 1896, Der Judenstaat (L’Etat juif). Il y soutenait que le problème juif n’était pas d’ordre individuel, mais national. Il déclara que les Juifs ne pourraient être acceptés dans le monde qu’en cessant d’être une anomalie nationale.

Les juifs constituent un peuple, et leur situation désespérée pourrait se transformer en une force constructrice par la création d’un Etat juif avec l’assentiment des grandes puissances. Il considérait la question juive comme une question politique internationale devant être traitée sur la scène politique internationale. Herzl proposa un programme concret de collecte de fonds auprès des Juifs du monde par un organisme qui œuvrerait en vue d’atteindre cet objectif. Lorsqu’il fut par la suite constitué, cet organisme prit le nom d’Organisation sioniste. Herzl envisageait le futur Etat sur le modèle européen de l’époque, c’est-à-dire une société moderne et éclairée. Par nature, cet Etat serait neutre, aspirant à la paix et laïc.

Les idées d’Herzl furent accueillies avec enthousiasme par les masses juives d’Europe orientale, mais les dirigeants juifs furent moins séduits. Herzl n’en réunit pas moins, à Bâle, du 29 au 31août 1897, le premier congrès sioniste, qu’il présida ; ce fut le premier rassemblement trans-national juif sur une base nationale et laïque. Les délégués adoptèrent le programme de Bâle, le programme du mouvement sioniste, et déclarèrent que « le sionisme aspire à établir en Palestine, pour le peuple juif, un foyer garanti par le droit public ». A cette occasion, fut créée l’Organisation sioniste, l’instance politique du peuple juif, et Herzl fut élu son premier président. La même année, Herzl fonda l’hebdomadaire sioniste Die Welt et entreprit des démarches pour obtenir une charte du peuplement juif dans le Pays d’Israël (Eretz Israël).

Herzl et la délégation sioniste en route pour Israël (1898)
(Office de presse du gouvernement d’Israël)

Après le premier congrès sioniste, le mouvement se réunit chaque année en forum international. En 1936, le siège du mouvement sioniste fut transféré à Jérusalem.

En 1902, Herzl écrivit le roman sioniste Altneuland (Pays ancien, pays nouveau) dans lequel il décrivait le futur Etat juif comme une utopie sociale. Il envisageait une nouvelle société qui allait s’établir dans le Pays d’Israël sur un mode coopératif, utilisant la science et la technologie pour sa mise en valeur. Il présentait des idées détaillées sur la structure politique de l’Etat, l’immigration, la collecte de fonds, les relations diplomatiques, les lois sociales et les relations entre la religion et l’Etat. Dans Altneuland, l’Etat juif était décrit comme une société pluraliste, avancée, une « lumière pour les nations. » Ce livre exerça un puissant impact sur les Juifs de l’époque et devint un symbole dela vision sioniste du Pays d’Israël.

Herzl et la délégation sioniste à Jérusalem (1900)
(Office de presse du gouvernement d’Israël)

Herzl estimait nécessaire aux objectifs nationaux du peuple juif de recevoir l’encouragement des grandes puissances. En 1898, il se rendit donc dans le Pays d’Israël et à Istanbul pour rencontrer le Kaiser Guillaume II d’Allemagne et le sultan de l’empire ottoman. Lorsque ces efforts s’avérèrent infructueux, il se tourna vers la Grande-Bretagne et eut des entretiens avec Joseph Chamberlain, le ministre britannique des Colonies, et d’autres personnalités. La seule offre concrète qu’il reçut émana des Britanniques qui proposaient de créer une région autonome juive en Afrique orientale, en Ouganda.

Le pogrom de Kichinev en 1903 et la pénible situation des Juifs russes, comme Herzl put le constater lui-même lors d’une visite en Russie, exercèrent sur lui une profonde influence. Lors du sixième congrès sioniste (1903), il proposa l’adoption du projet ougandais des Britanniques en tant que refuge temporaire à cause du danger imminent menaçant les Juifs russes. Alors qu’Herzl avait précisé que ce projet n’affectait pas les objectifs ultimes du sionisme, à savoir la création d’une entité juive dans le Pays d’Israël, la proposition suscita un tollé au congrès et faillit provoquer une scission du mouvement sioniste. Le programme ougandais fut définitivement rejeté par le mouvement sioniste au septième congrès, en 1905.

La tombe de Herzl sur le mont Herzl à Jérusalem
(Archives sionistes centrales)

Herzl mourut en 1904 d’une pneumonie et d’une faiblesse cardiaque causée par le surmenage et ses efforts incessants en faveur du sionisme. Mais, à ce moment-là, le mouvement avait trouvé sa place sur l’échiquier politique mondial. En 1949, la dépouille de Herzl fut amenée en Israël et réinhumée sur le mont qui porte son nom, à Jérusalem.

