paracha de la semaine ‘haye sarah

Paracha ‘Haye Sarah

Sommaire

1 – Les feux de l’amour.
2 – Une présence irremplaçable.
3 – Achat ou cadeau.
4 – Pourquoi Abraham fit-il l’acquisition de la grotte de Ma’hpélah ?
5 – ‘Hevron
6 – Le vrai miracle
7 – Le doute d’Eliezer
8 – L’effort du dévoilement.
9 – Le Zivoug (le couple)
10 – La succession
11 – Harmonie

1 – Les feux de l’amour…

Rabbi Akiva dit :

Un homme et une femme s’ils ont du mérite, la présence divine réside parmi eux, sinon, c’est le feu qui les dévore. Sota 17a.

Rachi explique ce que signifie que la présence divine réside parmi eux :

Une partie du nom de D-ieu comporte la lettre ioud, se trouve dans l’homme (ish), et la lettre hé qui se trouve dans la femme ishah.
Donc, si homme et femme ont du mérite, la lettre ioud rencontre la lettre hé et le nom de D-ieu réside parmi eux. Sinon le ioud de ish (homme), et le hé de Ishah (femme) s’envolent, et il reste le feu dévorant, esh (feu).

2 – Une présence irremplaçable.

« Abraham vint pour dire sur Sarah les paroles funèbres et pour la pleurer. »
Genèse 23, 2.

Si la Torah est avare en lettres et en mots pour nous enseigner parfois une loi, sur une seule lettre, ou sur un seul mot supplémentaire, pourquoi avoir dit alors : « la pleurer » (lifkota-h) au lieu de dire « pleurer » (lifkoth) ?

C’est pour nous apprendre qu’Abraham pleurait certes sur la perte de son épouse Sarah, mais aussi sur le hé de lifkota-h. Ce hé là est une partie du nom de D-ieu que sa femme représentait merveilleusement et dont le mérite amenait la présence divine, Chekhina.
Il pleurait donc sur ce hé qui lui manquait : la Chekhina elle-même.

Rabbi David HaCohen de Constantine Algérie, 19ème siècle.

3 – Achat ou cadeau.

Pour quelle raison Abraham ne discuta-t-il pas le prix de l’achat de la tombe de Ma’hpélah ?

« Sarah mourut à Kiriat Arba qui est ‘Hevron. » (Genèse, 23, 2.)

Le Zohar, (Paracha Térouma), nous enseigne qu’il ne faut pas chercher à acquerir une mitsva gratuitement sauf si on n’a pas les moyens.

Et le Kaf Ha’haïm explique de la même manière, dans le chapitre 659, 4, qu’il n’est pas bien de chercher à acquérir les choses gratuitement, car l’impureté tire sa subsistance de cela.

Enfin, au sujet des mitsvot, le Arizal qui n’était pas homme avare, rapporte que quand il voulait acheter des objets destinés à l’accomplissement d’une mitsva, comme des teffilines ou un étrog, dès que le commerçant annonçait son prix, sans discuter, il déposait directement l’argent sur la table.

Shaar hamitsvot, paracha Ekev.

4 – Pourquoi Abraham fit-il l’acquisition de la grotte de Ma’hpélah ?

Voulant nourrir ses invités, ‘il s’était lancé à la poursuite du veau en fuite.
Abraham aperçut un rayonnement lumineux provenant d’une grotte. Il y entra, et il put sentir une odeur merveilleuse, celle du Gan Eden. Il entendit alors des anges lui annoncer : « Ici, est enterré Adam et Eve ».
Il comprit alors que c’était là l’entrée du Gan Eden, et il choisit cet endroit comme lieu de repos éternel.

Zohar, 1, 127.

5 – ‘Hevron

 » ‘Hevron, où se trouve la sépulture des Patriarches, est l’une des quatre villes saintes d’Israël. Une communauté juive y vécut sans interruption pendant presque huit cents ans. En 1924, le Rav Nosson Tsvi Finkel et le Rav Moché Morde’haï Epstein amenèrent une centaine d’élèves pour y fonder une filiale de la grande yechiva lituanienne de Slobodka. D’autres yechivoth l’imitèrent, diffusant la Torah dans le nouveau yichouv. Petit à petit ces semences prenaient racine et, avec la renaissance physique du pays, l’esprit de la Torah allait aussi germer et fleurir.
Les Arabes réagissaient au fur et à mesure que continuait l’immigration juive, en 1929, ils attaquèrent ‘Hevron. Cinquante Juifs qui ne se doutaient de rien, dont vingt-quatre élèves de la yechiva, furent massacrés par leurs voisins arabes – auparavant si amicaux. La plupart d’entre eux furent cruellement et brutalement poignardés et taillés en pièces. La yechiva fut détruite et les propriétés juives furent saccagées. Les Anglais annoncèrent qu’ils étaient dans l’impossibilité de garantir la sauvegarde des Juifs de ‘Hevron, et ceux-ci furent évacués. Ce n’est qu’après la guerre des Six jours, en 1967, qu’une nouvelle communauté put être établie dans cette ancienne ville sainte où les Juifs avaient vécu plus de mille cinq cents ans. »

Histoire vraie d’Israël, Yaffa Ganz, 1981, Editions Raphaël.

