Pour les articles homonymes?, voir Marceau.

Marcel Marceau en 1977.

Marcel Marceau en 1977.

Marcel Marceau (de son vrai nom Marcel Mangel), dit le mime Marceau, né le 22 mars 1923 à Strasbourg et mort le 22 septembre 2007 à Cahors, est un acteur et mime français.

Sommaire

[masquer]

//

Biographie [modifier]

Marcel Mangel passe son enfance à Strasbourg jusqu’à l’âge de 15 ans, lorsque sa famille d’origine juive polonaise, est contrainte de quitter son domicile après l’entrée de la France dans la Seconde Guerre mondiale et l’invasion allemande. Son père, un boucher casher, sera arrêté en 1944 par la Gestapo et assassiné à Auschwitz. Marcel rejoint la Résistance française en 1942 à Limoges (c’est alors qu’il prend le patronyme de Marceau, il raconte l’avoir « pris dans la Résistance à cause du vers de Victor Hugo : « Hoche sur l’Adige, Marceau sur le Rhin. » J’étais né dans le Bas-Rhin et je voulais bouter les Allemands hors de France »[1]) puis Charles de Gaulle et les Forces françaises libres et, grâce à son excellente maîtrise de l’anglais, devient agent de liaison avec l’armée du général Patton.

Il se marie trois fois et a quatre enfants.

Après avoir fréquenté l’École des arts décoratifs de Limoges, qui lui laisse le goût du dessin et de la peinture qu’il pratique régulièrement, Marcel Marceau devient l’élève de Charles Dullin, de Jean-Louis Barrault et d’Étienne Decroux, qui établit la « grammaire » de l’art du mime qu’il appelait la « statuaire mobile ».

Son art du mime ou plutôt du « mimodrame » consiste à donner forme à ses pensées (tragiques) au travers des gestes. « La parole n’est pas nécessaire pour exprimer ce qu’on a sur le cœur ». Le 22 mars 1947, jour du 24e anniversaire de l’artiste, sort de l’ombre des coulisses un drôle de personnage, Pierrot lunaire, « hurluberlu blafard » à l’œil charbonneux et à la bouche déchirée d’un trait rouge, un drôle de haut-de-forme sur la tête, une fleur rouge tremblotante servant de panache à ce Don Quichotte dégingandé partant en croisade contre les moulins à vent de l’existence : BIP était né, aussi indissociable de Marcel Marceau que Charlot de Chaplin. Bip est un être sensible et poétique, inspiré de Deburau et de Charlie Chaplin, qui lui permet d’explorer la vie et la société moderne et de mettre en lumière leur côté tragique.

En 1947, il fonde sa propre compagnie (Compagnie Marcel Marceau) –la seule de mime existant dans le monde– et inscrit au répertoire des mimodrames et des pantomimes (« Le Manteau », d’après Gogol, « Le Joueur de flûte », « Exercices de style », « Le Matador », « Le petit cirque », « Paris qui rit, Paris qui pleure »).

Il rencontre à cette époque Alejandro Jodorowsky, artiste chilien qui utilise le mime dans son premier film Fando et Lis.

Le mime Marceau devient au fil des années un des artistes français les plus connus dans le monde, notamment grâce à ses tournées aux États-Unis où il crée une vraie révolution théâtrale dans les années 1950, avec notamment son mouvement de la « marche contre le vent », à l’origine du moonwalk de Michael Jackson.

Il poursuit son œuvre gestuelle à travers les plus grandes scènes du monde. Il crée en 1978, une école de mime à Paris, où il enseigne afin d’assurer la relève. C’était l’école internationale de mimodrame pour perpétuer la « grammaire » réinventée par Étienne Decroux et cinquante années d’expérience de mime.

Parmi ses autres intérêts personnels, il était Président d’honneur de l’Association France-Tchécoslovaquie pendant plusieurs années jusqu’à la dissolution de l’Association quand la Tchécoslovaquie s’est dissoute. Il reste bien reconnu comme bon ami de la République Tchèque et de la République Slovaque.

Marcel Marceau devient membre de l’Académie des beaux-arts (section des membres libres) le 27 février 1991.

Il a écrit plusieurs ouvrages, dont « L’Histoire de Bip », « Les sept péchés capitaux » et « Pimporello ».

Il est décédé le 22 septembre 2007 à Cahors. Il sera inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Filmographie [modifier]

  • 1968 : Barbarella de Roger Vadim : professeur Ping. C’est la première fois que l’on entendit sa voix.
  • 1976 : La Dernière Folie de Mel Brooks (Silent movie) de Mel Brooks : lui-même. C’est paradoxalement dans ce film qu’on « l’entend » à nouveau (en fait, il ne prononce qu’un mot, qui apparaît d’ailleurs dans une vignette comme tous les autres dialogues de ce film muet, à la façon des films d’avant le cinéma parlant – d’où son titre en anglais. Ce qui donne toute la saveur à la participation de Marcel Marceau, car on n’entend finalement pas sa voix, mais ce qu’il dit est sans équivoque. Mel Brooks, dans l’histoire, fait d’ailleurs exprès de mal traduire ce mot, en français dans le texte mais internationalement compréhensible…)

Décorations [modifier]

Publicités