Herzl est l’auteur de la phrase célèbre « si vous le voulez, ce ne sera pas une légende » qui devint la devise du mouvement sioniste. Bien qu’à l’époque, personne n’eut pu l’imaginer, le mouvement sioniste, exactement cinquante ans après le premier congrès sioniste, conduisit à l’instauration d’un Etat d’Israël indépendant.


Le congrès sioniste : de la diaspora à Israël


Herzl au premier congrès sioniste (1897)
(Office de presse du gouvernement d’Israël)


Réunion du 27e congrès sioniste en Israël (1968)
(Archives sionistes centrales)
Le sionisme
(Le présent chapitre est emprunté au livre “Zionism”, du professeur Benyamin Neuberger, paru en 1995.)

Le sionisme est un mouvement national prônant le rapatriement des juifs dans leur patrie – le Pays d’Israël – et la réaffirmation de la souveraineté juive.

Après la conquête romaine et la destruction du Temple, en 70 de l’ère chrétienne, la nostalgie de Sion et l’immigration juive se poursuivirent tout au long de l’exil. Cette nostalgie prit une forme nouvelle au dix-neuvième siècle ; le nationalisme moderne, le libéralisme et l’émancipation confrontant les Juifs à de nouvelles questions auxquelles le mouvement sioniste tenta de répondre. Le mouvement Hibbat Zion, qui commença à prendre forme dans la seconde moitié du XIXe siècle, préconisait la renaissance de la vie juive dans le Pays d’Israël et entreprit d’y créer des localités agricoles. Par la suite, Herzl dynamisa et consolida le sionisme en un mouvement politique, réunissant le premier congrès sioniste en 1897. Herzl fut le premier à attirer l’attention du monde sur le problème juif et à faire du peuple juif un acteur sur la scène politique mondiale. Le mouvement sioniste qui se développa à son initiative créa également les instruments administratifs, politiques et économiques nécessaires à la mise en œuvre de sa vision et de son idéologie.

Le mouvement sioniste énonça ses objectifs – un foyer national pour le peuple juif dans le Pays d’Israël – dans le programme de Bâle. A part les mouvements qui rejetaient l’idée d’une renaissance nationale, le sionisme comprenait divers groupes, du sionisme religieux au sionisme socialiste. Tous œuvrèrent en vue de créer le foyer national juif, une entreprise qui aboutit à la création de l’Etat d’Israël en 1948.

La version moderne d’un motif ancien

L’origine du terme « sionisme » est le mot biblique « Sion », souvent utilisé comme synonyme de Jérusalem et de Pays d’Israël (Eretz Israël). Le sionisme est une idéologie qui exprime l’ardente aspiration des Juifs du monde entier à recouvrer leur patrie historique – Sion, le Pays d’Israël.

L’espoir du retour dans la patrie fut d’abord entretenu par les juifs exilés à Babylone, il y a 2 500 ans – un espoir qui devint par la suite une réalité. (« Sur les rives des fleuvesdeBabylone,là nous nous assîmes, et nous pleurâmes au souvenir de Sion. » Psaume CXXXVII, 1). Ainsi, le sionisme politique, qui s’est constitué au XIXe siècle, n’inventa ni le concept, ni la pratique du retour. Il s’est plutôt approprié une idée ancienne et un mouvement actif continu pour les adapter aux exigences de l’esprit du temps.

L’essentiel de l’idée sioniste apparaît dans la Déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël (14 mai 1948) qui stipule, entre autres, que :

« Le Pays d’Israël est le lieu où naquit le peuple juif. C’est là que se forgea son identité spirituelle, religieuse et politique. C’est là qu’il acquit son indépendance et créa des valeurs culturelles d’une portée à la fois nationale et universelle. C’est là qu’il fit don au monde entier de l’éternel Livre des Livres.
Contraint à l’exil, le peuple juif est resté fidèle à la terre d’Israël dans tous les pays où il s’est trouvé dispersé, ne cessant jamais de prier et d’espérer y revenir pour rétablir sa liberté nationale. »

L’idée du sionisme se fonde sur le lien entre le peuple juif et sa terre, une attache qui a commencé il y a près de 4 000 ans, lorsque Abraham s’installa en Canaan, appelé plus tard Pays d’Israël.

Au centre de la pensée sioniste, on trouve l’idée que le Pays d’Israël est le berceau historique du peuple juif, et la conviction que, pour les Juifs, vivre ailleurs c’est se trouver en exil. Moses Hess, dans son livre Rome et Jérusalem (1844), exprime cette idée :

« Deux époques ont façonné l’évolution de la civilisation juive : la première, après la libération d’Egypte, et la seconde, le retour de Babylonie. La troisième surviendra avec la délivrance du troisième exil. »

Tout au long des siècles, dans la diaspora,les Juifs ont entretenu une relation intense et unique en son genre avec leur patrie historique et ont manifesté la nostalgie de Sion dans leurs rituels et dans leur littérature.