6 – Le vrai miracle :

Avraham en envoyant Eliézer chargé de richesses, s’efforça de trouver une épouse pour Itsh’ak :

Eliézer s’interroge : « Peut-être la fille refusera-t-elle de venir ? » (Genèse, 24, 5)

Avraham répond : « En aucun cas, tu n’amèneras mon fils là-bas. Le D-ieu des Cieux qui m’a retiré de la maison de mon père et du pays de ma naissance… Lui, Il enverra un ange devant toi et tu prendras une femme pour mon fils, là-bas ». (Genèse, 24, 6-7)

Avraham savait pertinemment que D-ieu était prêt à faire un miracle. Mais il souhaitait que toute la démarche se fasse par des voies naturelles.

Un homme, imprégné de la Torah peut provoquer des événements qui dépassent l’ordre de la nature. Mais D-ieu lui demande de faire le maximum pour ne pas dépendre de miracles dévoilés. Tous nos actes doivent, si possible, s’intégrer au déroulement des phénomènes naturels.

7 – Le doute d’Eliezer :

« Il n’avait pas encore fini de parler que voici venir Rivka, la fille de Bethouel, fils de Milka, épouse de Nahor, frère d’Avraham, la cruche sur l’épaule ». (Genèse, 24,15)

Eliezer vit sa prière exaucée immédiatement.

Pourtant plus loin, la Torah poursuit (Genèse 24, 21) :
« Et cet homme émerveillé, la considérait en silence, désireux de savoir si l’Eternel avait béni son voyage ou non ».

Le ‘Hatam Sofer se demande comment il se fait que, quelques instants après tous ces signes manifestes de la Providence divine, Eliezer est encore capable de s’interroger si D-ieu avait bel et bien béni son voyage ou non ? (Genèse 24, 21)

Pour répondre à la question, le ‘Hatam Sofer fait usage de la valeur numérique des lettres : En hébreu la valeur numérique en milouï de « Im Lo » (« si oui ou non ») équivaut à la même que celle d’Essav (376), tandis que la valeur numérique classique équivaut à 72, la même que celle des 70 âmes descendues en Egypte, uxquelles s’ajoutent Yaakov (1) et la Chekhina (1) (présence divine). Au total, 72.

Eliezer eut donc un instant d’hésitation : « Il vit que Rivka mettrait au monde d’un côté Essav, sachant les conséquences néfastes qui procéderaient d’un tel engendrement (shoa, pogrom, croisades… ) pour le peuple d’Israël. Et de l’autre il vit que Yaakov, Père du peuple d’Israël, devait naître de cette union. » Ce doute était fondé. La suite des événements lui permit de comprendre que cette union entre Its’hak et Rivka était l’expression de La Volonté divine.

8 – L’effort du dévoilement.

Le ‘Hatam Sofer demande quel est le secret (sod) de la bénédiction (Birkat haTorah) : « Béni sois-Tu qui nous as donné la Torah, Torah de vérité, et qui a implanté en nous une vie éternelle » ? Il répond : l’homme ne doit pas attendre de recevoir une Torah du Ciel, mais c’est par l’effort personnel qu’il consacre à l’étude qu’il dévoilera la Torah implantée en lui.

La question du Rav de Brisk :

Concernant le dévouement sans limite de Rivka pour Eliezer et ses chameaux, le Rav de Brisk pose la question suivante :

« N’était-il pas normal pour une jeune fille gardant les troupeaux de son père et voyant soudain survenir un homme imposant, suivi de chameaux chargés des plus fastueuses richesses, de vouloir l’aider de son mieux, espérant ainsi être appelée à se lier à sa famille et être promue à un rang et à une condition plus élevée

Le Rav de Brisk répond magnifiquement :

« Si Rivka n’avait pas été animée des sentiments les plus purs et les plus désintéressés, elle n’aurait jamais eu la force d’aller jusqu’au bout de ses actes de bonté. »

En effet, une personne qui n’est pas motivée des meilleures intentions mais qui est plutôt mue par un intérêt quelconque (les honneurs, l’argent ou la recherche de toutes sortes de profit) dans l’accomplissement d’un acte de charité, se trouvera forcément confrontée à une difficulté, et obligatoirement freinée dans son élan, elle risque ainsi de délaisser la réalisation définitive de la mitsva.

9 – Le Zivoug (le couple) :

« Et Dieu bénit Avraham dans tout. » (Genèse, 24,1)
Rabbi Avraham Azoulaï nous enseigne :

Il n’est pas recommandé de vouloir rechercher un conjoint que pour des raisons de richesse, de beauté ou d’intérêts sociaux. Une telle union ne risque pas de réussir.