Le rôle de l’antisémitisme dans l’évolution du sionisme

Alors que le sionisme exprime le lien historique établi entre le peuple juif et le Pays d’Israël, le sionisme moderne ne serait peut-être pas devenu un mouvement national actif au XIXe siècle sans l’antisémitisme contemporain précédé par des siècles de persécutions.

Au cours des siècles, les Juifs furent expulsés de presque tous les pays européens – d’Allemagne et de France, du Portugal et d’Espagne, d’Angleterre et du Pays de Galles – une expérience dont la répétition exerça un profond impact, notamment au XIXe siècle alors que les juifs avaient abandonné l’espoir d’un changement radical de leur vie. C’est dans ce contexte que surgirent des dirigeants juifs qui se tournèrent vers le sionisme par suite de l’antisémitisme virulent prévalant dans les sociétés environnantes. Ainsi, Moses Hess, bouleversé par l’accusation de crime rituel à Damas (1840), devint le père du sionisme socialiste ; Léon Pinsker, choqué par les pogroms (1881-1882) qui suivirent l’assassinat du tsar Alexandre II, prit la direction du mouvement Hibbat Zion ; et Théodore Herzl, journaliste à Paris, prenant conscience de la venimeuse campagne antisémite de l’Affaire Dreyfus (1896), organisa le sionisme en un mouvement politique.

Le mouvement sioniste visait à résoudre « le problème juif », le problème d’une minorité éternelle, un peuple soumis à des pogroms et à des persécutions incessantes, une communauté sans patrie dont la spécificité était mise en relief par la discrimination, partout où s’installaient les Juifs. Le sionisme aspirait à régler cette situation par le retour à la patrie historique – le Pays d’Israël.

En fait, la majeure partie des vagues d’aliya (immigration en masse dans le Pays d’Israël) à l’époque moderne furent une réaction directe aux meurtres et à la discrimination subis par les Juifs. La Première Aliya suivit les pogroms perpétrés en Russie dans les années 1880. La Deuxième Aliya fut déclenchée par le pogrom de Kichinev et une série de massacres commis en Ukraine et en Biélorussie au tournant du siècle. La Troisième Aliya se produisit après les massacres de Juifs pendant la guerre civile russe. La Quatrième Aliya débuta en Pologne dans les années 1920 après que la législation Gravski eut entravé l’activité économique des juifs. La Cinquième Aliyah se composait de Juifs allemands et autrichiens fuyant le nazisme.

David Ben Gourion proclame l’Indépendance d’Israël (14 mai 1948)
(Office de presse du gouvernement d’Israël)

Après l’indépendance de l’Etat d’Israël en 1948, les immigrations en masse demeurèrent liées à la discrimination et à l’oppression : les survivants de la Shoah en Europe, les réfugiés des pays arabes échappant aux persécutions qui suivirent la création d’Israël, les derniers Juifs polonais qui fuyaient le pays où l’antisémitisme s’enflammait à nouveau à l’époque de Gomulka et Muzcar, et les Juifs de Russie et des autres ex-républiques soviétiques qui craignaient de nouveaux spasmes antisémites lors de l’effondrement de l’Union soviétique. L’histoire des vagues d’immigration confirme vigoureusement l’argument sioniste selon lequel, un Etat juif dans le pays d’Israël, doté d’une majorité juive, est l’unique solution au « problème juif ».

L’essor du sionisme politique

Le sionisme politique, mouvement de libération nationale du peuple juif, émergea au XIXe siècle dans le contexte du nationalisme libéral qui gagnait alors l’Europe.

En se fixant pour objectif de libérer les Juifs d’une domination étrangère hostile et tyrannique et de restaurer l’unité par le rassemblement des exilés des quatre coins du monde dans la patrie juive, le sionisme synthétisait les deux objectifs du nationalisme libéral – libération et unité.

L’essor du sionisme en tant que mouvement politique fut également une réaction à l’échec de la Haskalah (la version juive des Lumières) à résoudre le « problème juif ». Selon la doctrine sioniste, la raison de cet échec réside dans le fait que l’émancipation individuelle et l’égalité sont impossibles sans émancipation nationale et sans égalité, dans la mesure où les problèmes nationaux nécessitent des solutions nationales. La solution nationale sioniste consistait en l’établissement d’un Etat juif peuplé d’une majorité juive dans la patrie historique, réalisant ainsi le droit du peuple juif à l’autodétermination. Le sionisme ne considérait pas que la « normalisation » de la condition juive fût contraire aux visées et aux valeurs universelles. Il prônait le droit de tout peuple à sa propre patrie et affirmait que seul, un peuple souverain pouvait devenir un membre à parts égales de la famille des nations.

Le sionisme: un mouvement pluraliste

Mouvement politique aspirant au retour dans la patrie juive assurant la liberté, l’indépendance et la sécurité dans un Etat pour le peuple juif, le sionisme revendique également l’affirmationde la culture juive. Un élément important de ce réveil fut la renaissance de l’hébreu qui, longtemps limité à la liturgie et à la littérature, redevint la langue vivante de la nation, utilisée au gouvernement et dans l’armée, dans l’éducation et les sciences, au marché et dans la rue.

A l’instar de tout nationalisme, le sionisme est intimement lié à d’autres idéologies, ce qui aboutit à la formation de diverses tendances, dominantes ou non. L’association du nationalisme et du libéralisme a donné naissance au sionisme libéral ; et l’influencedunationalisme européen a inspiré le mouvement nationaliste de droite. A cet égard, le sionisme ne se distingue guère des autres nationalismes qui adoptent eux aussi diverses tendances, libérales, traditionnelles, socialistes (gauche) et conservatrices (droite).

Le sionisme et le nationalisme arabe

La plupart des fondateurs du sionisme savaient que la Palestine (le Pays d’Israël) était en partie peuplée d’Arabes (bien que certains aient ingénument parlé d’« une terre sans peuple pour un peuple sans terre »). Peu d’entre eux, cependant, considéraient la présence arabe comme un réel obstacle à l’accomplissement du sionisme. A cette époque, vers la fin du XIXe siècle, le nationalisme arabe n’existait encore sous aucune forme et la population arabe de Palestine, clairsemée, était apolitique. De nombreux dirigeants sionistes estimaient que, compte tenu de l’importance relativement réduite de la population locale, les heurts avec les Juifs revenant dans leur patrie pouvaient être évités ; ils étaient également convaincus que l’évolution ultérieure du pays s’avérerait bénéfiquepourles deux peuples, gagnant ainsi l’approbation et la coopération des Arabes. Ces espoirs, cependant, furent vains.

Alors que les idéologues sionistes affichaientleurs attentes et la volonté d’atteindre leurs objectifs par des moyens pacifiques et par la coopération, le renouveau de la présence juive dans le Pays se heurta à une opposition arabe militante. Pendant un certain temps, de nombreux sionistes éprouvèrent des difficultés à comprendre et à accepter la profondeur et l’intensité du conflit, qui devint en fait un affrontement entre deux peuples considérant le pays comme leur – les Juifs en vertu de leur lien historique et spirituel, et les Arabes, du fait de leur présence multiséculaire sur cette terre.

Au cours des années 1936-1947, la lutte pour le Pays d’Israël s’intensifia. L’opposition arabe se fit plus âpre devant la croissance et le développement de la communauté juive. En même temps, le mouvement sioniste ressentit le besoin d’augmenter l’immigration et de développer l’infrastructure du pays afin de sauver le plus grand nombre possible de Juifs de l’enfer nazi en Europe.

L’inévitable affrontement entre Juifs et Arabes conduisit l’ONU à recommander, le 29 novembre 1947, la création de deux Etats à l’ouest du Jourdain – l’un juif et l’autre arabe. Les Juifs acceptèrent la résolution ; les Arabes la rejetèrent.

Le 14 mai 1948, conformément à la résolution de l’ONU de novembre 1947, l’indépendance d’Israël fut proclamée.

L’Etat d’Israël : du rêve à la réalisation

Le sionisme au XXIe siècle

Herzl prenant la parole au congrès sioniste de Bâle
(Office de presse du gouvernement d’Israël)
La Knesset (parlement d’Israël) en séance (Yoav Loeff)

La création de l’Etat d’Israël marqua l’aboutissement de l’objectif sioniste : l’obtention, pour le peuple juif dans sa patrie historique d’un foyer internationalement reconnu, garanti par le droit, où les Juifs seraient à l’abri des persécutions et à même de gérer leur propre destin et leur identité.

Depuis 1948, le sionisme s’est fixé pour mission de continuer à encourager le « rassemblement des exilés », ce qui a parfois nécessité un effort exceptionnel pour sauver des communautés en danger (physiquement et spirituellement). Il s’efforce également de préserver l’unité et la continuité du peuple juif, ainsi que d’assurer la centralité d’Israël dans la vie juive, partout dans le monde.

Tout au long des siècles, l’installation dans le Pays d’Israël a constitué un fil directeur reliant le peuple juif ensemble. Les Juifs du monde entier acceptent le sionisme comme un principe fondamental du judaïsme, soutiennent l’Etat d’Israël en tant que réalisation fondamentale du sionisme et s’enrichissent sur les plans culturel, social et spirituel du fait qu’Israël – membre de la famille des nations – constitue l’accomplissement dynamique et créateur de l’esprit juif.

 

 

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