Mais parfois pour qu’une certaine rencontre ait lieu, D-ieu fait en sorte qu’une personne s’enrichisse, afin qu’elle puisse trouver grâce aux yeux de sa belle-famille.

Tel fut le cas de Rivka pour laquelle son père Bethouel consentit à la laisser partir à la vue des magnifiques cadeaux ont toute sa maison fut gratifiée.

Quelle Providence Divine !

quand l’Amour se devoile t-il ?

« Its’hak conduisit Rivka vers la tente de Sarah sa mère ; il prit Rivka pour femme et il l’aima… » (Genèse, 24, 67)

Le verset n’aurait-il pas du dire plutôt :

« Il l’aima et il la prit pour femme » ?

De cela, nous apprenons une leçon fondamentale du judaïsme : Le vrai amour vient après le mariage.

Il débute certes par le passage sous la ‘Houpa (dais nuptial), dont la puissance propre est d’imprégner sur cette nouvelle union la marque de la sainteté divine. Mais cet amour ira en grandissant au fur et à mesure où les conjoints s’investiront mutuellement dans la construction d’un foyer juif.

(Rav S.R. Hirsch)

10 – La succession.

Quand Sarah mourut il n’y avait plus le miracle des lumières allumées d’un Shabbat à l’autre, la bénédiction (brakha) dans le pain, ni la nuée au-dessus de la tente.

« Its’hak conduisit Rivka vers la tente de Sarah sa mère ; il prit Rivka pour femme et il l’aima… » (Genèse, 24, 67).

Sa consolation fut que les trois miracles étaient revenus avec l’arrivée de Rivka.
Il est bon pour une femme de parfaire l’amour qu’elle porte à son mari, en prenant sur elle les coutumes et les habitudes de la mère de son époux. Cela améliore encore la paix et la chaleur du foyer.

11 – Harmonie.

Pourquoi Eliezer est-il parti pour choisir la femme d’Its’hak ?

« La jeune fille à qui je dirai, penche ta cruche pour que je boive et qui dira bois, puis je ferai boire aussi tes chameaux… » (Genèse 24, 14.)

Pourquoi Eliezer a-t-il posé cette condition et pas une autre ?

Etant donné qu’Its’hak vécut dans une maison de ‘hessed (bonté), il lui fallait une femme qui soit en harmonie avec son mari et qui ait en elle les mêmes caractères (middoth) que son mari.

Leçon pour célibataires.

Quand on cherche une jeune fille pour se marier, la première chose qu’il faut savoir c’est si elle est vraiment prête à donner d’elle-même, à s’investir, après seulement on peut s’intéresser aux autres traits de caractères.

Mariés deux fois.

« Et Abraham prit une nouvelle épouse nommée Ketoura,  » Genèse 25, 1.

« Tu as semé dans ta jeunesse et tu sèmeras dans ta vieillesse »

De là nous apprenons qu’il n’est pas bien qu’un homme reste seul. C’est la raison pour laquelle Abraham, après avoir perdu son épouse tant aimée, se remaria.

C’est pour cela aussi que les enfants, que D-ieu nous en préserve, s’ils se trouvaient dans cette situation, surtout ne doivent pas empêcher leur père de se remarier, au contraire ils doivent se réjouir de cet acte. Car, tout comme personne ne pouvait remplacer Sarah aux yeux d’Abraham, de même la femme avec laquelle il a vécu ses plus belles années ne pourra jamais trouver la même place aux yeux d’un homme. Et, bien qu’il se soit malgré tout remarié, rien dans cet acte ne peut faire qu’un homme oublie son épouse.

Malheureusement, aujourd’hui nous voyons souvent des enfants qui empêchent les pères de se remarier ou plus simplement qui voient d’un mauvais œil, comme le signe d’une trahison envers leur mère

Quelle sagesse !

« Quant aux autres fils d’Abraham, (à part Its’hak); il leur fit des présents tandis qu’il vivait encore et il les relégua vers l’Orient. » Genèse 25, 6.

Pourquoi Abraham donna de son vivant?.

Il est bien que l’homme éloigne la querelle parmi ses enfants au sujet de l’héritage, selon ses possibilités ? C’est pour cela qu’Abraham donna à ses enfants alors qu’il était encore vivant. Ralbag.

Afin que Its’hak ne soit pas dérangé dans son service divin par ses autres frères turbulents, Abraham préféra donner de son vivant l’héritage et ayant reçu leurs parts il les éloigna d’Its’hak, quelle sagesse. Ralbag

« Il fut inhumé par ses fils Its’hak et Ishmaël dans le caveau de Ma’hpéla. » (Genèse 25, 9.)
Il est bien que les enfants s’occupent de l’enterrement de leur père . Ralbag

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